mardi 28 février 2012

Les bénéfices du unschooling - Résultats de l'étude de 231 familles

C'est ici: http://www.psychologytoday.com/blog/freedom-learn/201202/the-benefits-unschooling-report-i-survey-231-families

source: Psychology Today - Freedom To Learn

Ça vient tout juste d'être publié et comme nous avons participé à cette étude, en y répondant bien sûr, mais aussi en faisant la traduction de la présentation et du formulaire publiés sur ce blog, nous sommes ravis de vous annoncer que les résultats sont en ligne. Je n'ai pas encore eu le temps de lire mais j'ai bien hâte. Je le ferai très bientôt et vous en reparlerez. Et si j'ai le goût et que je choisis de mettre mon temps sur ça prochainement, je ferai peut-être aussi la traduction de ces premiers résultats.

Voilà de quoi se mettre sous la dent en attendant la suite de l'étude, car ceci n'était que la première partie, comme le disait celui qui la conduit, le professeur chercheur en psychologie Peter Gray au Boston College.

Edith

lundi 27 février 2012

Notre façon de vivre, notre façon de penser

Notre façon de vivre, notre façon de penser, par Lyle Perry

Traduction: Les Éditions JOSE
Original en anglais: The way we live, the way we think

Je sais combien il est effrayant de penser à lâcher prise de ce qui est «normal», et je sais que cela semble impossible de penser que vos enfants apprennent de leur propre chef, mais c'est très possible. Plus que possible. Ça attend de se produire. C'est arrivé pour nous, et nous étions aussi "normal" que quiconque.

Le unschooling a eu un impact incroyablement positif sur nos vies, et pas seulement dans un aspect éducationnel, mais dans tout ce que nous faisons. Ça a changé notre façon de vivre, notre façon de penser, et la façon dont nous regardons le monde en général.
Lyle Perry


Automne 2011: les gars transforment la galerie
 en chambre d'hiver pour Oli
Effectivement, c'était un peu effrayant pour moi de juste lâcher-prise sur la croyance selon laquelle "il faut un enseignant pour que l'étudiant apprenne". Ce qui était difficile, en fait, était de nettoyer cette fausse croyance trop longtemps entretenue, car le jugement des autres - et l'isolement qui s'ensuit - était trop dur à assumer. C'était une possibilité à laquelle je ne me sentais pas capable de faire face mais même en voulant l'éviter, ça ne l'a que retardée, c'est arrivé quand même.
Ce qui a aidé ? La totale confiance que j'avais en mes enfants, c'était naturel, ça venait de l'intérieur, de ce lien du cœur entre moi et mon enfant. 

Récemment, une maman de trois jeunes enfants me demandait:
- "as-tu eu des doutes aussi parfois?"
j'ai répondu:
- "bien sûr mais... mes doutes ne viennent pas de mes enfants, jamais. Ils viennent de ce monde dans lequel je les ai fait naître. Mes doutes sont toujours venus de l'extérieur de moi, jamais de l'intérieur. 
Si je regarde mon enfant, que je l'écoute, que je vis avec lui, je n'ai aucun doute. Mais si je regarde le monde, que j'écoute les autres, alors là, c'est la porte ouverte à tous les doutes, à toutes les craintes car je n'ai pas confiance en ces gens qui sont "formés" et ne voient plus la réalité "déformée" dans laquelle ils continuent d'avancer. ;-)
Pour toi, doutes, ça veut dire quoi ? Pour moi, ça signifie méfiance, manque de confiance. 
J'ai une absolue confiance en mes enfants."
Édith

Édith

samedi 25 février 2012

En chemin, j'ai rencontré...

