mardi 1 août 2017

André Stern parle de « JOUER », son nouveau livre (Actes Sud, 20 septembre 2017)


Quelques extraits ici mais écoutez au complet ces 4 minutes de pur, de vrai,... d'enfant !

« C'est ainsi que nous sommes venus au monde, c'est ainsi que sont les enfants. Ils n'ont pas besoin d'entraînement, ils sont ainsi. »

« Les enfants jouent, et dans leurs jeux, ils ont la possibilité de faire des choses qu'ils ne pourraient ni faire ni vivre autrement, car elles seraient trop dangereuses "en vrai". Ils ont une si incroyable constance. La répétition leur permet d'assimiler toutes ces choses. »
« Nous nous voyons toujours comme les autres nous voyaient enfants, et nous pensons : "Je suis nul en gym", ou "Je suis nul en maths". Cet enfant blessé, nous le portons toujours en nous. Et la réconciliation avec cet enfant blessé, va changer le monde. »

lien vers la présentation du livre : andrestern.com/jouer

dimanche 30 juillet 2017

JOUER, le nouveau livre d'André Stern : Et si un nouveau regard sur l’enfant qui joue changeait le monde ?


Et si un nouveau regard sur l’enfant qui joue changeait le monde ?
« Le jeu est pour l'enfant la manière la plus directe de se connecter à la vie de tous les jours, à lui-même et au monde. Le jeu libre est pour lui une nécessité, une prédisposition, un penchant, souvent un impératif. Il est un accomplissement profond. » André Stern

La concurrence, les attentes, les systèmes d'éducation soumettent les enfants et leurs parents à une énorme pression. Dans ce contexte, le jeu est relégué au titre « d’activité pour les loisirs », les dispositions naturelles des enfants restent incomprises, et d’innombrables possibilités de développement leur sont dérobées.

Avec Jouer, André Stern livre un plaidoyer captivant pour l’avènement d’une nouvelle attitude face à l’enfant. Une attitude – et non une méthode – applicable partout et en toutes circonstances, dont l’ingrédient principal est une confiance inconditionnelle dans les dispositions natives de l'enfant. Cet ouvrage nous invite, au lieu de chercher à optimiser les performances et la compétitivité, à prendre au sérieux l’enfant qui joue. Car lorsqu’ils font l’expérience de notre confiance dans leur développement spontané, nos enfants vivent leur plein potentiel, et c’est précisément en jouant à leur rythme, sans contrainte et avec bonheur, qu’ils apprennent vraiment.

(avec des contributions originales de Ken Robinson, Sophie Rabhi, Gerald Hüther, Arno Stern, Erwin Wagenhofer et Sabine Kriechbaum, Thomas Sattelberger, Katharina Saalfrank et Teresa Mekel)

Marié, père de deux enfants, André Stern est musicien, compositeur, luthier, auteur et journaliste. Son travail dans les médias et ses activités de conférencier dans les universités, auprès des professionnels de l’éducation et du grand public, répondent à un intérêt croissant de la part de tous ceux qui, de près ou de loin, vivent et travaillent avec les enfants. Il est l’auteur de …et je ne suis jamais allé à l’école (Actes Sud, 2011, 8 000 ex. vendus - parution simultanée en Babel)
  • Broché: 192 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (20 septembre 2017)
  • Collection : Domaine du possible
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2330078005
  • ISBN-13: 978-2330078003


http://www.andrestern.com/jouer

mardi 11 juillet 2017

Rencontre avec Sir Patrick Stewart - ComicCon Montréal – 8 juillet 2017

Je suis allée au ComicCon de Montréal pour la première fois de ma vie.
J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com
mon cadeau :-)))
J'ai fait le voyage de Québec, seule, comme une grande, pour y voir Sir Patrick Stewart. Et uniquement pour cette raison. L'entendre, et le voir, en vrai. Le célèbre acteur britannique, membre de la Royal Shakespeare Company, Captain Jean-Luc Picard dans Start Trek The Next Generation (entre nous, on dit TNG), Professor X / Xavier – de la célèbre série X-Men, signait des autographes en avant-midi, avec un sourire et un mot pour chacun.e malgré la brièveté de la rencontre. J'ai estimé 500 personnes en moins de 2 heures...

D'abord une brève visite au salon des exposants, dont l'odeur m'a rappelée celle des marchés aux puces. J'ai marché en observant les gens autour, dans cette vaste foire commerciale où l'on peut acheter une 'mystery box' comme on achetait, enfant, un sac à surprise au dépanneur du coin, dénicher un ancien numéro de magazine de Capt'n America, ou encore essayer la nouvelle Switch de Nintendo. En moins de 30 minutes, j'en ai eu assez, et puis, c'était décidé, j'allais plutôt m'offrir un petit moment en tête à tête – autographe – avec le célèbre acteur qui m'a accrochée à Star Trek dès les premières minutes du 1er épisode de TNG, série que Jérôme m'a invitée à regarder avec lui, en janvier 2016.
TNG crew - J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com
TNG crew (photo : Star Trek TIME Special Edition 2016)
sitante - de lointains souvenirs d'enfance me rappelaient des monstres hideux dans des décors passables (j'ai changé d'idée depuis que j'ai revu The Original Season récemment) - je lui avais demandé un 2è choix. Aucun, a-t-il dit ! Sur Netflix, en ce moment, c'est Star Trek ou rien. Bon, ai-je répondu, je vais regarder 2 épisodes avec toi, parce que je sais que souvent, un seul ne me suffit pas pour savoir si je vais aimer. Aimer? It was love at the first sight! La présence, la voix de Stewart et j'étais hooked. Captain Jean-Luc Picard, son crew, et le sujet principal, au-delà de la science : la communication et les relations inter-personnelles. Ma vie, quoi!

