dimanche 12 juin 2011

Marge de manoeuvre et liberté






Marge de manoeuvre et de liberté, par Sandra DoddTraduction: Les Éditions JOSETexte original en anglais: Leeway and freedom

Quand leur vie entière est vraie et qu'elle est ceci: l'apprentissage naturel, faire des choix sur les choses dans leur vie réelle, et avoir la marge de manœuvre et la liberté de dire «Je n'aime pas vraiment ça. Je voudrais faire quelque chose de différent », et que les adultes autour d'eux disent « Ok essayons de voir comment nous pouvons faire cela », le résultat est une (sorte de) personne complètement différente. Je ne savais pas à quel point l'école faisait de dommages jusqu'à ce que j'aie vu des enfants qui n'y étaient pas allés.Sandra Dodd

mercredi 8 juin 2011

Nintendo, Wii U, Environnement, et 25e de Zelda!

Hier matin, Nintendo a annoncé sa nouvelle console lors de leur conférence de presse à l'Electronic Entertainment Exposition (E3) à Los Angeles. La nouvelle console, la « Wii U », sortira en 2012 et deviendra le successeur de la Wii.

Comme l'a si bien expliqué Reggie Fils-Aime, Président de Nintendo fo America* :
[le nom « Wii »] a commencé à avoir parfaitement du sens lorsque vous avez commencé à l'entendre comme étant "We" (« Nous » en anglais).

Puis lorsqu'il a parlé de la nouvelle console à venir :
C'est un système que nous allons tous ensemble adorer, mais c'est aussi un système qui a été fait spécialement pour vous (« You »).

Wii U = We + You (Nous + Vous)

Je me suis par la suite rendu sur leur site Internet afin de leur écrire que malgré que ce nouveau système semble bien intéressant, ils devraient commencer à demander aux clients ce qu'ils ont envie de voir et d'avoir pour réellement pouvoir affirmer qu'ils créent des consoles faites juste pour eux.

Car il est presque sûr que les clients ne demanderont pas une toute nouvelle console à plus de 300 dollars tous les 5 ans. Ils demanderont plutôt des modifications et améliorations à la console actuelle, du moins moi c'est ce que je ferais.

J'en ai profité pour regarder le volet Environnement de la déclaration de responsabilité de Nintendo of America*, et ai été un peu surpris de ma lecture. Je traduis à nouveau :

Que fais Nintendo of America pour aider à protéger l'environnement?
Nintendo of America se sent vraiment concerné à faire à sa part pour aider à préserver l'environnement.
Nous sommes toujours en train de chercher de nouvelles manières de rendre nos produits, opérations et bureaux les plus respectueux de l'environnement que possible. Ci-dessous vous trouverez quelques unes des activités dont Nintendo of America prend charge.

Récupération des Produits et Programmes de Recyclage:
o Pour plus d'information sur la Récupération des Produits et les autres options de recyclage de Nintendo of America, cliquez ici.

Réparation de Produits et Retours:
o Les produits Nintendo peuvent être envoyés pour réparation en contactant notre département du Service à la Clientèle au 1-800-255-3700 entre 6:00 a.m. et 7:00 p.m. (Heure du Pacifique), sept jours sur sept.
o Nous avons un taux de recyclage de près de 100% sur les produits retournés et les pièces de rechange. Nous offrons aussi un programme de récupération pour les consommateurs possédant des produits plus âgés, des piles rechargeables, etc.

Bureaux et Centres de Distribution:
o Les nouveaux quartiers généraux de Nintendo of America à Redmond, Washington, se sont vus décerner le LEED Gold Status par le U.S. Green Building Council [Conseil des Bâtiments Verts des É-U], les plaçant parmi les bâtiments les mieux cotés de la nation pour la durabilité et la convivialité environnementale. La certification LEED indique qu'une compagnie a pris des mesures pour mettre en œuvre le design de bâtiments verts, leur construction, et des solutions pour les opérations et la maintenance.
o Nous faisons activement la promotion de programmes de compostage partout où c'est possible.
o Notre département d'approvisionnement vérifie tous les matériaux achetés pour s'assurer, partout où c'est possible, que nous recevons les produits les plus respectueux de l'environnement, incluant les fournitures de bureau telles que des trombones, pochettes, blocs- notes et les produits pour les toilettes, tous recyclés.
o Nous faisons activement la promotion du recyclage des cannes d'aluminium, bouteilles de plastique, papier, verre, carton et piles.
o Nous utilisons du papier recyclé dans nos imprimantes et photocopieurs et nous limitons notre utilisation de papier coloré puisqu'il ne se recycle pas facilement.
o Nous utilisons du papier recyclé pour les emballages de toutes nos expéditions.