sentier de neige (J'OSE la vie !)
Au réveil ce matin j'ai à nouveau une folle envie et un grand besoin de me reconnecter à "moi", à la nature. Je suis partie marcher en forêt. Après de longues minutes à marcher sur la rue (minutes que je trouve parfois interminables car je revois ce bout de rue qui se terminait ici, avant... Ces riches maisons neuves là où avant je tenais la main d'un petit garçon dans le sentier boisé, et ce «nouveau développement» là, sur la gauche, ont éteint le grand pré où il n'y a pas si longtemps encore, nos fils couraient dans les herbes hautes, observaient les papillons, alors que moi, j'y cueillais un bouquet de fleurs des champs pour la fête des pères. Car ce sentier boisé où nous accueillaient les amas de roches - souvenir des limites entre les champs de culture du siècle dernier - ouvrait, après la clairière ensoleillée, une porte vers le bonheur pour deux jeunes garçons enjoués... et leurs parents. La Joie, avec un grand J ! Celle de la forêt québécoise où arbustes et arbres s'entremêlent, où feuillus et conifères s'entendent à merveille, où les sentiers de terre et de roche forment une harmonie comme seule la vie sait le faire quand l'homme qui pense ne s'en mêle pas. Un raccourci pour aller – joyeusement - déjeuner chez grand-maman le jeudi matin, tel un passage secret entre notre petite maison en rangée pareille à toutes les autres, et celle des grand-parents, plus grande, où le bouleau blanc nous accueille déjà, où le pin majestueux et le lilas odorant sourient de nous voir jouer au ballon dans la cour, et où le jeudi matin, ça sent bon les crêpes et le sirop d'érable !

Pause – Stef vient me dire que Jé l'a dépassé! Ils se mettent dos à dos, je constate. Au moins un centimètre de plus, oui. Ils vérifient avec le gallon, c'est bien vrai. Un large sourire s'épanouit sur le visage de notre «petit», grand jeune homme maintenant.
«Vous avez jamais fait ça, vous, 1m73 à 14 ans!» qu'il me lance en rigolant ! «Pis, vous le ferez jamais!» Éclat de rire, câlin. «Qui aurait pensé que je dépasserais ma famille à quatorze ans?!»

sculpture sur neige: King Dedede s'en vient !
(J'OSE la vie ! - 2012)


Après ce moment de douce mélancolie, j'y suis. Là, sous mes yeux, la féérie de Narnia s'étend et m'ouvre les bras. Oh! ce n'est pas la première fois, je vais souvent marcher dans la forêt. On y va toutes les semaines en famille aussi, parfois même plusieurs fois par semaine, mais ce matin, alors que cette douce neige printanière tombe sans arrêt depuis hier soir, je sens la magie des lieux plus puissante, la quiétude plus … enveloppante. Je ne peux que poser mes pas au rythme de la méditation qui y vit. Quelques pas, tout doucement, je dévore le paysage, chaque branche chargée de neige. Le bosquet de thuyas – comme je les aime ! - je m'y arrête un moment pour un câlin (oui, je suis une tree hugger). Nous connectons. Le rythme de mes pensées s'atténue. De nouvelles pensées, légères, invitantes, font leur place. Je me demande chaque fois si c'est l'arbre qui me parle, ou si ce sont mes idées à moi qui ont tout à coup plus d'espace, et un moment pour venir faire un tour dehors. L'arbre déroule le tapis rouge pour les accueillir... comme des invitées de marque !

Et d'un coup, la connexion se termine. Sans heurt, sans presse, juste comme ça, parce que c'est terminé. Je reprends le sentier de neige. Lentement. Toujours avec ce rythme méditatif qui s'impose dans la plus grande paix. (Y'a que la nature pour s'imposer dans la paix, hein !) Partout, je lève les yeux. J'adore regarder sous les branches; quand j'ai l'appareil photo, je m'assied ou m'allonge sous les arbres pour en faire des photos. Ce matin, le dessous des branches est lumineux. Je déguste. Au bord de la rivière, une majestueuse épinette. Sur le côté, un espace blanc, avec juste assez d'espace et de pente pour m'étendre. Chose pensée, chose faite. Un peu froid ce lit de neige. Je suis surprise, par le froid habituel oui, mais surtout par la largeur des branches surchargées de toute cette eau floconneuse et brillante. Une toute petite branche de moins d'un demi-centimètre de diamètre porte jusqu'à 12, voire 15 cm de neige de hauteur. Sur la gauche, vue d'en dessous, la neige lui ajoute 4 fois sa largeur. Sur la droite, un frison de dentelle. Au-dessus, sur les côtés, partout entre les branches de feuillus, entre les aiguilles des conifères, la neige se tient, là, dans les espaces, dans le vide ! (Je décris comme je l'ai vu, espérant me souvenir des détails pour les dessiner quand je serais de retour.)