Samedi matin, j'ai donc fait cette file de 2 heures pour avoir mon petit moment en 'tête à tête' avec la légende, et réussi à prononcer plus de 2 mots, en anglais, en choisissant une seule des quelques phrases que j'avais préparées lorsque j'ai réalisé que je n'aurais que 6 ou 7 secondes en sa présence. Hi! Fine, thank you, and you? Thanks for making the word a better place. Il a levé son Sharpie argenté de la photo de Jean-Luc en costume Star Fleet, s'est penché vers moi, tendant l'oreille (gauche) : Thanks for what? J'ai répété. Il m'a regardée, hésitant : I don't know... it's entertainment... Sir Patrick ne saurait-il pas à quel point il est un être humain aimant, attentionné, vrai?, me suis-je demandé tout en glissant un sachet de thé – Earl Grey (bio, équitable) - sur la table avant de laisser place au suivant. Je suis repartie avec ma précieuse photo, et ma hâte de l'entendre plus longuement cet après-midi.

Déambuler entre les cosplayers partout autour est amusant et divertissant, quoique certains font peur un peu aussi. ;-) J'ai fait une pause lunch avec mes galettes de maïs et mon sachet de noix et fruits séchés, monté les escaliers, et me suis mise tout de suite à cette nouvelle file créée par une jeune femme décidée, juste devant moi. J'étais 6è, catégorie non-VIP.

Je passe la prochaine heure assise sur la moquette de l'immense hall, à regarder Jason Isaacs sur grand écran, à jaser avec ma voisine, étudiante en navigation au sein de la Garde Côtière Canadienne, et à m'amuser avec elle de tous ces trésors trouvés dans son Star Terk Enterprise mystery bag à 125$. :-)

Au bout d'une heure, on nous demande de nous serrer un peu pour faire entrer de plus en plus de monde dans la file d'attente. On passera donc les 45 prochaines minutes debout. J'entends toutes sortes de conversations, ce sweet Leonard Nimoy au ComicCon Ottawa il y a quelques années, ou la frénésie qui pourrait nous envahir - « comme dans Hunger games » dit quelqu'un, lorsqu'on nous ouvrira la salle. 

Après les VIP, on entre enfin. Je choisis un siège, en bout de rangée, 2 rangées devant le micro. Je regrette déjà de ne pas avoir choisi celle tout de suite derrière le micro. Impossible de faire marche arrière. Les 3000 sièges se remplissent à la vitesse de la lumière.
J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com
Photos et vidéos interdites, alors ... fini les photos !
Puis, Sir Patrick apparaît, déclenchant une série de longs applaudissements. L'excitation est à son comble. Il prend le micro, remercie, raconte.

Il est en tournage depuis 5 semaines et pour une semaine encore à Montréal pour le film The Gift, par un « réalisateur franco-canadien ». Il déclare adorer Montréal, où il vient « for the 3rd time... euh, no, wait, - come on Patrick! » se lance-t-il à lui-même avec cette façon unique qu'il a de dire les choses, avec un humour qui défait les nœuds, une sincérité totale it's the 4th time! Il sourit. Beaucoup.

Il parle avec affection de ce tournage aux côtés de Katie Holmes – qu'il aurait lui-même suggéré pour le rôle - et de ce remarquable acteur qu'est Giancarlo Esposito, et du luxe de ce 'nouveau développement' créé autour du site de tournage, où il y a toujours quelqu'un pour lui demander si on peut lui apporter quelque chose, ou faire quelque chose pour lui. Il est conquis. Comme le sont ses fans Québécois. 

« Pour qui se demande, sachez que Ginger va bien », poursuit-il. Il ne parle pas de ce 'remède' qui goutte fort mais bien de la jeune pitbull qu'ils ont eu la joie de prendre en tant que famille d'accueil, sa femme et lui, et qui s'appelle Ginger. Il raconte leur coup de foudre avec cette petite de 3 ans, combien elle est adorable ... puis leur tristesse – les larmes montent, il doit s'arrêter, prendre une respiration avant de continuer – en apprenant que les pitbulls sont interdits à Londres. Il nous rassure, on lui a trouvé un autre foyer où elle est aimée et heureuse, mais il est marqué par cette bêtise qu'est le 'pitbull ban'. « J'ai entendu dire que c'était la même chose ici à Montréal. J'ai rencontré le maire, lors du Grand Prix, c'était sympathique, mais si j'avais su, à ce moment-là, à propos du 'pitbull ban', on n'aurait pas eu la même conversation. J'ai aussi parlé au maire de Londres. Il faut savoir que les chiens, les pitbulls aussi, aiment leur propriétaire et veulent lui faire plaisir. Ils vont faire ce qui lui fait plaisir. » Patrick Stewart explique que malgré le fait que les combats entre chiens, qui impliquent souvent des pitbulls, soient encore tenus de nos jours, il s'agit d'un acte illégal. Et si un chien se bat, c'est uniquement parce que c'est ce qui fait plaisir à son maître. Il est catégorique, il n'y a jamais d'agression dont le chien soit responsable, le responsable est toujours le propriétaire. Il est chaudement applaudi à chaque phrase. 

