samedi 31 décembre 2011

Kokiri forest in my room - Ma chambre en forêt Kokiri

À la fin de l'été 2010, J a eu l'idée de recréer, dans sa chambre, le village des Kokiris (du jeu Ocarina Of Time de la série Zelda). Petit à petit, chacun selon ses disponibilités et talents, nous avons tous les quatre relevé le défi et créé cette pièce pour lui, qui est maintenant son atelier d'art, son espace de création.

De la recherche des images du village (n'ayant pas trouvé cette fabuleuse image sur le web, on a pris des photos de l'écran de télé), jusqu'aux détails à l'acrylique des petits éléments du décor (roches, plantes, eau, etc.), en passant par le développement des photos, le collage, la réparation des murs et du plafond par S, l'achat de l'apprêt et des couleurs (peinture recyclée), les mesures des murs, le dessin à l'échelle, l'application de l'apprêt et des couleurs (et O qui s'est fracturé la clavicule en pratiquant le back-flip de Link!), les conversations joyeuses ou profondes entre J et E tout en travaillant ensemble, la musique que O écoutait dans la pièce à côté qui nous transportait, les pauses lorsqu'on en avait assez, le nettoyage et le réaménagement de la pièce, tout a été captivant, et souvent magique aussi !

Nous n'avons pas compté les heures - ça n'aurait pas apporté plus de valeur au projet, au vécu - mais le tout s'est échelonné de l'automne 2010 au printemps 2011. Avec les dernières photos prises au début décembre, et la fin du montage il y a trois jours, voici le résultat que nous avons envie de partager. Enjoy !



Sur ce, nous vous souhaitons une nouvelle année remplie de joie et d'amour !

Paix !
Santé !
Sérénité !

JOSE
xoxoxoxo

jeudi 29 décembre 2011

Timeline officielle de La Légende de Zelda

Les fans sont fous depuis que Nintendo l'a révélée dans un bouquin publié uniquement en japonais pour le moment, et disponible à prix d'or par certains revendeurs en ligne. Traduite en anglais par glitterberri, gros merci !


Pour feuilleter un peu le livre, une vidéo en français:

mercredi 28 décembre 2011

De Noël et de décembre,

biscuits de Noël



un bidule à travailler dans l'atelier
les lampions de Noël, cadeau de la famille Torre,
lorsqu'ils habitaient la Finlande

craquelins et pâte de fruits

gâteau froid au parfum d'orange
délicieux et très très sucré !
"Venus of North c.2000 - 2050 A.D."
dédiée au nouveau blog féministe de Emi et Idzie

Snow Mom !
pour Ann SinnottLes Éditions du Hêtre,
Allaitement Québec, la LLL
et toutes les mères du monde,
sans lesquelles il n'y aurait pas de monde.
Nos créations de neige d'hier soir,
très tard, juste avant la pluie de minuit !
Reconnaissez-vous le chevalier, dont on voit le bouclier au dos ?

le plein de vitamine C

pour envoyer définitivement promener ce microbe !

samedi 24 décembre 2011

Avec des céréales on peut...détruire la planète

Comme nous le savons, le cacao, le sucre et le café que l'on retrouve dans les supermarchés sont produits par des gens sous-payés ou non payés, ainsi que des enfants auxquels on fait subir des supplices physiques lorsqu'ils essaient de se sauver des plantations. Ça ne donne rien de le nier, de nombreux produits que nous consommons sont empreints d'esclavage.

Mais en plus, nous sommes à une ère où cuisiner à partir de produits raffinés est moins dispendieux que de consommer de simples aliments déjà tout faits par les soins de la nature. Dire que les fruits coûtent plus cher que les céréales et le sucre. Pourquoi? La réponse est simple : d'énormes forêts sont coupées à blanc chaque année pour les remplacer par des champs de culture de produits transformables; blé, sucre, maïs, soya, foin, tous cultivés avec des poisons chimiques et récoltés par des gens mal payés et mal traités. Il est aussi à noter qu'une grande partie des ces récoles servent à nourrir des animaux qui finissent dans notre pays, dans des assiettes.

La mauvaise nouvelle c'est que la destruction des environnements naturels pour faire de l'agriculture cause :
  • la désertification des sols
  • la disparition d'espèces animales et végétales
  • la mort de millions d'arbres qui pourraient éliminer une partie de notre pollution
  • la mauvaise santé partout dans le monde par la consommation de produits animaux et produits transformés
  • le vol des terres sur lesquelles vivaient les gens de la place avant qu'elles soient convoitées pour leur intérêt économique
Pour ne nommer que ces problèmes.

La bonne nouvelle? Si notre porte-feuille ne sert plus à contribuer à tout ceci, tout peut revenir dans l'ordre.

Les forêts sont faites d'arbres, et les arbres portent fruits. Aucune raison de tout détruire seulement par tradition alors.