Je me remets sur pieds. Jusque là je suivais des pistes de raquettes, mais j'ai envie d'un chemin que nul pas n'aura foulé avant moi ce matin, alors je prends à gauche. J'essaie de poser délicatement mes bottes, espérant secrètement que je sois de sang amérindien, ne laisser aucune trace de mon passage. Perdu d'avance sur la neige, je sais bien, mais ça m'amuse d'essayer. Le sentier est ici plus étroit; quelques branches de sapins et un jeune thuyas alourdis par la neige ne se relèveront pas de sitôt. Je m'incline et renoue avec le plaisir de marcher à quatre pattes; je passe, tête baissée, sous leurs branches. Surtout ne pas déplacer les flocons posés là, un à un, par la vie. (Je revois Calvin. ;-) Je rejoins le sentier du bord de la rivière; j'entends des marcheurs qui approchent en sens inverse. Je n'ai pas envie de contact humain tout de suite, alors je bifurque hors sentier, sur la gauche. J'entends la dame qui raconte au monsieur: « Je ne t'ai pas encore parlé de ce qui se passe avec les évaluations ». Je pense à l'évaluation municipale, j'imagine une maison, le compte de taxes foncières...
« Ça a pas de bon sens, ça prend tellement de temps, pis y parlent tout le temps. Ben, je les comprends... mais ils parlent tellement que j'ai pas le temps de tout faire. »
Le monsieur: « Ah oui, ils parlent beaucoup des fois. »
La dame: « J'ai encore des feuilles que je fais d'habitude mais que j'ai même pas eu le temps de faire encore... ils parlent beaucoup. Pis, faut ben que je les laisse faire un peu... ils sont petits. Y'ont besoin de parler... y faut ben qu'y bougent,... y faut ben qu'y vivent! »... les voix se transforment en murmures... je ne perçois plus ce qu'ils continuent de se raconter. Tant mieux, je ne veux pas savoir.

J'arrive à l'endroit où la rivière déborde chaque printemps; là, une énorme épinette est tombée l'an dernier – ou l'année précédente? - et l'amas de racines et de terre est resté comme un immense parasol après un coup de vent, penché sur le côté, découvrant un petite mare d'eau gelé en dessous. Jé aime bien s'y arrêter parfois, et casser la glace en dessous. Aujourd'hui, c'est moi qui m'assied sous cet abri et plonge dans les racines. Mes racines ? Je laisse aller. Je vois Mathieu de la Déséducation. Peut-être aimerait-il venir tourner un peu par chez nous ? Je repense à ce film que je voulais faire. Ça viendra. Peut-être. Je vois Marilyn, et Marike. (Dans ma tête ces trois-là s'appellent les Trois M, comme mes voisins d'en face). Je me rappelle qu'elles seront à Québec en avril pour un panel sur l'éducation « libertaire ». J'ai hâte! Bien que je n'aime pas le terme 'libertaire', ça sonne bizarre, je trouve. Peu attirant. Alors qu'une vie sans école est une vie remplie de découvertes de tous les instants et d'apprentissage sans limitation. Je préfère 'unschooling'. Mais peu importe le mot, je suis contente de savoir que ces dames de cœur seront de passage près de chez moi. Une idée traverse mon esprit. Si elles en avaient le goût aussi, nous pourrions en profiter pour étirer leur séjour et offrir, ensemble, une rencontre sur le unschooling. Il y a de grands besoins de ce côté. Et peu de soutien. Beaucoup de demande, peu d'offre. La pause aux racines prend fin. 