Dans les emballages de nos produits:
o Nos manuels d'instructions et livrets sont imprimés avec de l'encre à base végétale.
o Le carton d'emballage recyclable a remplacé les contenants de PVC/PET pour tous les accessoires Nintendo Wii.
o Nous avons été en mesure de réduire la quantité de plastique utilisé pour la fabrication des jeux de Wii de plus de 25%.

Logistique et Transport:
o 100% de nos transporteurs de marchandise ont été certifiés par le programme SmartWay de EPA. Ce programme aide à identifier les produits et services qui réduisent les émissions reliées aux transports. http://www.epa.gov/smartway/


Additional information on Nintendo of America's recycling efforts: Nintendo supports the goals of certifications such as R2 and e-Steward's, and we believe that a successful national recycling certification must be supported by government, business and affiliated associations. Nintendo partners with a R2 certified national recycler with a commitment to environmental stewardship that meets our Corporate Social Responsibility goals and values, and we require the following from our recycling partner:
  • Be certified in Quality, Health and Safety, and Environmental management systems (e.g. ISO 9001, 14001 and 18001), and R2 Responsible Recycling guidelines published by the EPA (http://www.epa.gov/osw/conserve/materials/ecycling/r2practices.htm.)
  • Specifically disallow the export of defective electronics for processing to non-OECD countries.
  • Operate a transparent and closed-loop recycling process.
  • Wholly support a zero electronics-to-landfill policy and utilize domestic processors for preparation of materials into smelters and refiners.
Any products we receive through our Take Back Program that cannot be reused will be recycled responsibly. In FY 2010 we recycled or reused over 814 tons of materials received from consumers and retailers through our repair and return programs.

Déjà mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre.

Sujet à part, c'est aussi le 25ème anniversaire de la série La Légende de Zelda! (cliquez sur la vidéo pour la voir en plus grand, ou essayez le bouton plein écran en bas à droite!)
Vers la fin de la vidéo vous pouvez entendre et voir un aperçu du nouveau jeu pour Wii « The Legend of Zelda : Skyward Sword » qui sort cette année!

De vrais Japonais!
De gauche à droite : le traducteur de Myamoto-san, Takashi Tezuka, Shigeru Myamoto, créateur de Mario, Zelda, Donkey Kong et Wii Sports, Yoshiaki Koizumi, Eiji Aonuma, producteur de la série "The Legend of Zelda" lors de leurs remerciement aux fans d'avoir joué depuis si longtemps à la série Zelda.

O

* Nintendo of America (NOA) est la « succursale » qui s'occupe de tout ce qui entoure la distribution des produits Nintendo en occident.

mardi 7 juin 2011

NE RIEN FAIRE POUR BIEN FAIRE

Hier, alors qu'on prenait une pause sur la terrasse, au soleil, je parcourais le plus récent magazine Jobboom quand je suis tombée sur ce bref article. Nous avons décidé de le partager car ça rejoint pas mal ce qu'on dit quand on parle de déscolarisation (celle des parents) et de unschooling

Les parents désirent respecter leurs enfants et les laisser libres d'être qui ils sont mais ils craignent que leurs enfants ne fassent rien, parfois ou plus souvent, s'ils ne les forcent pas. (Au fond, ils craignent surtout qu'ils ne fassent pas ce qu'eux voudraient qu'ils fassent, mais ça c'est une autre histoire dont nous reparlerons.)

Il n'y a pas à s'en faire pour les enfants, ils savent très bien prendre le temps de faire les choses, de découvrir, d'observer, de jouer, de comprendre, de relaxer, bref de faire leur vie... quand on ne s'en mêle pas avec nos peurs.

Aux adultes, donc, nous souhaitons d'oser, le plus souvent possible "ne rien faire pour bien faire" (titre de l'article de la version papier, numéro de mai 2011, page 6) !  