Sir Patrick partage également un mot à propos du Brexit comme étant la journée la plus triste de toute sa vie. Puis, il lance qu'il répondra maintenant aux questions. Je me précipite, mon papier en mains. Déjà 7 personnes devant moi... et autant de l'autre côté de la salle. Je souhaite tellement pouvoir lui poser ma question. En fait, j'en ai deux, mais je sais que je devrai en retenir une seule. Je répète mes questions dans ma tête, pour être bien comprise en parlant cette jolie langue de Shakespeare. Je passerai les 40 minutes de cette Q&A debout. Attentive.

Au fil des questions du public, Sir Patrick répond toujours avec des mots qu'il choisit un à un, et une telle honnêteté, une sincérité qui émeut. Et quel sens de l'humour! J'adore. Et je ne suis pas la seule.

Questionné sur comment aurait été sa carrière d'acteur avec une longue ou épaisse chevelure, il dira, en rigolant, qu'avec des cheveux, ça aurait été la carrière de quelqu'un d'autre. Qu'en fait, il est désolé de ne pas pouvoir répondre à la question. Et que si cela lui a apporté quelque chose, c'est sûrement de ne jamais, jamais, juger une personne par son apparence.

(attention, spoiler X-Men dans ce paragraphe)
Un autre fan lui avoue sa tristesse de voit son personnage mourir dans « Logan », le dernier de la série X-Men. Patrick Stuart dit que ce n'est pas si triste, que ça fait quand même 17 ans que ça dure, soit beaucoup plus que ses années Star Trek. Il raconte : « au Festival de fims de Berlin, à la fin de la présentation, Hugh Jackman a essuyé une larme. Je me suis dit que si Hugh Jackman pouvait faire ça, je le pouvais aussi. ». Il fait mine d'essuyer une larme, et ajoute, touché, touchant, que Hugh, assis à ses côtés dans la salle, lui a pris la main... et l'a gardée dans la sienne tout au long de la présentation.

À une dame qui vient livrer un message d'amour, de félicitations et de remerciement de la part d'une amie malade qui n'a pu venir, il répond : « please tell your friend that I'm flattered, thankful, and I wish her well ».

À un moment, il se renversera sur la causeuse à disposition sur la scène, déclarant qu'il a très envie d'une pause. Il rigole souvent et faire beaucoup rire la salle. Il s'excuse pour sa voix qui a peut-être des ratés cet après-midi. Il a travaillé tard hier soir et reprend demain matin pour encore une semaine, il doit y prêter très attention. Encore un de ces petites attentions qu'il a toujours pour l'autre.

Après une dizaine de questions, Sir Patrick quittera rapidement, 15 minutes avant la fin, pour un rendez-vous dans le quartier chinois. « For acupuncture and massage! » lance-t-il, visiblement soulagé d'avance de douleurs à la main et à une cheville dont il a parlé précédemment. Personne ne lui en voudra, bien au contraire. On le souhaite en santé pour encore longtemps. Tant pis pour ma question. Une petite déception m'accompagne alors que je quitte la salle au milieu de 2999 autres personnes, dans le calme amical qu'est l'ambiance de ce ComicCon.

Live long and prosper, Sir Patrick!
And thanks for making this world a better place! Yes, you are making this world a better place. I was not talking about entertainment, Star Trek, X-Men or any other role you've played in your great career, I was talking about you being you.
Love,
Edith 

--> Rencontrez Ginger, la pitbull adorée de Patrick, ici (30 sec.) : https://www.facebook.com/patrickstewart/videos/1293577074063529/

P.S. In case you come by here, one day, and would like to know my questions, here they are: 

1) As Jean-Luc Picard, you've said that "communication is a matter of patience and creativity", and this is so true. To me, Star Trek is all about communication. As you talked about pit bull bans, and Brexit, I would have ask : How do you live communication in the everyday life? And how can we make it work for those social conflicts we meet in our lives?


2) At other conferences, you've said that it is Denise Crosby, then all your co-actors on TNG, who helped you seeing that it is possible to work and have fun at the same time, that those were not 2 things to set apart, but a matter of attitude, another way of working and living. What - and how - did it change your everyday life?

lundi 3 juillet 2017

Évaluer le 'unschooling' - projet de loi au Québec

Depuis quelques décennies, au Québec comme partout ailleurs, des parents choisissent, pour l'éducation de leurs enfants, d'adopter cette nouvelle attitude de respect et de confiance qu'on appelle 'unschooling' chez nos voisins anglophones.

Devant cette nouvelle* attitude face à l'enfant, on rencontre évidemment une curiosité naturelle mêlée de fascination mais aussi, bien souvent, une certaine crainte devant l'inconnu..., cet 'inconnu' qu'est l'enfant.