O

mercredi 21 décembre 2011

Pourquoi j'ai unschoolé mes trois enfants

Pourquoi j'ai unschoolé mes trois enfants, une entrevue de momlogic avec Sandra Dodd

Traduction: Les Éditions JOS
Révision: Béatrice Mantovani
Entrevue originale en anglais (avril 2010): Why I unschooled my three children


Lorsque nous avons entendu parler de unschooling cette semaine sur "GMA", nous n'étions pas sûr de ce que c'était. Nous voulions trouver une maman qui avait « unschoolé » ses enfants et senti que c'était la bonne décision pour sa famille. Cela nous a conduit à Sandra Dodd, qui a unschoolé ses trois enfants - aujourd'hui âgés de 18, 21 et 23 ans. Ils n'ont jamais eu un jour d'«école normale» - et Dodd n'a aucun regret.
Photo : Gracieuseté de Sandra Dodd
Sandra Dodd: Ce n'était pas une "décision" faite d'un seul coup. Nous avons fait l'inscription pour l'école maison en maternelle pour le premier.* Cela a été si facile et amusant que nous sommes allés de l'avant pour une autre année. Chaque enfant avait le choix de rester à la maison ou d'aller à l'école, et au moment où le troisième a choisi la maison, j'avais cinq ans d'expérience de bon unschooling et ça a été un choix facile, car notre vie à la maison était paisible, occupée et intéressante.momlogic: Pourquoi avez-vous pris la décision de unschooler vos trois enfants?

*j'avais rempli et envoyé un formulaire à l'État. Quand nos enfants étaient petits, il y avait un formulaire papier à envoyer, une déclaration d'intention de faire l'école maison (homeschool). Ce n'est plus nécessaire aujourd'hui au Nouveau-Mexique.

Je connaissais quatre familles qui faisaient l'école maison quelques années avant que je considère l'école maison. Deux faisaient l'école à la maison et les deux autres faisaient du unschooling. Les familles unschooling avait d'excellentes relations avec leurs enfants et les enfants étaient plus ouverts, honnêtes et communicatifs. Je voulais ça.

ml: Pouvez-vous expliquer ce que "unschooling" signifie pour vous?

SD: Le unschooling c'est l'organisation pour que l'apprentissage naturel prenne place. Cela implique d'avoir un environnement riche et et de respecter les idées et les intérêts des enfants.

ml: Quelle est la différence entre unschooling et école maison ?

SD: Le unschooling est l'école maison, mais ce n'est pas l'école à la maison. Toutes les familles qui font l'école maison ne recréent pas les horaires, leçons et tests de l'école. Certaines familles ont des compte-rendus de lectures et d'autres choses qui sont faites pour la gestion de grand groupes. C'est comme si elles avaient apporté la chaîne de montage à la maison pour un seul enfant, ou quelques enfants.

Certaines personnes font l'école maison parce qu'elles pensent que les écoles enseignent trop et ne contrôlent pas les enfants suffisamment bien. Certaines personnes font l'école maison parce qu'elles pensent que les écoles enseignent trop peu et contrôlent trop. Je ne crains pas que mes enfants apprennent des choses que les écoles ont peur d'enseigner, ou qu'ils aient des choix dans leur vie. Pratiquer sur de petites choses leur a donné les connaissances et l'expérience quand ils ont été assez vieux pour pratiquer sur de grandes choses. Certaines familles font l'école maison pour limiter l'accès et la liberté de leurs enfants. Pour nous, c'est le contraire.

ML: Vous avez dit que votre seul regret à propos du unschooling a été d'avoir donné à votre fils deux leçons et demie de lecture alors qu'il était âgé de 7 ans -- Pouvez-vous élaborer sur ce point?

SD: J'étais préoccupée par l'avis de mes beaux-parents. Mon fils n'était pas prêt à lire. Je l'ai soudoyé et pressé, et à mi-chemin de cette troisième leçon je l'ai regardé et j'ai réalisé que j'avais besoin de prendre plus soin de la façon dont il se sentait que de ce que ma belle-mère pensait, et que le partenariat et la relation avec mon enfant devrait primer. Je savais qu'il allait apprendre à lire, et il l'a fait. Sa percée comme « lecteur » a été avec un guide pour joueurs de Nintendo, pas du tout un truc pour « lecteur débutant ». D'abord il a appris à lire des cartes et des graphiques. Puis les mots sont venus. Écouter quelqu'un lui faire la lecture et être entouré par des textes ne faisait pas de mal, mais c'était son intérêt et son désir et ses capacités mentales tous réunis qui ont fait que c'est arrivé sans effort.

Mes deux autres ont appris à lire différemment, mais par eux-mêmes, aussi. Nous avons répondu à toutes leurs questions et aidé avec les mots et expliqué pourquoi l'orthographe anglaise est bizarre parfois, mais c'était des conversations et non des leçons. Chaque personne, à l'école ou non, comprend comment lire chacun à sa manière.
Photo : Gracieuseté de Sandra Dodd

ML: Comment les « unschoolers » apprennent-ils à lire et à écrire?

SD: Les enfants veulent faire ce que les parents font. Les parents qui écrivent pour le plaisir, font des listes devant leurs enfants, lisent et écrivent des lettres (ou au moins des courriels) et le fait de partager ça avec leurs enfants fait en sorte que ça semble important et utile. Les parents qui n'écrivent pas du tout peuvent avoir du mal à avoir des enfants qui veulent le faire, mais nous n'avions aucun problème chez nous. Leur premier écrit a souvent été des listes de choses qu'ils possédaient ou voulaient, ou les règles de jeux, ou de la poésie. Parfois, je transcrivais et ils réécrivaient, mais ce n'était pas une "assignation", c'était un jeu, qu'on faisait parce qu'ils pensaient que ce serait amusant. Et c'était amusant, parce que quand ça cessait d'être amusant, ils allaient faire autre chose.

ml: Vous avez été enseignante – est-ce que ce facteur a influencé votre décision d'unschoolé vos enfants?

