mercredi 28 avril 2010

La sobriété heureuse de Pierre Rabhi

Avant-hier, le 26 avril 2010, j’ai assisté à la conférence de Pierre Rabhi à l’Université Laval à Québec. Que je suis remuée, touchée par cet homme, tout petit – 52 kilos tout mouillé nous livre-t-il en souriant - et si grand. Je suis émue par ses paroles paisibles mais si puissantes. À plusieurs reprises en l’écoutant raconter un peu de son enfance, un peu de sa vie, j’ai retenu mes larmes. Aussi inspirant soit-il, Pierre Rabhi a le don de dire les choses telles qu’elles sont. Et nous savons bien qu’elles sont loin d’être roses. Ou vertes pour choisir un adjectif plus à la mode et la couleur de son plus récent livre « Vers la sobriété heureuse ».

Monsieur Rabhi débute par une de ses citations: « La Terre... Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons toute notre vie ? Pourtant, c'est elle qui nous nourrit, elle à qui nous devons la vie et devrons irrévocablement la survie. »

« Déjà, poursuit monsieur Rabhi, ma présence parmi vous au Québec est, en quelque sorte, un petit miracle. » En France, encore quelques instants avant son départ, on raconte que les vols sont annulés, retardés, à cause des cendres de ce volcan islandais, le Eyjafjöl ! Pourtant, le vol a lieu et Pierre Rabhi est avec nous pour une semaine.

Puis, il décrit la force de la vie qui peut surgir n’importe où, n’importe quand. Pour la première fois à l’âge de huit ans, il voit son désert natal devenir vert après trois jours de pluie ! Pour son père et pour bien d’autres de son village, c’était aussi la première fois.

Et il raconte comment les humains peuvent détruire la nature, la vie. Adulte, il vit en France et décide d’acheter une petite ferme dans les Ardèches pour y élever sa famille en essai d’auto-suffisance. Près de l’indigence à un certain moment, il doit se faire ouvrier agricole chez un viticulteur qui produit les meilleurs pêches, connues partout dans le pays. Et c’est là qu’il apprend, habillé de sa combinaison de 'cosmonaute' comme il le dit lui-même, à répandre ce mélange toxique sur les arbres fruitiers pour tuer les insectes. Après leur passage, comme les autres employés, il enlève son habit et sent cette odeur immonde. Il regarde et voit, sur le sol, pêle-mêle, tous ces insectes de toutes sortes, foudroyés sur place, tous ensemble. Les abeilles aussi. « La vie foudroyée », se rappelle-t-il.

Ensuite, il dépeint la vie végétale: comment les plantes se nourrissent et comment on peut les empêcher de le faire en les saturant d’engrais chimique de synthèse (NPK) rendus solubles. La plante ainsi saturée ne pourra absorber les oligo-éléments essentiels. Et, si elle ne peut se nourrir, nous ne pouvons pas être nourris en la mangeant. C’est ainsi que du travail d’un honnête homme, un scientifique, un chercheur, est né la mort. La plante toxique est le début de la fin de la chaîne alimentaire.

Dans les années 80, on lui demande de venir en aide aux paysans du Burkina Faso, entre autres. Et il nous raconte comment ils ont réussi, en observant la nature, la terre, en essayant de faire comme la nature le fait elle-même, à faire boire l’eau, profondément, à cette terre désertique afin de recréer de la terre fertile pour cultiver. Quel exemple !

Excellent violoniste (c’est Alain, son ami et présentateur qui le dit car monsieur Rabhi est bien trop humble pour ça), il laisse tomber la musique car il sent très fort l’appel de l’écriture pour aider ses semblables. D’une générosité hors du commun, il remet le revenu de ses conférences en France à des projets d’aide aux paysans africains.

En terminant, puisque souvent on lui demande: « alors, que doit-on faire en rentrant chez nous, après la conférence ? Éteindre les lumières, fermer le robinet ? », il répond: « les lumières, le robinet, c’était avant... maintenant, il est temps de se réconcilier entre humains. Car on peut très bien manger bio, vivre écolo et exploiter son prochain. Rentrez plutôt chez vous et allez voir vos amis, vos parents, vos voisins. Réconciliez-vous avec votre belle-mère. Recréez ce lien entre les humains. Remettez de l’humanisme dans les liens entre les humains. Faites tout ce qui est possible pour la vie et Dieu s’occupera de l’impossible ! »

Edith

lundi 26 avril 2010

Pourquoi il n'y a plus de galerie chez le voisin ?

Chouchoune est une chatte très intelligente et aussi très sociable par moments.

Son territoire habituel s'étend du terrain du second voisin d'un coté au terrain du second voisin de l'autre, et des terrains devant et derrière ceux-ci.

Au courant de la semaine dernière, le voisin direct du côté Sud-Est a entamé des rénovations sur sa demeure. Et voilà que les travailleurs ont démoli la galerie arrière, le bâtiment préféré de Chouchoune après notre maison ! Plus de plancher
aller visiter le voisin et lui demander d'ouvrir la porte de la maison. Plus de dessous de galerie aller se cacher.
Il ne reste qu'une surface de terre nue.