*J'écris nouvelle mais on sait tous que cette attitude est en réalité bien plus ancienne. Il s'agit, bien sûr, de l'accueil attendu par l'enfant - qui vient au monde - et qui est malheureusement bien éloigné de celui qui lui est concrètement réservé dans nos sociétés. Pourtant, cette attente native inscrite dans nos programmes génétiques est toujours la même, aujourd'hui encore, après des millénaires.

À cette curiosité, chaque parent répond, s'il le souhaite ... ou se sent pressé de le faire. Au gré des questions de son entourage, grand-parents, oncles, tantes, amis, voisins, collègues, chacun.e surtout, y va de son bagage, son témoignage. Ce qui ne devient pas pour autant un questionnaire obligatoire, n'est-ce pas ? 
 
Depuis longtemps, mais plus encore depuis le dépôt du projet de loi 144, bien des parents se demandent comment ils pourront s'assurer que les apprentissages de leurs enfants soient vus, compris, par les 'autorités' chargées d'évaluation.

À ce questionnement, ma réponse est que seule une volonté sincère d'apprendre à connaître l'enfant ouvrira la porte de la communication. Et ceci, de la part de chaque personne impliquée d'une façon ou d'une autre, de près ou de loi, dans l'apprentissage / la vie d'un enfant :


mercredi 7 juin 2017

Whippets véganes : voici les top hats ! biscuits végétaliens

Pour mon anniversaire, j'ai eu envie de whippets véganes. (Allez savoir pourquoi ?!)
Jé a répondu : ok, je vais en faire ! (Et oui, il est comme ça !)
Comme on aime cuisiner tous les deux, on les a fait ensemble. 

Sur un groupe végane, on nous a demandé la recette.
La voici pour vous aussi.

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com
Les "top hats", les nouveaux whippets véganes - J'OSE la vie !
Notre fils les a baptisé "top hats" (chapeau haut-de-forme, en anglais) parce qu'on a trouvé qu'ils y ressemblaient beaucoup. Les voisines ont confirmé :-) 

On a besoin de :
  • une recette de sablés (on a pris celle de Ricardo, et remplacer l’œuf par 3 c. à table d'aquafaba);
  • un bouchon de bouteille de RISE kombucha pour découper les petits biscuits; 
  • des guimauves véganes (Dandies) coupées en 2;
  • du chocolat végane et équitable fondu au bain-marie. (Pour tremper si on en a suffisamment, si non appliquer au pinceau à pâtisserie).
 Ensuite : 
    pixabay - free picture
  • Cuire : 350 °F / 5-6 min.;
  • Sortir les biscuits du four;
  • Déposer 1/2 guimauve sur chaque petit biscuit;
  • Remettre au four 1-2 minutes à broil mais attention de les mettre sur une grille plus basse que celle pour la cuisson des biscuits, histoire de ne pas brûler les guimauves, juste les faire fondre un peu;
  • Refroidir sur une grille qq minutes;
  • Enrober de chocolat;
  • Savourer !
     
P.S. Pour un haut-de-forme plus haut, on pourrait essayer la guimauve entière. ;-)

lundi 22 mai 2017

4 jours à Londres en mode végane et petit budget

C'était il y a un an déjà mais comme on dit souvent, mieux veut tard que jamais. Voici donc le récit de notre séjour à Londres, après quelques jours à Paris racontés ici.
 ***

Après une petite balade en taxi parisien et les derniers camions de militaires sur les rues, le chauffeur nous dépose Gare du Nord et me conseille, sérieux, de garder mon sac à main devant et la main dessus. 


photo : journaljose.blogspot.com / petiteetgrandebretagnes.blogspot.com
symbole londonien
La zone Eurostar est en travaux, nous cherchons l'escalier à travers les rideaux de plastiques temporaires. Trouvé! On doit d'abord remplir un document de douanes - changement de pays - puis la sécurité. L'agent britannique demande à Jérôme s'il joue dans un band. :-)  

Une fois dans la zone sécurisé, nous cherchons un petit coin de comptoir où boire un jus et manger quelques-unes de nos barres aux fruits séchés.  Une dame de Tourisme Paris demande des volontaires pour remplir un questionnaire sur notre séjour. Nous acceptons.


photo : journaljose.blogspot.com / petiteetgrandebretagnes.blogspot.comLa salle d'attente est bondée, et ça continue d'affluer. Il fait chaud ! Après un bien léger goûter, nous laissons notre petit espace à d'autres et allons attendre un peu plus loin, près des portes. Il y a un monde fou là-dedans. Un appel de Charlotte plus tard, notre train est annoncé. Enfin !

Une demi-heure d'embarquement, et une heure trente d'Eurostar plus tard dont 20 minutes sous la Manche, nous sommes à Londres.
 
photo : journaljose.blogspot.com / petiteetgrandebretagnes.blogspot.com
Welcome to St-Pancras!

Jour 1, Londres, la folie ! 

Celle des transports entre autres. 
Celle de la livre sterling aussi.
Londres, c'est aussi l'émotion, la foule partout sur les trottoirs et au milieu des rues, la facilité de trouver à manger végétalien. Et ses rues, ses parcs, ses palaces. On sait déjà qu'on n'arrivera pas à tout voir en seulement quelques jours ...