SD: Les cours en éducation que j'ai pris étaient au début des années 1970, à l'apogée du mouvement de réforme scolaire, dans une université où «La classe ouverte» était valorisée et promue. J'ai enseigné dans ces jours où les enseignants avaient le champs libre, dans une école où la plupart des autres enseignants me connaissaient depuis toujours. C'était bien. Mais la réforme scolaire n'a pas marché, et les choses ont glissé pour revenir à des moyens moins créateurs. Je suis sûre que l'expérience a rendu plus facile pour moi d'avoir confiance qu'un environnement riche et des adultes attentifs pourraient être suffisants.

ml: Vos enfants sont maintenant âgés de 18, 21 et 23 ans. Pouvez-vous nous dire un peu comment ils vont maintenant – s'ils sont au collège, ou employés, s'ils ont leur GED (l'équivalent du diplôme de sec. 5), s'ils sont heureux?

SD: Ils sont tous heureux et en bonne santé et impliqués dans différentes choses. Pas de GED nécessaire. Le plus vieux vit à Austin et travaille pour Blizzard Entertainment. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, c'est une entreprise solide et croissante internationalement. Ils lui ont payé son déménagement, il a de bons avantages sociaux et des congés payés. Pour ceux qui ne savent ce que Blizzard est - oui, c'est un travail cool. Il travaille pour eux depuis qu'il a 20 ans.

L'enfant du milieu a eu trois emplois, qui ont duré plus d'un an. C'est assez bon pour quelqu'un qui a 21 ans. Il est batteur (musicien). Il vient d'acheter une Jeep. Récemment, il est au chômage, mais c'est en partie notre faute. Il m'a aidé avec quelques conférences unschooling, et a aidé son père après une chirurgie de l'épaule dernièrement. Il a fait quelques concerts et contrats de garde qui payaient bien. Il est indécis au sujet d'emplois ou de collège, mais il s'est inscrit au collège local pour l'été. Des amis continuent de l'inviter pour des voyages à l'extérieur de la ville et ça ne nous dérange pas du tout qu'il profite de ces occasions.

La plus jeune est au Québec pour quelques mois, elle vit avec une famille unschooling trilingue et les aide avec leurs jeunes filles. Ils vont aller à un congrès près de Montréal en juin. Je vais leur rendre visite auparavant, sur le chemin d'un autre congrès auquel je donne une conférence dans le New Jersey. L'hiver dernier, elle a passé six semaines au Royaume-Uni avec une famille unschooling, et avant ça elle était dans l'Oregon avec une famille qu'elle connaît depuis plusieurs années. Elle visite d'autres parties du monde et en apprend davantage sur les dynamiques familiales, ce qui l'a toujours intéressée. Les familles d'accueil apprennent à connaître quelqu'un qui a grandi sans école, ce qui les aide à avoir confiance que le unschooling peut marcher.

ml: Avez-vous des regrets à propos du unschooling avec vos enfants?

SD: Non. Je le referais sans hésiter.

ml: Que signifie « radical unschooling»?

SD: Le unschooling est l'apprentissage à partir du monde tout autour. Le radical unschooling c'est voir que l'apprentissage est beaucoup plus qu'académique, et que l'apprentissage se passe à toutes les heures du jour et de la nuit, et pas seulement «pendant les heures d'école». Ce n'est pas radical d'une manière révolutionnaire. C'est radical en ce sens que c'est basé sur la racine de l'idée de l'apprentissage naturel.

ML: Comment réagissez-vous aux gens qui disent que le unschooling est irresponsable?

SD: Personne qui connaît personnellement notre famille n'a jamais dit ça. Quand des étrangers qui ne savent pas de quoi ils parlent disent cela, je leur offre un lien vers mon blog ou site web.

ml: Quel est votre conseil pour ceux qui envisagent le unschooling?

SD: Il n'y a pas de réponse rapide et brève à cela. J'aide les autres à comprendre le unschooling tout le temps, chaque jour, et ce depuis quinze ans ou plus. C'est simple mais ce n'est pas facile, parce que les parents ont besoin de récupérer et de surmonter les peurs profondes et les préjugés qui proviennent d'années de scolarisation. Un enfant va récupérer de l'école rapidement, mais ça prend plus de temps pour les parents. Beaucoup l'ont fait, cependant, et ont trouvé que leur vie était plus joyeuse et légère. Je leur conseille d'être le partenaire de leur enfant, et non son adversaire (conseil qui m'a été donné par une monitrice de Ligue La Leche en 1986). Je leur dis de regarder directement leur enfant sans superposition ou filtre ou étiquette -- pour voir qui il est, maintenant, et de répondre à cela. Je dis que s'ils sont inquiets de ne pas en faire assez pour rendre la vie intéressante et scintillante, ils devraient en faire plus. Plusieurs unschoolers ont contribué par des écrits et des idées et des images auxquels nous pouvons référer les récents unschoolers. L'information et l'inspiration sont disponibles.