Édith
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Procrastination

Six bonnes raisons de procrastiner

La rumeur populaire (qui émane souvent des patrons!) veut qu’il soit mauvais pour les affaires et pour la carrière de remettre à plus tard ce que l’on pourrait faire maintenant. Encore faut-il regarder tous les côtés de la médaille. La procrastination présente des avantages si on l’exerce dans les règles de l’art :
> Reconnaissez son utilité. Ce temps passé à «niaiser» permet de laisser les idées macérer de façon qu’elles deviennent plus mûres et inspirées. Il donne aussi l’occasion de voir venir les embûches auxquelles vous ferez face en accomplissant (un jour) vos tâches et de concocter un plan pour les contourner.
> Sachez écouter. Votre procrastination peut vous révéler de grands secrets sur vous-même et sur votre travail. Ce que vous évitez de faire est-il à ce point ennuyeux? Votre boulot fait-il appel à vos véritables champs d’intérêt et talents? Cette tâche vous semble-t-elle inutile sans que vous sachiez comment l’expliquer à votre patron, collègue ou client? Pensez-y.
> Sachez ralentir. Cessez d’admirer les gens toujours débordés : il se peut qu’ils n’accomplissent rien qui vaille. Au moins, quand vous procrastinez, vous faites quelque chose : vous vous accordez du temps précieux pour penser hors de la boîte, approfondir vos idées et prendre du recul pour voir plus grand.
> Soyez créatif. Dessiner des bonshommes allumettes peut vous divertir pendant des heures. Regarder les nuages qui passent à votre fenêtre et chercher à éliminer tous les mauvais souvenirs et virus de votre ordinateur aussi. Si votre travail est plutôt cérébral, faites une activité manuelle, comme planter un clou ou empoter une plante. Pourvu que l’activité laisse votre esprit libre de vagabonder.
> Appréciez le moment présent. Une riche procrastination exige que vous viviez pleinement le moment présent. Il est défendu de dilapider ce moment volé en vous demandant où vous serez dans 15 ans, mort ou vivant. Tant qu’à s’inquiéter ou à se sentir coupable de ne pas travailler, aussi bien travailler!
> Faites preuve de discernement. Une saine procrastination ne doit pas freiner vos progrès professionnels. Au contraire. C’est une aide précieuse pour découvrir ce qui vous motive et pour vous faire avancer. Si ce n’est pas le cas, alors vous ne procrastinez pas, vous vous autosabotez… ce qui n’est jamais une bonne idée.
(Source : Wikihow.com)
Nous n'avons pas retrouvé cette BD en français alors voici la traduction (par J):
Calvin: Salut, Hobbes!  Qu'est-ce que tu fais ?
Hobbes: Rien.
Calvin: Rien du tout?
Hobbes: Non.
Calvin: Je t'aide.
Hobbes: Merci.

dimanche 5 juin 2011

Green smoothie from Kenya, Africa

Notre blog de ce jour est la traduction de la plus récente lettre reçue de Victoria Boutenko, de Raw family. Nous avons été surpris d'apprendre qu'elle est en Afrique avec sa fille, Valya, pour aider les gens à garder et améliorer leur santé grâce aux "green smoothies" qu'elle a fait connaître dans de nombreux pays par son livre "Green for Life", site web et de nombreuses conférences. Attablés à notre terrasse par une douce soirée du début juin, avec notre voisine (et fille adoptive à temps partiel!) Mélissa, nous nous sommes bien amusés à traduire cette lettre pour vous.


Chers amis,

Je vous envoie cette lettre d'information en provenance du Kenya en Afrique.

Valya et moi assistons à une importante révolution de la santé ici. Des milliers d'adultes et d'enfants africains apprennent à cultiver des verdures de façon biologique et à en manger tous les jours. Plusieurs églises servent des smoothies verts le dimanche parce que la plupart des gens n'ont pas l'électricité à la maison.

Tout a commencé il y a plusieurs années, quand un couple canadien, Dale et Linda Bolton, a appris que 30 millions d'orphelins souffrent de la faim en Afrique. Dale et Linda se sont rendus compte qu'il était impossible de nourrir tous ces enfants. C'est pourquoi ils ont co-fondé une organisation à but non lucratif appelée, «Organics 4 orphelins." (www.organics4orphans.org) 

Il y a cinq ans, ils ont commencé à enseigner à des Africains à cultiver des légumes biologiques. Ils ont formé plusieurs experts en jardinage biodynamique biologique qui continuent à en former d'autres en permanence. En quatre ans, ils ont créé plus de 120 grands jardins dont l'un est illustré ci-dessous.

Chacun de ces jardins a reçu des semences biologiques, les outils et la formation de Organic4Orphans. Au besoin, cette organisation contribuait en creusant un puits et en réparant les maisons. Chaque jardin est pris en charge par 6 à 12 femmes.