Envie de nous suivre, en mode végane unschooling à Londres ?
C'est par ici :  
http://petiteetgrandebretagnes.blogspot.ca/2017/05/4-jours-londres-veganes-petit-budget.html

samedi 22 avril 2017

Une nouvelle épopée ! - An epic journey!

En marchant sous la pluie, on reparle de notre voyage terminé hier.
Toute une aventure ! Un mois. De soleil, de pluie, de neige, de froid, de vent, de plein-air et de camping aussi. Un mois à dormir peu et manger ce qu'on trouve. Un mois de plaisir partagé aussi. Cet endroit dont on avait beaucoup entendu parler, on allait enfin le découvrir. Un nouveau défi pour nous. Une certaine préparation, quelques difficultés, la peur aussi parfois, et toute la joie de la beauté du monde.

Il me demande mes impressions. Ce que j'ai le plus aimé ?

Cuisiner ! Je sais, c'est bizarre, mais c'est le plus amusant, non ? J'aime cueillir des légumes, des champignons, des herbes, des fruits. Mieux, les manger directement de l'arbre. Boire un jus qui me rafraîchisse ou me donne de l'énergie.

Comme partout ailleurs, les aliments ont chacun leur spécificités. Quand il fait frais, on se cuisine un petit plat qui réchauffe le cœur. À un autre moment, on choisit un truc qui nous revigore ou nous remplit d'énergie.
On peut facilement manger cru presque partout sur la route. Mais ce qui est intéressant aussi, c'est de s'arrêter un jour ou deux pour visiter la région, rencontrer les villageois, les écouter raconter leur histoire. Les aider aussi, s'ils le souhaitent. Et là, on peut faire ce que j'aime: cuisiner ! Cuisiner avec créativité, imaginer ce que donnera tel aliment avec tel autre. Puis, on partage le repas, et on loue une chambre chez l'habitant ou dans un petit inn local.

Sinon, entre les villages, et de préférence à l'abri des bêtes sauvages - ou des bandits sait-on jamais ? - on peut toujours s'arrêter un moment ou une nuit sur un site de campement en plein-air après avoir demandé la permission... ou pas. On y trouve d'habitude au moins une casserole et un espace pour faire un feu. Il peut arriver que l'on doive chercher du bois pour l'allumer mais généralement il y a ce qu'il faut. Et encore là, on se prépare de bons petits plats : champignons aux herbes, riz au curry, ou on mijote des restes. Une fois, on s'est même fait une tarte aux petits fruits de saison. :-)

Et à part ça, qu'as-tu apprécié, poursuit-il ? 

Et bien, se balader, ouvrir grand les yeux, courir pour se dégourdir les jambes ou nager un peu quand on a envie.
Et escalader, ça, y'en avait pour les pros, hein ! Moi, ça me fait un peu peur, j'avoue. Partout, des lieux splendides, tous plus beaux les uns que les autres. Les rivières, les cascades, la campagne fleurie, les hautes montagnes, le désert aussi, ou le volcan au loin. Comme toujours, je n'avais qu'une envie : faire de la photo. Heureusement, on avait notre appareil.

Oui, c'est vrai, tous ces endroits étaient magnifiques. Et puis ?

L'aventure ! Et la rencontre. J'aime apprendre l'Histoire des gens, leurs mœurs. On nous a raconté toutes sortes de choses. Des histoires de familles, des histoires d'amour, et d'autres plutôt tristes ou franchement dépaysantes. Comme cette histoire d'une tribu de femmes qui ne laisseraient pas entrer les hommes dans leurs murs... Des gens nous ont montré leurs projets ou leurs avancées technologiques. Il paraît que certaines technologies leur viendraient d'anciens peuples. 

Et comme toujours dans la vie, on développe toutes sortes de compétences au quotidien. Et des amitiés.  De temps en temps, si on prend un moment pour être à l'écoute et proposer notre aide aux habitants, ils partagent généreusement leur savoir, et leur repas. Certains s'engagent à nous apporter leur soutien aussi, si on devait en avoir besoin à un moment ou à un autre. Tu te rappelles, cet homme qui avait si mal au dos ? Le pauvre. Il attendait son petit-fils parti chercher son remède et qui n'était toujours pas rentré. On avait le temps, il faisait beau, alors on est allés à sa rencontre. Il était dans la montagne. On l'a un peu aidé à se sortir d'un mauvais pas et son grand-père, ravi de le retrouver, s'est montré reconnaissant. Charmante famille !

Avant le départ, on nous avait informés de la présence de quelques sanctuaires, ici et là, dans le pays. Parfois nichés au fond d'une vallée, d'autres fois surplombant le paysage. On en a même vu un au loin, un jour de brouillard. C'était beau ! On en a visité quelques-uns mais pas tous, on n'aurait pas eu assez d'un mois. On nous avait dit qu'on pouvait y recevoir une sorte d'« état de grâce » lors d'un cheminement intérieur, ou la réponse à un questionnement. Ça nous a semblé amusant, mais parfois, il faut le dire, un peu étrange aussi... Une fois, on est tombés sur un genre de troubadour souriant. L'air qu'il jouait m'est resté dans la tête pendant des jours !
 
Je réalisais, peut-être pour la première fois, que nos apprentissages étaient rapidement utiles, voire essentiels, et que, partout où on passait, tous ces échanges créaient une véritable complicité entre nous tous, peu importe nos origines et nos passés respectifs. J'avais l'impression de prendre part à quelque chose de plus important, de plus grand que la somme de nos existences à chacun. Quelque chose de vrai.