Certaines personnes disent: «Mais j'ai un emploi à l'extérieur.» Apprendre n'a pas besoin d'arriver «pendant les heures d'école.» Même si un parent travaille 40 heures, il y a encore beaucoup d'heures d'apprentissage qui restent dans une semaine! Où l'enfant reste pendant que le parent est au travail n'a pas besoin d'être «l'école». Ce pourrait être chez n'importe quel aidant naturel. Une fois qu'un parent entre dans le swing du unschooling, elle va voir que l'apprentissage se fait tout le temps.

ml: Pensez-vous que l'école publique peut briser l'amour de l'apprentissage chez certains enfants?

SD: Tout le monde sait cela.

ml: Est-ce que vos enfants avaient des règles comme les heures de coucher, pas de bonbons avant le dîner ... ce genre de chose?

SD: Nous n'avions pas ces règles, mais nos enfants sont allés au lit chaque nuit et ne mangeaient pas de bonbons avant le dîner. Ça semble fou pour les gens qui croient que les seules options sont les règles ou le chaos, mais nos enfants dormaient quand ils avaient sommeil, et mangeaient quand ils avaient faim (ou quand quelque chose sentait vraiment bon, ou que d'autres mangeaient), et j'ai été agréablement surprise d'apprendre qu'ils étaient capables de savoir ce dont leur corps avait besoin. J'ai grandi avec l'horloge, à 6h30, manger vite, arrêt de bus, école, attendre l'heure du lunch, manger, attendre jusqu'au souper, aller au lit. Je n'avais aucune idée que le sommeil et la nourriture pouvaient être séparés d'un horaire comme ça, mais ils peuvent l'être.

Gracieuseté de Sandra Dodd
ml: Est-ce que vos enfants ont des amis en grandissant?

SD: Nous participions aux activités de la Ligue La Leche, et nous habitons toujours dans la même ville, donc il ont encore des amis qu'ils ont connus quand ils étaient bébés. Ils ont eu des amis du karaté, du hockey, de la danse, des groupes de jeux d'école maison, de la boutique de jeux vidéos, et rencontré des amis de ces amis. Ils se sont fait des amis à jouer à Pokémon quand c'était populaire au début. Notre maison était un lieu de rencontre, aussi, avec des tables supplémentaires, jeux de société, jeux vidéo et de la place pour dormir. Kirby a participé à un club animé pendant plusieurs années, et il est allé à des conventions à Denver, et a été envoyé pour animer la salle animé lors d'événements locaux.
Ils se sont aussi fait des amis unschoolers de plus en plus au fil des ans, de tous les coins du pays – des gens qu'ils ont rencontrés lors de conférences unschooling. Ils ont visité d'autres États, et nous avons reçu des visiteurs.

ml: Quelles sont certaines des façons non conventionnelles avec lesquelles vos enfants ont appris en dehors de la classe?

SD: Les jeux vidéo et jeux de cartes à collectionner. Au début je pensais «rien de non conventionnel», mais je suis sûr que plusieurs personnes penseraient que oui. Nous avons beaucoup chanter dans la voiture, parfois des choses pour enfants destinées à être éducatives, et parfois des choses qui étaient juste amusantes. Tous mes enfants ont bien aimé la musique des années 60 quand ils étaient jeunes et sont de bons chanteurs, il y a donc eu beaucoup d'interaction et de recherche liées à la musique. Quand ils étaient lecteurs débutants, ils avaient des paroles des chansons qu'ils aimaient. Nous avons toujours discuté et cherché des choses. Nous avons des livres intéressants et des affiches et des fiches d'humour et d'étude plastifiées dans la salle de bain.

J'ai toujours mis des choses sur les tables, les comptoirs, dans les salles de bains, juste parce qu'elles étaient amusantes et intéressantes. Les enfants allaient les trouver, les ramasser ou non, jouer avec ou en parler. Quand quelque chose cessait d'être intéressant, je le mettais de côté et j'amenais quelque chose d'autre. J'ai appelé ça «parsemer», et de nombreuses familles ont emprunté ce concept avec d'excellents résultats.

Nous n'avons jamais «forcé» nos enfants à trouver un emploi, mais ils avaient un emploi dès l'âge de 14 ou 15 ans, et ont beaucoup appris du travail et de collègues (une autre source d'amis). Ils ont appris en faisant du bénévolat pour aider les gens à faire des choses, et ils se sont vu offrir des emplois parce qu'ils étaient disposés à aider gratuitement, aussi.

ml: Est -ce que le unschooling est légal?

SD: L'école maison (homeschooling) est légal, et le unschooling est une façon de faire l'école maison. Chaque famille a besoin de comprendre assez bien l'apprentissage naturel pour le faire fonctionner de manière telle qu'ils peuvent être sûrs que leurs enfants apprennent. Les règlements sont très différents d'un État à l'autre, mais il y a dans chaque état des unschoolers qui peuvent conseiller les autres sur la façon de remplir les exigences locales. Malgré des gens qui disent le contraire, le unschooling n'est pas «ne rien faire.» Il y a beaucoup à faire, beaucoup d'implication (NdT: de la part des parents) !

ml: Est-ce que les unschoolers peuvent devenir des adultes épanouis?