Je marche près de l'eau. La neige tombe toujours. Le décor n'en finit pas de s'habiller tel un prince blanc (ou une princesse, comme vous voulez). On se croirait dans un conte de fées. J'arrête pour respirer à fond, écouter l'eau de la rivière danser sur les roches. Quel son magique, n'est-ce-pas ? Qui captive tous les humains. Une théorie intéressante tente d'expliquer cette attraction de l'humain pour l'eau. Mais pour le moment, j'avance encore un peu, je me rends à la pente à glisser, comme on l'appelle. J'écoute l'eau, je respire, je ferme les yeux. J'entends des voix venant du chemin vers l'ouest. Deux marcheurs. Je ferme les yeux. Je respire. Je choisis de rentrer. J'ai assez de matière pour mon blog du samedi... et pour nourrir mes projets de vie.
Mes pas me portent joyeusement sur le sentier du retour. Un chien s'élance vers moi en souriant. Je les salue, lui et le monsieur qu'il accompagne. Quelle bonheur pour les chiens que ces sentiers dans la forêt où, d'habitude, les gens osent leur permettre d'être vivants, de courir, revenir, sentir, boire à la rivière, courir encore. Et saluer tous les passants. Adorable !
Je me sens si légère, je cours un moment. C'est si bon de courir. Quand j'ai eu cette vilaine fracture au pied, il y a deux ans, ça m'a tellement manqué. Je voyais mes fils s'élancer avec joie. Je les regardais en espérant pouvoir à nouveau le faire, moi aussi. Je ne marche pas encore aussi longuement qu'auparavant, mais je peux marcher. Et je peux courir à nouveau. Avec de bonnes chaussures, cependant.
Je revois les petits et les papas qui tantôt jouaient avec une rondelle et des bâtons de hockey. J'y ai entendu plus tôt un père demander à son fils de 3 ou 4 ans pourquoi il ne voulait pas jouer, tout en tentant tant bien que mal de mettre un bâton dans les mains d'un tout-petit d'à peine deux ans (on les reconnaît facilement à leurs grand yeux doux, au dessus d'un petit bouton de nez et deux joues bien rebondies, dans ce petit cercle que forme leur petit visage enfoui au creux de capuchons bien rembourrés). Le plus petit n'est plus là, mais ils sont deux à grimper la colline de neige amassée par les déneigeurs, sous le regard d'un papa et d'une maman cette fois.
Fini ce post. Bonne  journée !
Je sors de Narnia, mais je garde précieusement en moi la féérie et la paix qu'elle m'apporte. Je rentre à la maison. Et je négocie avec Jé de changer de bureau de travail, pour mon dos. Il accepte de bon cœur. Il est en ligne avec des copains, l'une en Alberta, l'autre au Texas. Je remarque qu'ils se lèvent tôt. Ce à quoi Jé me réponds qu'ils se lèvent en même temps que lui. C'est bien vrai. Bien que vivant sur des fuseaux horaires différents, ils se sont créer leur propre fuseau horaire, celui de leur réseau de jeu, et d'amitié.♥

Édith

mercredi 22 février 2012

A life of Zelda - à propos des jeux vidéos... et de Super Oli

NES (Nintendo Entertainment System - 1985)
Je viens tout juste de me rappeler que j'avais écrit ceci le mois dernier et qu'il était resté dans la liste des 63 brouillons en attente de publication. Peut-être est-ce parce que j'ai commencé, hier soir, une partie d'un nouveau jeu vidéo Super Mario Sunshine ?  En fait, j'ai testé ce jeu au début janvier car c'était un disque acheté d'occasion. En voyant l'animation du début de l'histoire, j'ai bien aimé. Faut dire que je me serais bien vue sur une plage au soleil moi aussi, alors la princesse Peach dans son avion privé m'a fait un peu rêver. Bon, je vous raconte pas cette histoire aujourd'hui mais plutôt celle de... Super Oli !!!


Fan de jeux vidéos et de Nintendo depuis l'enfance, Super Oli a été privé de sa première console NES et du jeu de Mario Bros avec lequel il jouait à l'époque où sa maman était occupée à allaiter son petit frère. Évidemment, ce n'était pas sa faute, c'était celle de la maman (moi), excédée par (croyais-je) la mauvaise humeur de Super Oli qui montait en râlant après avoir été ENCORE une fois:



Équation simple mais combien injuste et dont la somme était énorme pour celui qui en faisait les frais:
La maman excédée + le papa complètement claqué le soir (en ce temps-là, il travaillait 60 / 70 hres/sem) = retrait de la console de jeu.