Après près d'un mois de rencontres et de découvertes, alors que notre périple tirait à sa fin, il y a eu ce petit moment de découragement quand on s'est retrouvés dans une situation assez difficile. Quand on se sent perdre tout ce qu'il nous reste de force ou de courage malgré tout notre bagage - vêtements pour toutes les circonstances ou presque, nourriture, outils, etc. - il ne reste parfois que l'espoir de ce soutien promis par nos nouveaux amis. Et il est venu ! Ouf ! Juste le fait de les voir se pointer le bout du nez, on s'est sentis tout de suite mieux. Après avoir avalé une bouteille de jus frais et un plat préparé exprès, nos forces - et notre confiance - sont revenus.

Au final, on a réalisé que seul, on n'est peut-être pas grand chose, mais ensemble*, on peut tout. 

Ces gens-là, ils avaient vraiment besoin d'un héros. 
Et heureusement pour eux... tu étais là.  
Merci mon fils ! 

image : J'OSE la vie ! (journaljose.blogspot.com)
BOTW - Goddess statue inside the Great Deku Tree
Hier, donc, on est retournés à notre quotidien avec un nouveau bagage. Encore plus de bons moments passé ensemble, de réflexion commune, de partage de nos idées de stratégie. Et des recettes ! :-D
 
*À 300, y'en a qui font de bien belles choses en tout cas. :-)

mardi 28 mars 2017

Le unschooling est-il une méthode? - petit lexique du unschooling



28 mars 2017 - Hier, sur une liste de discussion, la question de "ce qu'est le unschooling" a été soulevée. À toute fin utile, je copie ici le petit lexique que j'y ai partagé.
Un peu partout, et de plus en plus depuis au moins une dizaine d'années, on confond unschooling avec homeschooling ou relaxed homeschooling, sans parler de unparenting...

Ci-dessous, j'essaie d'éclairer un peu les choses.

--
Je me sens indéfectiblement interpellée par les diverses définitions (parfois erronées) que donnent des parents et parfois aussi des journalistes ou des chercheurs, à ce mot. N'y a-t-il pas un certain danger qui puisse perdurer à amalgamer le mot unschooling avec homeschooling ou en faire un cocktail avec le respect des dispositions spontanées de l'enfant? Et quid de la confusion avec unparenting ? Aux yeux du grand public, mais aussi sur les lieux de rencontre avec des parents en recherche (ou pas), cette confusion peut conduire à croire – puis à affirmer, publiquement – que cette attitude serait la même que le vécu école à la maison (version unschooling ou pas), ou encore que le vécu serait exactement le même à temps plein ou à temps partiel. Difficile ici de ne pas voir un certain parallèle avec le végétarisme, l'allaitement ou un accouchement naturel... j'y reviendrai à la fin de ce billet.

Le problème soulevé ici n'est pas celui de l'implication lorsqu'on adopte une attitude ou une autre face à l'enfant, ou que l'on choisisse de respecter ses dispositions spontanées quand on se sent de le faire, mais bien de définir les mots de façon juste, afin de les utiliser pour ce qu'ils représentent, sans apposer d'étiquettes sur les personnes, et sans plus d'affect. Comme on l'a fait avec tant d'autres mots (récemment : végétarisme, végétalisme, véganisme, …) et qu'on le fera certainement avec bien d'autres dans le futur.

Suit un post qui attendait en file depuis 3 ans : « Le unschooling est-il une méthode ? »
Enfin quelques parallèles, et une conclusion / retour à soi et au début de la vie. ;-)
 

J'OSE la vie ! - journaljose.blogspot.com


petit lexique
  • homeschooling / école à la maison, scolarisation à domicile : apprentissage à la maison avec une approche ou une pédagogie particulière ou à l'aide d'un programme scolaire (généralement choisi par un adulte) ;
  • relaxed homeschooling : apprentissage à la maison avec ou sans méthode particulière ou programme scolaire sauf pour certaines 'matières' jugées plus importantes par l'adulte (ex. : maths, langues...);
  • unschooling / apprentissage autonome (aussi appelé apprentissage libre ou informel) : apprentissage selon les enthousiasmes de l'enfant, toujours librement, avec la confiance et le respect, l'attention et la disponibilité constante d'au moins un adulte de référence;
  • radical unschooling: comme le unschooling, avec la même confiance et le même respect envers l'enfant concernant les autres aspects du quotidien (ex.: alimentation, sommeil, vie du foyer...);
  • attachment parenting / parentage de proximité : parentage biologique/naturel fondé sur l'attachement, un lien affectif fort et sécurisant entre l'enfant et ses personnes de référence primaire;
  • écologie de l'enfance: attachment parenting + unschooling radical élargi pour englober toutes les étapes de la vie. L'écologie de l'enfance est, en fait, le respect des dispositions spontanées de l'enfant;
  • deschooling / déscolarisation: période de vie, de changements de paradigmes, principalement pour les parents, et qui s'étend généralement sur quelques années avant d'en arriver au unschooling;
  • le mot unschooling se dit de la période de vie qui correspond à l'âge de la scolarisation obligatoire dans la province/pays/état où l'on vit, donc de 6 à 16 ans au Québec;
  • le mot unschooler se dirait de l'enfant qui vit le unschooling, mais pas du parent.
 