SD: Bien sûr! Au moment où ils sont adultes, ils ont déjà été dans le monde depuis des années. Ils ne sont pas gardés à la maison jusqu'à 18 ans puis relâchés dans la nature. Chacun de mes enfants, de façon indépendante, s'est vu offrir un emploi au milieu de l'adolescence, par des adultes qui les connaissaient et ont vu leur fiabilité et leur intelligence. Ils ont prouvé qu'ils étaient honnêtes, sérieux et désireux de travailler et d'apprendre. Ils ont toujours donné un préavis de deux semaines s'ils démissionnaient, tandis que les enfants autour d'eux quittaient simplement leur emploi sans même dire qu'ils étaient partis.

Un de leurs amis unschoolers près d'ici a obtenu un emploi à un centre d'appels de téléphone cellulaire quand il avait 16 ans. Au moment où il avait 18 ans, il était superviseur. Une des nouvelles employées (une diplômée du high school) s'est plaint quand elle a constaté qu'il n'avait même pas un GED, et qu'il l'avait devancé. L'école lui avait fait de fausses promesses quant à la valeur d'un diplôme d'études secondaires. Il y avait travaillé pendant plus d'un an, connaissait vraiment le travail, et était fiable. Ces choses sont plus importantes que les diplômes.

Tous mes enfants ont travaillé dans des emplois aux côtés de diplômés (NdT de collège ou) d'université. Les miens l'ont fait sans les prêts étudiants à rembourser, quoiqu'ils pourraient encore amasser quelques dettes d'études. Mon mari n'a pas obtenu son diplôme d'ingénieur avant qu'il ait près de 29 ans, et il est allé à l'école publique et puis tout droit à l'université. Il s'était essoufflé, fatigué de l'école et de la scolarisation, à l'âge de 20 ans. Il est revenu à lui, cependant, une fois qu'il a eu un peu de temps pour récupérer. Mes enfants n'auront pas besoin de se remettre de la scolarisation.

ml: Autre chose que vous voudriez ajouter?

SD: Je m'attendais à ce que mes enfants apprennent, et ils l'ont fait. Ce qui m'a surpris est leur facilité à traiter avec des gens de tous âges, des plus jeunes enfants aux adultes. Ils ont pris contact par le regard et serré la main à un âge précoce. Ils sont équilibrés et en confiance.

Il y a eu beaucoup d'avantages auxquels je ne m'attendais pas, et tous étaient positifs. La partie la plus difficile de toutes est la critique de ceux qui n'ont aucune idée de ce dont ils parlent. La confiance grandit, pourtant, à mesure que les familles unschoolent, et bientôt la critique semble moins effrayante et ressemble plus à de la jalousie ou du ressentiment ou de la peur.

Le unschooling n'est pas un mouvement pour abattre les écoles. C'est l'une des nombreuses options. Ce n'est pas facile, et chaque famille le fait à la maison, à sa manière. Ce seul fait le rend difficile. Ce n'est pas comme se présenter quelque part chaque jour en souriant et laisser les autres rendre la vie de vos enfants intéressante.

Une partie du ressentiment et de la crainte implique le fait d'avoir un choix. Bien que j'ai aimé l'école en général, je me souviens quand j'étais mécontente de quelque chose là-bas que ma mère disait avec confiance que je devais y aller, il n'y avait pas d'autre choix, que c'était la loi et que mes parents seraient en difficulté si je n'y allais pas. C'est plus facile quand les parents peuvent dire cela. Ça rend les parents innocents du malheur de leurs enfants, ou de tout dommage qui leur arriverait, si les parents n'avaient pas le choix. Lorsque d'autres parents ont trouvé une option et l'ont choisie, ça démontre qu'il y a une option, et la sécurité de «non choix» est révolue. C'est pourquoi de nombreuses familles qui font l'école-à-la-maison se plaignent des unschoolers, aussi. Ils ont dit à leurs enfants qu'ils ont à s'asseoir à la table et faire du travail scolaire, il n'y a pas de choix. Lorsque leurs enfants rencontrent des unschoolers et disent: «Mais Marty n'a pas à ... » les parents se fâchent contre les unschoolers pour avoir troublé la paix. Comme je ne voulais pas sacrifier le bonheur de mes enfants et leur apprentissage rempli de joie pour faire en sorte que les autres se sentent mieux à propos de ce qu'ils font, cependant, ça ne pouvait pas être évité. Je ne vivais certainement pas le unschooling pour rendre quelqu'un malheureux!

mardi 20 décembre 2011

Qu'est-ce qui est naturel ? - Pam Sorooshian

What's natural ?, par Pam Sorooshian
Traduction: J'OSE la vie !
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ciné-cabanon - août 2002
« Il est naturel pour les gens d'apprendre, chacun à leur façon. Il est naturel pour les enfants de vouloir comprendre le monde autour d'eux. Ils veulent également rejoindre le monde des adultes et devenir des adultes compétents et capables à leur tour. Ils s'efforcent d'y arriver selon les moyens qui leur sont propres. Les parents unschoolers travaillent à la création d'un environnement familial qui encourage le désir naturel de leurs enfants d'apprendre et de grandir. »

~Pam Sorooshian
extrait de « I LIVE THEREFORE I LEARN: Living an Unschooling Life », ici en français.