Chacun de ces groupes de femmes prend soin de plusieurs orphelins, jusqu'à 100, âgés de 2 à 10 ans. Ensemble, ils cultivent des légumes à prédominance verte.

L'an dernier, Dale m'a contacté pour me demander de l'aide. « Comment pouvons-nous inspirer les producteurs à manger leurs propres légumes verts? » a-t-il demandé. Leur organisation avait enseigné aux Africains à cultiver de délicieuses verdures, mais ils avaient du mal à leur apprendre à les consommer. Valya et moi avons décidé de prendre un vol pour l'Afrique. J'ai écrit une lettre au président de la Vitamix Corporation et lui ai parlé de ce projet. En réponse, Vitamix a généreusement fait don de six mélangeurs pour ce projet. Il y a trois semaines, Valya et moi sommes arrivés au Kenya et avons commencé à enseigner. Chaque jour, nous avons visité de nombreuses fermes, des écoles et des églises.

Nous avons rencontré plusieurs personnes en Afrique qui ont guéri de nombreuses maladies en ajoutant simplement un bon nombre de verdures fraîches à leurs repas. Nous avons demandé à ces gens de venir partager leur histoire devant un grand auditoire. Les six mélangeurs nous ont été très utiles. Chaque fois, nous avons apporté suffisamment de smoothies pour en faire goûter à des centaines de personnes.

Nous avons également nettoyé et offert quelques verdures aux gens qui étaient présents. Je n'ai jamais vu personne grignoter des verdures avec autant d'enthousiasme. Lorsque Valya et moi enseignons, nos auditeurs sont très attentifs et posent beaucoup de questions. Plusieurs étudiants de la Zambie, du Zimbabwe, du Congo et d'autres pays sont venus étudier avec nous.

Nous sommes grandement inspirées par ce que nous voyons au Kenya. Nous espérons que cette grande guérison africaine par la consommation de verdure apportera la santé à de nombreux autres pays, y compris en Amérique du Nord.

Valya fait l'enregistrement vidéo de nos activités. Dès notre retour, elle publiera plusieurs courtes vidéos que vous pourrez visionner sur youtube. Les verdures mettent fin à la pauvreté et à la faim en Afrique, et l'Afrique est source d'inspiration pour le reste du monde afin de conserver la santé naturellement.

Victoria Boutenko, Kenya, Afrique
traduction: Les Éditions JOSE

Et pour terminer sur une note humoristique,
Pour cette traduction, nous (J et E) avons utilisé Google translate pour ensuite réviser et corriger le texte nous-mêmes, car même si ce site web est très utile, il reste toujours des erreurs (peut-être une autre preuve que l'humain surpasse encore la machine? ;-). Chaque fois que nous utilisons Google translate, nous rions beaucoup et cette fois, nous partageons avec vous le bout le plus hilarant :

Je n'ai jamais vu les verts grignotant n'importe qui avec un enthousiasme positif tels. 

Ha ha ha ha ha ha ha !!!!!!!

samedi 4 juin 2011

L'école dans ma tête - par Sandra Dodd

The school in my head
Traduction: J'OSE la vie !
photo : courtoisie Sandra Dodd
« Personne n'est parfait », dit-on ; j'ai été mise au défi de révéler mes propres doutes et échecs. Ça ne me dérange pas.

J'ai encore une école dans ma tête. À preuve, mon refus total d'aller à Disney World. C'est un « non » catégorique pour moi, et la seule chose qui aiderait à ce que je change d'avis serait de déscolariser plus encore. Cela peut arriver, mais je préfère me contenter du plus confortable Disneyland.

Voici la vraie – et embarrassante - raison pour laquelle j'apprécie Disneyland et crains Disney World : je peux marquer un meilleur score à Disneyland. Je peux en voir plus de 80%, peut-être 90% si j'y reste trois jours. J'ai entendu bien des gens dire qu'il faudrait rester une semaine à Disney World pour tout voir. Donc, je ne veux pas y aller, parce que si j'en voyais moins de 70%, je n'aurais pas la note de passage.