Enfin, je le répète, je le partage aux fins de recherche et nullement dans le but de créer des catégories de personne - ce qui n'existe pas. D'ailleurs, je n'ai que rarement vu/lu ces mots utilisés pour qualifier des personnes, mais bien pour nommer des expériences, des vécus, ce qui est pertinent en sciences. Les personnes, elles, restent... des personnes. :-) Comme je l'expliquais ici à propos de la différence entre le végétalisme et 'être végétalien/ne'.
Ce petit lexique sera plus ou moins utile pour chacune/chacun au quotidien, mais comme pour tout autre sujet, il l'est particulièrement pour la recherche ou la diffusion d'information.


---

 Le unschooling est-il une méthode ?
On peut penser que le unschooling est une méthode différente, une autre façon de faire l'école à la maison.
Ça ne l'est pas.

On peut penser que le unschooling est une approche éducative équivalente mais différente des autres approches.
Ça ne l'est pas.

Un peu partout, on a vu décrit plusieurs 'approches', le plus souvent classées hiérarchiquement, de la scolarisation à domicile (qu'on dit structurée...) jusqu'au unschooling (qu'on dit non-structuré...).
Ce n'est pas la réalité.

Et c'est bien dommage car cette présentation induit parfois des gens en erreur. De là, certains croient que le unschooling c'est :
  • ne rien faire et espérer/rêver que les enfants apprennent;
  • unparenting: négligence envers (l'éducation de) l'enfant;
  • le chaos (dont semble-t-il l'univers serait issu, soit dit en passant... :-)

De là, certains continuent de craindre les
unschoolers, de supposés 'extrémistes' qui ne voudraient pas éduquer leurs enfants ! De là encore, certains croient que le unschooling ne marche que si on tombe, par hasard, sur des enfants exceptionnels, ou exceptionnellement 'doués' et sérieux qui, on-ne-sait-pas-pourquoi-eux, ont toujours envie d'apprendre, mangent sainement et rangent leur jouets, même si on ne les force pas.

Mal servis en matière d'information - parfois aussi de soutien - certains ne comprennent pas pourquoi le unschooling ne 'marche' pas chez eux. Les fausses idées et préjugés comportent un risque important, celui de l'incompréhension donc du jugement erroné. Alors, essayons de clarifier un peu les choses : 

  • Le unschooling n'est pas une méthode, ce n'est pas une approche pédagogique;

  • Le unschooling est un choix:
    • fait par les parents;
    • face à l'accueil qu'ils font à leurs enfants;
    • à propos du 'comment' ils choisissent de vivre AVEC leurs enfants;
     
En matière d'apprentissage/éducation, notre famille a reconnu au fil du temps trois points de vue qui peuvent influencer les parents à faire un choix ou un autre. Parfois, et souvent temporairement, on va osciller de l'un à l'autre.


Trois points de départ :
- la société
Comme nous, avant '99, bien souvent les parents croient que l'école est obligatoire. C'est faux pour presque tous les pays. Aussi, des parents craignent que leurs enfants ne soient un fardeau (financier, d'habitude), pour eux ou pour leur communauté/société plus tard, s'ils n'ont pas été scolarisés, et diplômés. Ce qui n'est pourtant pas une garantie. Sans parler de tous les autres aspects que financier.

- les parents 
Comme moi, avant que je ne regarde mon enfant comme une vraie personne différente de moi, avec son rythme propre et ses enthousiasmes bien personnels, des parents partent de leurs besoins à eux comme point de vue lorsqu'ils accueillent un enfant. Besoins affectifs, émotionnels, sociaux, financiers, etc. Le parent qui a toujours voulu voyager, 'réussir', jouer du violon ou au hockey. Le parent qui veut bien paraître dans son réseau familial ou social, pour ne pas en être exclu.
À l'âge adulte, s'il nous reste des besoins non-comblés, ou s'il reste des traces d'émotions qui ont été réprimées, on peut agir et changer cet état de fait. N'ayant pas vécu l'attachment parenting, dans cette culture qu'est la nôtre, nos besoins n'ont pas tous été comblés. C'est un fait, une réalité avec laquelle on compose tous. Heureusement, le cerveau humain fonctionne bien. Les émotions réprimées dans l'enfance resurgissent lors de situations semblables, pour être vécues (je dirais même 'respirées'). Naturellement, lorsqu'on choisit de vivre AVEC l'enfant au quotidien, des tas de situations semblables vont se produire. Une impulsion vitale et naturelle nous pousse à vouloir combler nos besoins. Ce qui peut nous conduire à tenter de le faire de la façon apprise culturellement : en réprimant les émotions ou les besoins de nos enfants pour exprimer les nôtres, par exemple. 
Pourtant, satisfaire nos besoins en premier ne satisfait pas ceux de l'enfant. Et le petit humain étant dépendant - c'est sa nature - en prendre soin est notre engagement de parent. Le contraire, en revanche, fonctionne ! Commencer par l'enfant, respecter ses dispositions spontanées, satisfaire ses besoins, a un effet secondaire qui est de combler les nôtres, celles de notre enfant intérieur du passé. Et plus on le fait, plus on en voit l'effet rapidement. Essayez pour voir ! :-) 
- l'enfant
Ici, on part de l'enthousiasme naturel de l'enfant pour ceux et ce qui l'entoure. Souvent, cette attitude nous re-vient parce qu'on est conscient d'un mal-être, et qu'à chercher, on trouve de l'information - et du soutien - sur le sujet. Ou elle nous vient tout naturellement en vivant AVEC l'enfant. Par l'observation, et l'attention - l'attentivité - on voit, on sent, ce que l'enfant, la relation, nous indique. La communication dont il est capable, les réactions de son corps ou son comportement, par exemple, témoignent du tissu relationnel, et de là, de ses apprentissages. 
Satisfaire les besoins de l'enfant comblent aussi les nôtres. Pour peu qu'on le fasse de façon assidue, engagée, volontaire, avec tout l'amour qu'on lui porte, qu'on se porte, qu'on porte à chacune, chacun. Cela a un effet boule de neige dont témoignent de plus en plus de parents au fil des ans. Toutes nos relations en sont transformées, pour le meilleur.  
 