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Test pour chaussures à ressort - 2010
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Les semis d'Oli - 2011

lundi 19 décembre 2011

Vos pensées et votre vision - John Holt, un adulte fasciné par les enfants

Your mind and your vision, par Sandra Dodd

Traduction: J'OSE la vie !

« Étant donné que John Holt s'intéressait tellement aux enfants, chaque fois qu'il interagissait avec l'un d'eux, il voyait un enfant en interaction avec un adulte fasciné. C'est l'une des choses que les unschoolers ont besoin de se rappeler. Lorsque l'adulte incarne l'ennui, le cynisme, la critique et le doute, c'est ce que l'enfant verra et c'est comme ça qu'il percevra l'adulte, mais ce ne sera pas la faute de l'enfant. » ~Sandra Dodd
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Fascinés 

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Petite Jane (Isle-aux-Coudres, sept. 2011)

dimanche 18 décembre 2011

Votre rôle est...

Your role is... par Joyce Fetteroll

Traduction: J'OSE la vie !

« Votre rôle n'est pas de mettre en place pour eux le chemin à suivre, mais de mettre en place pour eux l'environnement à explorer. » ~Joyce Fetteroll
une photo que j'aime particulièrement - déc. 2011

samedi 17 décembre 2011

Réchauffer

Getting warm, par Sandra Dodd

Traduction: J'OSE la vie !

« Si chaque décision consciente est prise avec l'intention de se rapprocher de ce qu'on veut être, alors en avançant comme quand on joue à « tu réchauffes, tu refroidis », on se rend compte que ce n'est pas aussi éloigné qu'on aurait pu le penser. On n'a même pas besoin de quitter notre maison, notre voiture, notre famille. Ça se passe exactement là où on est, seules les pensées diffèrent.
Puissiez-vous avoir des relations chaleureuses, des sentiments chaleureux, un foyer chaleureux, de la nourriture et un lit bien chauds. » ~Sandra Dodd
 
journlajose.blogspot.com
Photo par Sandra Dodd

Note: En anglais, "warm" s'utilise autant pour "chaud" que pour "chaleureux". L'utilisation d'un même mot (warm) en anglais donne un texte plus doux à entendre mais bon, en français, ce n'était pas possible pour bien rendre le ton du texte de Sandra.
En tout cas, moi, je me sers de ce truc et ça marche très bien. Ça m'aide personnellement à garder toujours à l'esprit où je vais, quel est le but visé, quel est le plus important dans ma vie, la priorité qui passera toujours avant les autres. Et il s'agit de la relation avec chacun de mes enfants, et du bien-être de chaque membre de notre famille... qui vient avec, en prime. :-)
Edith
 

jeudi 15 décembre 2011

Les nouvelles inspirations éducatives - unschooling au Québec



Aujourd'hui, on rencontre à nouveau Marike Reid-Gaudet, suivi d'une entrevue mère-fille avec Debbie et Idzie Desmarais, deux femmes au grand coeur que nous avons eu la chance de rencontrer au SMUG l'été dernier et qui sont très impliquées dans le milieu du unschooling depuis plusieurs années.

Idzie est l'auteure du blog I'm unschooled, Yes I can write, conférencière, et co-auteure avec sa soeur Emi du tout nouveau blog féministe Sistermatic Response, qui sera en ligne sous peu. De plus, Idzie est à terminer la rédaction d'un livre sur le unschooling qui sera publié prochainement.

Debbie est une femme authentique et inspirante, une mère accueillante et présente, une personne ouverte d'esprit, toujours prête à apprendre de nouvelles choses, à rendre service et à prendre du bon temps.

Que de bons moments nous avons passé en leur compagnie et celles de tous ces gens qui y étaient. Je crois que j'avais rarement vécu de tels moments où, en groupe, chacun/E fait ce qu'il a envie de faire, dit ce qu'il pense, vit ce qu'il veut vivre et ce, ensemble ou séparément, dans le plus grand respect de chacun, et en parfaite harmonie. Des groupes de jeux se créaient de façon informelle, auxquels se joignait quiconque, le temps qu'il en avait envie, ou juste pour essayer, sans pression aucune, sans même celle de la langue puisque le jeu préféré était Les loups-Garous de Thiercelieux où l'on doit être silencieux souvent, et même avoir les yeux fermés à certains moments.

Pendant que certaines avaient eu l'idée géniale de faire des motifs en henné à ceux et celles qui en voulaient, d'autres s'affairaient à créer de fabuleuses ATC (Artist Trading Cards) et d'autres encore prenaient l'air, se reposaient, cuisinaient ou travaillaient. C'était vraiment génial et j'ai bien hâte de revivre ça. Et à Québec, pourquoi pas ?

Viva unschooling !