Un meilleur résultat - on l'a vu, et vécu plus tard - eut été d'être AVEC notre enfant. L'accompagner avec / dans son jeu, ou, autre option, lui procurer de nouveaux jeux mieux adaptés à ses compétences du moment. Ne pas être excédée et claqué aurait aidé à bien cerner le truc mais pour cela, il nous manquait un soutien (moral, physique, financier...), certaines ressources, ou, je le sais mieux maintenant, d'au moins un autre modèle, un autre possible, inspiration et encouragement à s'arrêter, mots pour penser et voir les choses telles qu'elles étaient, déjà. Du temps, de l'énergie. 

Retour au jeu
(on se croirait à la soirée du hockey)

Ce jeu des Mario Bros., qui amusait aussi papa et maman parfois le soir, laissait souvent notre petit de mauvaise humeur. Et alors, sans prendre/trouver le temps de réfléchir suffisamment, sans essayer de mieux comprendre ce qui se passait - enterrés que nous étions par les tâches, les émotions, l'épuisement - nous limitions son "temps de jeu" comme nous avons aussi limiter son 'temps d'écran'.
Comme s'il pouvait exister un temps qui s'accorde avec un adjectif possessif ou, plus absurde encore, un temps qui soit alloué à un outil, l'écran en étant un. Imaginons un instant un 'temps de marteau', un 'temps de casserole', ou encore un 'temps de papier' !
Un temps de casserole, ça sonne drôle au moins !

C'était pourtant simple: ce qui le faisait râler, c'est le fait qu'il aimait le jeu, et aurait aimé arriver à y jouer plus longuement, à poursuivre l'aventure colorée et amusante de Mario. Mais comme les jeux des Mario Bros sont vraiment difficiles (c'est le seul point que nous pourrions 'reprocher' à Nintendo, quoique nos fils disent plutôt que c'est uniquement à Miyamoto que va ce 'compliment' !), il n'y arrivait pas et devenait frustré, se sentait incompétent. Et impuissant. Et bien seul pour vivre ces moments difficiles et ce sentiment d'incompétence. Que moi-même je ne saisis mieux que depuis quelques années. En fait, il a fallu longtemps avant que je ne trouve les mots. Et quand je n'ai pas les mots pour exprimer quelque chose que je vis, je ne sais pas exactement 'ce' que je vis. Je ne sais pas d'où ça vient, et que faire pour aller mieux. Pour notre petit Super Oli, c'était pareil, bien sûr.
Parfois, je me demande si ce ne serait pas plus simple de vivre sans parole. Sans les mots, on n'aurait pas à les connaître, à les chercher pour s'exprimer et comprendre, non ?

Shigeru Miyamoto
Nous avons été des personnes remplies de peurs, des adultes non-maturés, pas toujours capables d'accompagner réellement nos enfants au quotidien. Parce qu'on ne savait pas comment ? Plutôt parce qu'on ne se faisait pas assez confiance parfois, comme je le disais récemment, sur ce blog. Nous avions peur parfois, de tout ce qu'on racontait partout... pour nous faire peur ?

source: http://www.greenbookblog.org/

Danger, danger, Will Robinson ! que j'entends dans ma tête en écrivant ceci. :-) 
En fait, au sujet des jeux vidéos, la seule problématique que nous avons rencontrée, c'est celle dont on parle ci-dessus. Rien d'autre.

Tout de même, au cas ou vous auriez aussi été induit en erreur par les campagnes de peur - ou les études faites sur des gens scolarisés (ce qui n'est pas le cas ici) - voici quelques-uns des supposés dangers et commentaires qu'on a lus ou entendus:

-la violence que les jeux vidéos engendrerait parfois. On a dit la même chose pour certains films ou séries télé ou jouets ou livres, etc.;
-la dépendance qui viendrait avec; ce qui est tout aussi faux et on en reparlera si vous voulez, mais en attendant, si vous lisez l'anglais, voici un article intéressant sur le sujet qui fait suite à une étude sur des rats;
-la déconnection d'avec le monde réel. Avec un roman, ça marche aussi, croyez-moi ! D'autres diront avec un film;
-la 'magie', qui pourrait amener l'enfant à croire que la magie est une façon de régler les problèmes dans la vraie vie... ;
-l'obésité qui guette (elle a que ça à faire, hein!) si on est assis face - ou de biais avec - un écran de télé ou d'ordinateur, mais bizarrement pas si on est assis à un pupitre avec un cahier ou dans un fauteuil avec un livre... ;
-l'imaginaire qui ne serait plus (plus jamais?) stimulé si on utilise des technologies plutôt que papier et crayons. (pourquoi pas avec sable et branches, alors ?).