Je vois le monde en termes de notes et de pourcentage. J'ai, en quelque sorte, une « grille de classement » qui recouvre mes yeux et qui n'a pas encore été entièrement retirée. C'est triste mais vrai.
Pour certaines personnes, hélas, c'est encore pire. Certains ne peuvent quitter l'école parce qu'ils la transportent partout avec eux, comme un escargot avec sa coquille. Ils y vivent encore. L'école est devenue une partie d'eux-mêmes, la partie la plus dure. Ils continuent à se définir par leurs échecs et leurs réussites scolaires.

Comment une personne qui est allée à l'école pendant douze ans ou treize ou seize ou vingt ans peut-elle s'affranchir de toute cette programmation et de tous ces messages ? Lentement, et avec effort, et parfois l'école peut encore revenir les inonder ou suinter sur les bords. Pourront-ils, un jour, retrouver leur moi « non-scolarisé » ?

L'année dernière, j'ai oublié que l'école était finie, et j'ai offert d'aider une amie pour un de ses cours d'histoire. Comme on était en juillet, elle a répondu: « Cool! Dès que l'école recommence. » Elle avait besoin d'emprunter cette cotte de mailles, mais pas en été. Ça m'a semblé être un progrès que j'aie oublié l'« année scolaire » pendant un certain temps.

À chaque mois de septembre, « la rentrée scolaire » entre en jeu. J'ai envie de l'odeur des nouveaux crayons. J'aime aller dans l'allée des fournitures scolaires au magasin et admirer les paquets de papier et les nouveaux cartables. Mes enfants ont toujours les cartables qu'ils ont eus pendant des années et ils n'ont pas besoin d'en avoir de nouveaux. Je n'en ai pas besoin non plus et pourtant, je suis attirée là comme un oiseau migrateur qui doit passer sur un terrain familier au même moment chaque année.

J'aime l'aspect de la lettre « A » beaucoup plus que j'aime voir un « D » ou un « F ». Mon nom de jeune fille commence par un « A », et mon nom de femme mariée commence par « D ». « D » n'est pas aussi bon. Ces lettres sont imprimées dans mon cerveau avec leurs « valeurs » scolaires.

Mais bon, les petites cicatrices comme ça ne sont que des irritants ou des curiosités. Je regrette les cicatrices et les imperfections et les petits chagrins mais, s'ils me ralentissent, ils ne me paralysent pas. Je peux voir à travers eux et au-delà.

L'école est une partie de moi, et je fais partie des souvenirs scolaires de nombreuses personnes, que ce soit ceux d'une camarade de classe ou d'une enseignante. Mais l'école n'est pas une partie de mes enfants, ni eux une part de l'école.

Parfois les gens me disent: « Vous êtes patiente avec vos propres enfants, mais insistante avec les parents unschoolers ». Je ne fais pas de porte à porte pour demander aux gens s'ils connaissent le unschooling et s'ils aimeraient en savoir plus. Cependant, s'ils viennent là où je suis déjà, je pourrais les presser. Et quand je le fais, c'est à cause de la possibilité qu'ils soient à court de temps.

Mes enfants ont toute leur vie pour mémoriser 7x8 s'ils le veulent.

La mère d'un enfant de douze ans a TRÈS peu de temps si elle veut aider son enfant à se remettre de l'école et passer quelques années « unschooling » avec lui avant qu'il ait grandi et qu'il ne parte. Elle n'a pas le temps de s'y mettre à l'aise progressivement. Si elle décroche, il aura déjà quinze ou seize ans et ça n'aura pas marché.

Si la mère d'un enfant de cinq ans est en train de décider combien d'enseignement de la lecture et d'exercices de mathématiques poursuivre avant de passer au unschooling, je préfèrerais la presser pour qu'elle penche vers « aucun », car « certains » est dommageable au potentiel de l'enfant d'apprendre avec joie et de découvrir par lui-même. Et « beaucoup » ne fera que nuire plus encore. « Aucun » peut encore se changer en « quelques » si le parent ne peut pas vivre le unschooling. Mais s'il ne le cherche même pas, il manquera à jamais l'occasion de voir cet enfant apprendre à lire graduellement et naturellement. Il sera trop tard, ce sera envolé à jamais.
 Jamais.

C'est pourquoi je ne dis pas: « Oh, je suis sûre que ce que vous faites est bien, et si vous voulez '' unschooler '', vous pouvez y venir peu à peu, à votre propre rythme. Rien ne presse. »
Les gens disent en plaisantant (et pourtant, c'est vrai) de leurs enfants qui apprennent la lecture plus tard, « je suis sûr qu'il saura lire avant son premier rendez-vous amoureux ». Par contre, on ne peut pas en dire autant du unschooling si le parent est attaché à la pensée qu'il doit enseigner quelque chose.