Edith


P.S. Pendant que je prépare cette publication, on est mardi midi, J et O font une quête (side quest) dans le jeu Majora's Mask de la série Zelda, pour obtenir des quarts de coeur supplémentaires, bien saisir la valeur de l'argent (les rupees), et refaire les batailles finales. Je sais que ça peut avoir l'air bizarre qu'ils soient deux à "jouer", alors qu'en fait, un seul tient la manette dans ses mains, mais ceux et celles qui ont déjà joué à deux à un jeu de Zelda comprennent sûrement ce que c'est. Et moi, je me joins à eux, j'écris en écoutant la musique et leurs exclamations ou idées et, chaque fois qu'il y a un moment fort, je ferme le couvercle du portable et j'embarque avec eux. :-) Cool !

mardi 13 décembre 2011

Anatomie d'une éducation réfléchie



Entrevue-vidéo avec Thierry Pardo, père et doctorant en éducation, incluant une brève entrevue avec la charmante Marike Reid-Gaudet, mère et finissante à la maîtrise en sociologie de l'éducation, fondatrice de l'École Radicale Libre de Montréal, que S & O ont eu la chance de rencontrer en octobre dernier. :-)

samedi 10 décembre 2011

Histoire d'enfants

Cette histoire vraie m'a émue aux larmes la première fois que je l'ai lue, il y a quelques années, déjà. Elle me parle de paix. Pas de celle qu'on se souhaite au Jour de l'An ou qu'on mentionne dans l'air ou dans nos prières parfois pour ensuite l'oublier vite fait. Pas de la paix dans le monde qu'on veut tous mais pour laquelle on ne fait rien ou pas grand chose... car on ne voit pas du tout ce qu'on pourrait faire. 


La paix dont parle Christiane Singer dans cette Histoire d'enfants est celle qui nous habite, au plus profond du cœur, de l'âme, ou de l'esprit, dès notre naissance. C'est cette paix, cet amour qui nous inonde et nous nourrit. Parce que c'est notre essence même. Je me souvenais d'elle mais je l'avais perdue, égarée, ou peut-être plutôt cachée ? Pour qu'elle ne soit plus abîmée ?


L'instruction obligatoire tente de remplacer cette essence par une leçon de grammaire, l'enseignement d'une compétence mathématique, un devoir de géographie, une démonstration d'expérience scientifique, un cours d'éducation physique. Par la fréquentation imposée et assidue de dizaines d'autres enfants du même âge et de centaines d'autres nés dans la même décennie, tous sans parents au quotidien. En manque d'attachement et d'affection parentales, ces pairs se livrent souvent bien des luttes. Comment ne pas compétitionner quand il faut démontrer sa valeur - ou en avoir plus que l'autre - si on veut recevoir un petit peu de reconnaissance?

L'école, l'éducation, porte ce fardeau de tendre à nous effacer de nous-mêmes, car ceux qui la soutiennent essaient de se convaincre que c'est bien faire, convaincus du vide (ou de l'inutile) que l'humain porte en lui. 
Ce « trou » existerait afin d'être rempli - fatalement - par des connaissances qui sont essentielles à tous, nous répète-t-on. Pourtant, la seule utilité qu'on peut voir dans ce remplissage forcé est de combler les exigences de ce qu'on considère la "vie" humaine: se nourrir, s'abriter... et attendre la fin ? L'école est le praticien qui effectue la transfusion: elle nous retire notre essence « de paix » pour la remplacer par une scolarisation obligatoire que l'on nomme « éducation » afin de rendre difficile, voire impossible, un refus.

Quand Christiane Singer parle de rivalité, de compétition, de maillot de corps et de baskets, d'obsession d'évincer l'autre et de gagner, je me revois petite fille qui doit se déshabiller et se changer dans la classe, vulnérable, fragile, seule parmi 25 étrangers. Je me revois enfant, forcée de participer à ces jeux de ballon, ces jeux qu'on dit d'équipe, où l'acteur principal bien connu «Compétition» jouera le rôle de «Santé-mise-en-forme» dans la pièce intitulée : «Un esprit sain dans un corps sain». Je connais bien le rôle et la pièce mais je refuse, aussi obstinément que le permet mon silence et mon effort inouï d'invisibilité, d'en être, moi aussi, une actrice. Alors, le chef de l'équipe des bleus m'attribuera le dernier rôle — par dépit et sous la contrainte de ... l'esprit d'équipe. Ma tentative d'évasion est vaine. 