Bref, tous ces trucs qu'on nous raconte pour nous garder dans la peur servent aussi à s'assurer que nous continuons d'entretenir une relation de sujet à objet avec notre enfant (pouvoir sur ses actions et activités) plutôt qu'une relation de sujet à sujet (partenariat, accompagnement et joie). Et tout ça est faux.

Heureusement, on a réussi à s'en sortir !
Des peurs, je veux dire.
Ça a été un peu (trop) long.

Pour y arriver mieux, ou plus rapidement, ceci pourrait aider:

- Avoir, prendre, trouver, un moment de calme et de paix. Chaque fois qu'une émotion monte, ou qu'un croyance vient nous hanter l'esprit. Aligner quelques-uns de ces moments de calme les uns après les autres. Cela permet de vivre l'émotion qui vient, d'abord, pour ensuite pouvoir regarder les faits, la réalité.

- Être AVEC son enfant. Partir de l'enfant, regarder les faits, ce qu'il vit, selon son point de vue.

- Chercher un soutien, des ressources: des gens autour de nous qui auraient poussé plus loin la réflexion ou des auteurs ou un chercheur qui ait vraiment pris le temps d'observer, et de noter. On n'en trouvait pas à l'époque. Heureusement, il y en a de plus en plus aujourd'hui.
Parfois, il suffit d'une seule personne pour qu'on ait de nouveau l'énergie de continuer à chercher. Ou, mieux encore, deux ou trois personnes. :-)

Ajouts: janvier 2014

- Ne pas se fier à des études faites sur des gens scolarisés - incluant les jeunes qui font l'école à la maison - elles ne concernent pas le unschooling.

- Se joindre à une liste de discussion sur le unschooling. Il y en a en français maintenant.

Il y a longtemps, j'ai rencontrée une telle personne. Une maman. Une amie. Qui ne parlait pas de 'temps d'écran' ni ne faisait peur à ses enfants. Elle jouait aussi. Et le papa aussi. Les grand-parents avaient une console chez eux autant pour jouer avec leurs petits-enfants en visite que pour jouer avec eux en réseau lorsqu'ils n'étaient pas ensemble.

Mais alors, pourquoi n'ai-je pas accroché ?
D'abord, parce qu'elle en parlait peu, peut-être. Elle ne faisait pas d'exposé sur le sujet, pas plus que sur toute autre chose que ses enfants faisaient et aimaient. Peut-être aussi parce qu'il y avait beaucoup de besoins et de peurs en moi pour m'attarder spécialement à celle-là, à ce moment-là. Aussi, parce qu'on avait bien d'autres choses à vivre ensemble quand on se visitait, et que notre petit Super Oli s'amusait à tant d'autres choses et apprenait aussi en jouant avec ses amis. J'en ai quand même extrait de la matière quelque part, c'est sûr. Comment cela aurait-il pu m'échapper ?
Ça aura pris d'autres expériences, et la rencontre avec les listes unschooling (anglophones, à l'époque), pour que mon cerveau additionne des infos intéressantes, positives, vraies, heureuses. Je suppose qu'il compense ainsi pour les préjugés, les commentaires ignorants et les croyances véhiculées partout.

Ne nous en faisons pas, ce n'est pas si difficile de changer une habitude, n'importe laquelle, ça ne prend qu'une fraction de seconde. On fait d'une façon, puis l'instant d'après, on fait autrement, c'est tout. (Bien sûr, en supposant qu'on veut vraiment et qu'on s'y met, moment après moment, au besoin.) Ce qui est long n'est pas le changement. C'est de trouver le courage d'oser stopper le moment difficile - appuyer sur Pause - pour sortir de ma zone erronée, respirer à fond trois fois, observer, dégager une image plus nette de la situation, ou plus simplement, comme le dit souvent Sandra Dodd, faire un choix qui mène en direction de ce que je veux vivre: la joie du moment présent avec mon enfant. Et si je décide de changer, alors un instant j'ai peur, l'instant d'après... c'est fait.