Jusqu'à ce que la personne cesse de faire les choses qui empêchent le unschooling de fonctionner, le unschooling ne peut pas fonctionner.

Ça me paraît simple. Si vous essayez d'écouter un son, vous devez vous arrêter de parler et rester là, présent, disponible.

Certaines personnes veulent voir le unschooling se produire pendant qu'ils sont encore à enseigner, à faire des tas de choses inutiles, à attribuer des tâches et à exiger des résultats.

D'abord, ils doivent mettre fin à tout ça. Et puis, ils doivent être présents, être là pour vrai. Et puis, ils doivent regarder leurs enfants avec des yeux nouveaux, un nouveau regard. S'ils ne le font pas, ça ne marchera pas.

Je vois encore le mot « matières » partout, mais je n'ai pas enseigné ces catégories et préjugés à mes enfants. La science a beaucoup plus à voir avec l'histoire que la géologie n'a à voir avec la microbiologie, mais à l'école, la géologie, la biologie, l'astronomie et la physique sont tous « la même chose », et l'histoire est tout à fait à part. Pourtant, les plus importantes parties de l'histoire impliquent les connaissances de chaque culture et comment chacune les mettait à profit, que ce soit dans la construction navale ou l'utilisation d'outils en fer, la médecine ou les communications.

Holly demandait hier quand les gens ont découvert que la terre n'était pas plate. Je lui ai dit qu'il n'y avait pas de date ou de siècle précis parce que les gens ont découvert des choses différentes à des moments différents, et qu'on est allé jusqu'à en faire taire certains quand ils ont dit que la terre était ronde, ou que le soleil n'orbitait pas autour de la terre. Je lui ai également dit : « Demande à ton père car il est vraiment intéressé par l'histoire de la science ».

J'ai remarqué que quand je l'ai dit, j'ai nommé une « matière », mais je ne me sentais pas trop mal. Elle a douze ans, elle lit, et après tout, « l'histoire de la science » n'a jamais fait partie de ma scolarité. Un professeur de sciences n'était pas certifié pour m'enseigner l'histoire, et vice versa. C'est seulement à l'extérieur de l'école que j'ai compris que les découvertes scientifiques faisaient partie de l'histoire, que la musique était une science, et que l'art était aussi de l'histoire.

L'école a servi à empêcher les connexions pour moi, ce que je n'ai surmonté qu'avec difficulté. C'est un problème que mes enfants n'ont jamais eu. Si les Animaniacs ont réussi à connecter, pour eux, Magellan et la Seconde Guerre mondiale, et bien c'est une connexion que l'école n'aurait jamais faite pour moi, dans aucune circonstance. Si l'apprentissage pour le plaisir crée plus de connexions que « l'apprentissage sérieux » ne peut le faire, je ne peux plus prendre au sérieux « l'apprentissage sérieux ».

La meilleure fonction de l'école dans ma tête s'avère être de me rappeler où je ne dois pas m'attarder. J'ai fait mon temps dans et autour de l'école, et j'ai appris des choses laborieusement et à contrecœur que mes enfants ont appris plus tard en riant et en jouant et en chantant. J'ai protégé la liberté de mes enfants et je leur ai donné des choix heureux que je n'ai pas eus.

J'ai appris à l'école que la meilleure façon de mettre fin à une rédaction est de rattacher la conclusion à l'introduction, mais ces oiseaux ne peuvent pas faire leur nid là où j'ai commencé. Ils sont d'une génération qui y a échappée, et ont pris leur envol et effectué librement leur première sortie sans une école où retourner en septembre. Mais attendez : si je perds 10% pour la faiblesse de la conclusion de ma rédaction, je peux la rattacher à l'introduction et ainsi, peut-être encore obtenir un « A ».
C'est assez pathétique, mais ça me fait me sentir mieux.
~Sandra Dodd

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Sandra Dodd vit à Albuquerque (Nouveau-Mexique) et a trois enfants, aujourd'hui adultes, qui ne sont jamais allés à l'école. Ex-enseignante, ancienne bonne élève, membre de la « Junior Honor Society » et agente d'un jour de la patrouille de sécurité, Sandra ne sera probablement jamais récupérée de l'école durant cette vie.

Ce texte a d'abord été publié dans la rubrique « Unschooling » de l'édition mars/avril 2004 du Home Education Magazine.