*** 

Histoire d'enfants, par Christiane Singer
Christiane Singer
La paix ?
Les adultes standards veulent seulement qu'on la leur fiche — et, le plus tard possible, reposer en elle.
Aussi qui l'inventerait, la paix, sinon les enfants ?
Du moins aussi longtemps que les écrans mornes et lugubres n'ont pas vomi dans leurs yeux de lumière toute la hideur du monde !
Les enfants dont je vais conter l'histoire avaient — j'en mets ma main à couper — ce tison toujours avivé au fond de leurs prunelles, cet éclat de joie qui vous incendie le cœur en moins de deux quand vous n'en avez pas blindé les portes.
Pourquoi étaient-ils joyeux ?
Je crois que tous les enfants le sont jusqu'à ce que vous leur demandiez pourquoi. Objectivement, en effet, ces enfants-là n'avaient pas de « raison » d'être dans la joie: pieds nus, mal vêtus, mangeant sans doute à la sauvette dans du fer-blanc, souvent la morve au nez et les cils collés. Mais leur « raison » — en était-ce une ? — était superbe: ils étaient vivants !
Pour les nantis, à l'autre bout du monde, être vivant, c'est comme être repu, nourri, abreuvé, épouillé, vêtu, cela ne mérite pas qu'on s'y attarde. Mais pour ces enfants, cela n'allait pas de soi !
Ils n'en revenaient pas d'être vivants, de sauter, de bondir, de s'accroupir, de chanter à tue-tête, de voir au sol en plein midi onduler la chaleur comme un insaisissable serpent aux mille anneaux... d'être là, seulement là, dans la généreuse et brûlante poussière de l'Afrique, là, là, témoins de la Vie !
Oui, mon histoire se passe en Afrique. Je la dois à un merveilleux jeune homme de quatre-vingts ans: le philosophe et mystique Raimund Panikkar.
Marc, un jeune ami américain, décide d'éviter le service militaire et s'engage dans le service social pour une année. Il se retrouve moniteur de sport dans un village africain. Grâce au sport, il ne sera pas contraint de faire passer des modes de vie, des dogmes, des idéologies. Il pourra rencontrer des jeunes dans le seul plaisir du mouvement et les inviter à se dépasser dans l'effort. C'est du moins ce qu'il pense.
Il n'y a qu'une chose qu'il n'ait pas remarquée: combien ce produit d'exportation — le «sport» — transpire la rivalité et la compétition et combien sous le déguisement sympathique — maillot de corps et baskets — transparaît l'obsession d'évincer l'autres et de gagner. Gagner envers et contre tous. Contre la vie, s'il le faut. En somme: toutes les options guerrières du cynisme économique.
Pour l'instant, notre jeune Américain, encore « inclus » dans son système d'origine et frappé par là même de cécité, ne décèle rien. Le « sport » permet d'être ensemble, voilà tout, et de jouer et de vibrer et d'oublier le supplice des méninges, l'horreur qu'il y a à ingurgiter tant de réponses à tant de questions qu'on ne s'est jamais posées ! Ah oui, comparé à la souffrance de l' « école assise », le sport est clément !
Voilà notre jeune homme devant les enfants. Il croit en dénombrer plus qu'ils ne sont. Du moins, il voit beaucoup plus de paires de jambes, beaucoup plus de paires de bras que le chiffre annoncé laisse prévoir, et il entend beaucoup plus de rires qu'il ne compte de rangées de dents ! Pourtant ils sont douze à peine — du vif-argent !
La spécialité de Marc dans les écoles américaines où il fait du bon travail est de secouer l'inertie des jeunes et surtout celle de leurs derrières habitués à peser, morts et lourds, sur des sofas. Il voit bien que la situation ici est différente, mais son potentiel de ressources apprises ne la prévoit pas. Un court instant, comme une brise, l'effleure l'idée d'apprendre d'abord de ces jeunes à jouer aux osselets, aux toupies, à ces jeux qu'il observait tantôt sur la place du village. Mais tandis qu'une instance en lui, lucide et perspicace, hésite et soupçonne l'absurdité de son entreprise, comme bien souvent, c'est la part « experte » de sa personne qui s'enfle et triomphe. Il réunit donc la petite troupe autour de lui, explique les règles de la course, montre les jalons de la piste, son chronomètre incorruptible et son sifflet.
Même le podium est dressé pour le vainqueur: deux caisses superposées, flanquées de deux plus petites où prendront place par ordre d'arrivée le second et le troisième.
Les pris sont disposés sur une feuille de bananier: trois sacs de pop-corn —un très gros et deux moyens.
Voilà. Tout est en place. Les enfants sont, après maintes contorsions acrobatiques, alignés en position de départ.
L'ordre règne.
Et à l'instant où retentit le coup de siffler, les enfants bondissent en avant comme propulsés par des ressorts et détalent. Mais dans l'élan même du départ, leurs bras se sont grand ouverts et ils se sont saisi les mains !
Ils courent ensemble.
Dans un vent de poussière d'or.
Ils courent ensemble.

Cette histoire vraie contient en germe d'autres histoires vraies et toutes celles qui ne le sont pas encore mais qui attendent d'éclore.
Les dieux de cendre et de sang, de mort et de fers croisés, les dieux de la compétition, de la rivalité, de la domination et de la guerre, qui peut nous obliger de les honorer ?
Partout où des mains se joignent et se rejoignent continue la plus vieille histoire de la nature et de l'humanité, la saga de la solidarité. De nouvelles mailles se nouent au filet qui nous retient de tomber dans l'abîme de l'inhumanité.

Extrait de : «Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? », Christiane Singer, Éditions Albin Michel, 2001


***

On peut se demander pourquoi les enfants d'ici n'osent pas, n'osent plus, se tenir la main et courir ensemble ? 


Et on risque d'entendre rapidement la réponse, émanant de notre propre enfance confrontée à une scolarisation "obligatoire", séparation parent-enfant, frère-soeur, coeur-intellect. On risque d'avoir à se demander ensuite pourquoi les oreilles adultes n'entendent pas (ou plus) ce désir de paix de l'enfance qui n'en n'a jamais voulu de cette compétition ? De cette culture qui encense la non-vie ? 


Terminons sur cette image, de paix et d'harmonie, trouvée par hasard sur le web alors que je cherchais toute autre chose et que j'avais gardée au cas où... 


Voilà qui me remets instantanément en mode "espoir" et... Action !

Edith