Bien heureusement, ils reconstruiront une galerie cette semaine, et les choses reprendront à peu près leur place. Mais d'ici là, Chouchoune est bien embêtée et questionne les voisins:
« Pourquoi il n'y a plus de galerie? »

Ne t'en fais pas Chouchoune, tout ira bien.

O

dimanche 11 avril 2010

Trois grandes et importantes nouvelles !

1) Solutions locales pour un désastre global

En France, la sortie le 7 avril dernier du plus récent film de Coline Serreau, une cinéaste engagée pour un monde plus juste et plus humain. Si vous avez vu La Belle Verte ou St-Jacques...la-Mecque, vous savez que c'est d'un film choc qu'il s'agit. D'un succès énorme également. On parle de standing ovation à chaque avant-première dans chaque région de la France.

Reste à savoir QUAND on pourra le voir au Québec... et si on pourrait importer des semences du génie et de l'humanisme de cette femme ;-)... et si je peux raisonnablement nourrir l'espoir de tourner, un jour, un film avec cette grande dame !

Pour en savoir plus sur le film, la réalisatrice, le livre, les intervenants ou pour visionner tout-de-suite la bande-annonce, quelques extraits (juteux !) et une entrevue avec cette femme extraordinaire, cliquez ici.



2) Pierre Rabhi à Québec

Le mouvement Colibris prend son envol. Changeons de logique, changeons de mode de vie, devenons des colibris !

L'initiateur de ce mouvement, Pierre Rabhi, sera à Québec lundi prochain, le 26 avril 2010 pour offrir deux conférences:

12h30 : « Agroécologie, au delà des techniques, la dimension humaine »
Salle Hydro-Québec, Pavillon Desjardins de l'Université Laval (gratuit)

19h30 : « Pour une alternative globale: la sobriété heureuse »
Auditorium du Musée de la Civilisation, 85 rue Dalhousie, Québec (8$ - Amis du Musée 3$ - réservation 418-643-2158)
Plus de détails ici.



3) Le nouvel engagement de Georges Laraque

À Montréal maintenant, le nouvel engagement de Georges Laraque ! Génial, mon resto préféré ! Merci Georges ! À quand un Crudessence à Québec maintenant ?

***

Une démangeaison comme une grande envie d'agir vous habite avec le retour du soleil et de la chaleur du printemps? Il reste encore quelques jours pour s'inscrire et participer au Défi Climat. Je me suis inscrite et j'ai appris que j'évitais l’émission de 8663 kg de CO2 par année par mon mode de vie actuel. Je crois que je peux faire mieux. Allons-y maintenant !

Un façon simple de commencer: inscrivez-vous au Lundi sans viande.
En vous engageant, vous recevrez l'infolettre chaque semaine avec des nouvelles de la campagne et des recettes !

E

dimanche 4 avril 2010

Les femmes, avenir de la Terre

En ce dimanche de Pâques, 4 avril 2010

Je suis seule un moment ce matin, mon mari et mon fils sont allés reconduire notre aîné chez des copains avec qui il part pour la journée à un potluck végétalien à la cabane à sucre de Marjolaine Jolicoeur, dans le bas du fleuve.

Je fais ma toilette et m’habille de couleur pastel que je n’ai pas portées depuis l’été dernier je crois. Je suis inspirée par la chaleur des deux derniers jours et par le soleil qui resplendit encore ce matin.

Je descends faire une lessive et, en passant devant l’armoire à musique, je décide d’écouter un disque. Ce que je ne fais que rarement car j’aime beaucoup profiter du silence lorsque je suis seule, probablement parce que ça n’arrive que très rarement.

Je regarde tous nos cds et n’arrive pas à faire un choix quand, tout à coup, je retrouve le coffret de John Lennon que j’ai reçu – car je me le suis offert – pour Noël et que je n’ai jamais même sorti de son emballage plastique commercial. J’insère les 3 cds dans le carrousel et je prends distraitement deux hakis – que ma mère a fabriqué il y a plus de vingt ans – pour me pratiquer un peu à jongler. Après cinq ou six essais plutôt infructueux, je les dépose et je monte en écoutant John chanter IMAGINE !

Les gars sont revenus. Je prépare un green smoothie et je décide d’aller profiter du soleil sur la terrasse. Lorsque je rentre, je vois mes livres de bibliothèques et décide de lire un peu. J’ai emprunté quatre livres, un que j’ai déjà choisi de mettre de côté, un que je lis depuis quelques semaines et dans lequel je trouve des informations vraiment intéressantes mais ce matin je n’ai pas le goût de continuer cette lecture. Me voici donc devant les deux derniers titres disponibles, ne sachant lequel choisir, je les apporte tous les deux et je retourne au soleil.