Édith
23 juillet 2014 
---

 
Back to the future, retour en 2017 !

Parallèles 
et pourquoi s'imposer soi-même une étiquette ?

Végétarisme, végétalisme, véganisme
À un moment, il a été souhaité de se dire végéta*ien sans vivre le végéta*isme, ou de se dire végane sans connaître le véganisme. Pourquoi vouloir s'imposer une telle étiquette? Parce qu'on se juge et se condamne soi-même? De quoi s'accuse-t-on ainsi? D'être moins-que? Dans quel but? Si on veut changer de choix, on le fait. Si on ne se sent pas de le faire ou que ce soit impossible – pour un milliard de raisons possibles – soit! C'est aussi un choix. Cela signifie-t-il pour autant que les personnes qui ne vivent pas le végétalisme ou le véganisme soient méchantes? Non. Seront-elles exclues de la société? Sûrement pas. Nous vivons tous ensemble, dans le même monde, en même temps. Et puis, ce choix est tout-à-fait légal. Alors pourquoi souhaiter s'imposer une étiquette dont on ne veut pas?
Certains soulèveront ici un dilemme moral. Peut-être, et alors à chacun/e de regarder le sien.

Allaitement 
À un moment, il a été souhaité de pouvoir dire « allaiter au biberon ». Allaiter signifiant un enfant qui boit au sein, la suggestion n'a pas été retenue. Cela signifie-t-il pour autant que les mamans qui n'allaitent pas (ou pas exclusivement) soient de mauvaises mères? Non. Seront-elles exclues de la société? Sûrement pas, leur choix, ici aussi, est légal. Encore une fois, on peut se questionner : pourquoi s'imposer une étiquette dont on ne veut pas?
Resterait-il ici aussi un certain dilemme moral ? Si c'était le cas, ce serait, là aussi, à chacun/e d'y regarder, n'est-ce pas ?

Accouchement naturel et conclusion
Il semble que de ne pas avoir baigné dans la confiance et le respect de nos dispositions spontanées tout au long de la vie puisse nous conduire à tenter de bypasser un cheminement pourtant essentiel de retour à soi. En tentant de réprimer nos questionnements personnels, ou d'apaiser quelqu'angoisses de notre enfant intérieur, on pourrait avoir envie d'utiliser à tort des mots qui ne sont pas notre vécu, notre expérience. À quoi bon?
Peut-on dire d'un accouchement qu'il est naturel lorsqu'on nous fait une péridurale, ou si on a dû vivre une césarienne d'urgence? Non. Ce ne sont pas les 'attributs' d'un accouchement naturel. Cela fait-il de nous - ou de nos enfants - de mauvaises personnes? Pas plus.

Témoignage 
Nos enfants n'ont pas vécu une naissance respectée. Ce n'était pas mon choix. Cela ne change rien aux faits. Je ne peux pas dire que j'ai vécu un accouchement naturel. Ça ne change rien à la valeur de la personne que je suis. En revanche, tout ce que j'ai appris, compris, vécu, fait peut-être de moi une personne un peu différente, ou plutôt n'est-ce pas que je re-deviens la personne que j'étais ? Si je pouvais retourner dans le temps et changer les faits, peut-être le ferais-je? Mais on ne peut vivre autre chose que le moment présent. J'y vois une certaine justice entre les tous les vivants : impossible de vivre il y a 5 secondes, ni dans 5 secondes. 
 
Ma vie est ma vie. Mon cheminement est le mien. Je ne m'étiquette pas. Cela dit, tenir simplement à une utilisation juste des mots pour définir un objet, une pratique, une expérience, ne relève d'aucun étiquette, d'aucune barrière. Et il y a une volonté, un engagement, personnel et social, à y tenir. Sans quoi - on le voit beaucoup autour des politiques, de nos jours - on finit par essayer de nous passer toute autre chose pour étancher notre soif de confiance et de respect. Et de justice. 
 

En terminant, je vous dis à toutes et tous : « tel que tu es, tu es parfait/e. »
(ajout 3 avril 2017 : dites-le à vos enfants, sincèrement. Vous verrez !)
Chaleureusement,
Édith