Sans trop réfléchir, j’ouvre le livre de Jean Shinoda Bolen. Tout-de-suite, dès la préface de Maud Séjournant, je suis touchée, je sais/sens que je devais lire ce livre. L’introduction me fait vibrer à un point tel que je dois rentrer et écrire ce texte. Je sens depuis longtemps, peut-être depuis que j’animais des déjeuners-mamans au début des années 2000, et plus encore depuis trois ou quatre ans, que je dois créer un tel cercle. Un cercle de femmes. En 2006, j’avais rêvé d’une grande rencontre de femmes, d’amies, une fin de semaine dans un grand chalet où nous aurions vécu ensemble un moment important. Je ne savais pas trop comment organiser cet événement, mon rêve était un peu confus et peut-être étais-je trop occupée pour m’y mettre activement. Et pourtant...

Fin décembre 2009, je prenais résolument la résolution d’apprendre à vivre le moment présent. Le 29 décembre, une blessure au pied me forçait à vivre ma résolution. ;-) Depuis, ce rêve d’organiser et de vivre une grande rencontre de femmes est revenu, plus fort encore, comme tous les rêves importants qu’on n’a pas réalisés. Un nuit où je ne dormais pas, j’écrivais, en pensée, le nom de chaque femme que j’ai rencontrée et qui a été importante/inspirante dans ma vie. J’essayais d’en trouver le même nombre que le nombre d’années que j’ai vécu jusqu’à maintenant tout en évitant d’en trouver plus... pas facile !

Et vlan, ce matin, je lis l’introduction de ce livre. Un instant j’arrête de lire pour prêter l’oreille à la musique et j’entends une chanson que je ne connais pas: Power to the people, Power to the people rignt now ! Wow ! La coïncidence est si forte. La chanson suivante, Give peace a chance et la fin de l’introduction de Madame Bolen me précipitent à l’ordinateur pour écrire... avant de décider de ne pas le faire comme ça m’arrive si souvent.

En m’asseyant devant l’écran, je me demande à qui je vais écrire et ce que je vais écrire et c’est parti, comme chaque fois que j’ai écrit la nuit ou le matin, si inspirée qu’on dirait de l’écriture automatique. Et un nom m’apparaît. Sur le moment, je le trouve plutôt laid... j’hésite même à l’écrire mais le voici, tout timide mais quand même en majuscule : CAL. Et l’image du cal osseux se formant pour réparer l’os brisé apparaît aussi qui me fait accepter un peu mieux ce drôle d’acronyme : C.A.L. Cercle d’Apprentissage Libre. Cercle de femmes, d’abord mais aussi d’hommes et d’enfants [...]car il s’agit de faire une place à la force bienveillante des hommes et à leur désir de participation à une nouvelle société, basée sur la compassion et l’entraide. Ils n’en sont pas exclus et les femmes ont besoin de leur soutien.[...]

Je crois que la suite me sera inspirée après que j'aurai reçu - ou non - des réponses de certaines amies que j’ai invitées par courriel à participer à ce cercle.

Entretemps, si vous le désirez, la lecture de ce livre vous animera certainement d'un état d'esprit permettant de communiquer et de choisir une action commune avec les femmes de votre entourage. Si l’idée vous inspire, pourquoi ne pas créer votre cercle ? Pour ce faire, rien n’est obligatoire sinon le désir très grand ou impossible à conserver pour plus tard de rassembler les femmes. Pour la vie !

Bon dimanche de Pâques !

E

Quelques extraits :

Page 17 :
La première fois que j’ai entendu ces mots, “Rassemblez les femmes”, ils ont touché en moi une corde sensible très profonde. Je fais partie de celles auxquelles ce message était destiné – tout comme vous, peut-être. C’est un message urgent de notre Mère à ses filles, que n’entendront pas les femmes qui ont fait alliance avec le patriarcat, celles dont l’identité et les valeurs se sont construites en fonction de leurs relations avec les hommes et avec les institutions masculines. Les femmes qui y sont sensibles ont le sens de la solidarité féminine et réagissent avec une empathie tout maternelle à la douleur et aux souffrances, en particulier quand elles touchent ceux qui sont vulnérables et sans défense.
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«Lorsque l'avenir est déterminé par des hommes, cela veut dire que les décisions et les actions qui affectent la planète, sa population et toute vie sur Terre sont prises et entreprises par celui des deux sexes qui méconnaît ou ne prend pas en compte les sentiments, le vécu et les souffrances des autres.
Tant que les femmes ne participent pas à ce qui se joue dans le monde, des informations et des préoccupations essentielles feront défaut. Les femmes aspirent à un monde où les enfants sont en sécurité, un monde où elles ne vivent pas elles-mêmes dans la peur. Ce monde-là n'existera qu'à condition que les femmes - le genre féminin - prennent une part active aux décisions qui concernent l'avenir de la Terre et de tout ce qui y vit, et qu'elles deviennent des partenaires de plein droit dans ces affaires.
[...]Il est temps de "rassembler les femmes", car c'est seulement quand elles sont fortes ensemble qu'elles peuvent défendre farouchement ce qu'elles aiment.
A ce moment-là seulement, les enfants seront en sécurité et la paix sera vraiment possible.»
http://www.decitre.fr/livres/Les-femmes-avenir-de-la-Terre.aspx/9782883535961