C'est ainsi que nous avons pu enfin expérimenter le plaisir de jouer à des jeux vidéos, seuls, en famille ou avec des amis.
Comme quand on regarde une émission de télé qu'on aime, ou un bon film ?
Autant, oui ! Souvent mieux !
Mieux car avec les jeux vidéos, on a le plaisir de participer en plus.
On est DANS le film.

Et économiquement parlant, un jeu vidéo coûte environ le prix d'une entrée au cinéma pour la famille. Quand on achète usagé, c'est moins que l'entrée au cinéma pour deux. L'aventure dure plus longtemps qu'un film, souvent entre 10 et 50 heures, parfois plus. Et quand on aime, on y rejoue plus tard. Et si on n'est pas sûr d'aimer, on loue avant d'acheter. Sans compter que l'école de chiffres dans ma tête, qui semble-t-il ne me quittera jamais, me fait aussi apprécier la marge optimale de 'profit' du jeu vidéo.

Et je n'ai même pas parlé de tout ce que nos enfants ont appris en jouant à des jeux vidéos. Ni de toutes les relations interpersonnelles qui se créent et se développent en jouant à des jeux vidéos: en ligne, c'est le monde entier où se faire des copains. Ce sera pour une (ou des dizaines de) prochaine fois !

En attendant, allez voir ça, le dernier-né de notre Super Oli. Il écrivait déjà en anglais son journal sur Deviant Art, mais là, il s'agit de son premier blog en anglais.
(Ajout: janvier 2014: Ce blog n'est pas en ligne présentement.)

Edith

P.S. Mais où est-ce qu'il a bien pu apprendre l'anglais, lui qui n'est pas allé à l'école ? 
Mystère ! 
Que Nintendo (et quelques parents incrédules) aimerait peut-être résoudre... hi hi hi !

mardi 21 février 2012

Vous n'avez pas besoin de briser vos vieilles habitudes

Vous n'avez pas besoin de briser vos mauvaises habitudes
Traduction: Les Éditions JOSE

par Édith - 8 janvier 2012
Laissez les vieilles habitudes se faner. N'essayez pas de les corriger. Pensez à faire de meilleurs choix afin que ce que vous aviez l'habitude de faire et l'habitude de penser soit mis dans la catégorie des « choix que vous ne considérez plus maintenant. »
~Sandra Dodd


--
Tout simple !
Observer, voir qu'il y a d'autres possibilités, faire un choix. 
Plutôt que cette étrange idée, pourtant répandue, que pour faire un quelconque changement, pour 'briser une habitude', il faut faire l'effort constant de ne plus faire cette action. 
Voir les autres choix possibles, faire un choix.
Edith

vendredi 17 février 2012

Être ou ne pas être en dehors du sujet

Oli et moi - Abbaye St-Benoît-du-Lac
6 juin 2010
Jeudi, 16 février 2012
Je viens de discuter avec Olivier de mes projets pour les mois qui viennent et de ces ateliers que nous voulons offrir. À un moment, il me demande d'arrêter de parler car je suis à côté du sujet, selon lui. J'ai dépassé le sujet, semble-t-il, et il a quelque chose d'important à dire avant qu'on passe à autre chose. Je sais qu'il doit avoir raison, par expérience car c'est arrivé souvent par le passé, alors j'écoute.

Comme je lui dis ensuite, ça m'arrive souvent de me faire dire ça, particulièrement sur la liste de discussion d'un groupe d'école maison de notre région depuis un moment... Bon, en réalité, on ne me dit pas que je suis hors-sujet mais plutôt on essaie de dire, sans vraiment le dire, que ce que j'exprime n'est pas ce qu'on "attend", et puis, en fait, qu'on ne veut pas de discussion.

« Pas de discussion possible », j'ai déjà entendu ça quelque part, moi...

Comme ce midi, je me sens incomprise et j'essaie de comprendre pourquoi on veut me faire taire lorsque je veux émettre quelque chose sur le sujet en cours - pourtant, il s'agit bien du même sujet puisque mon cerveau a fait le lien entre la discussion en cours et un événement que j'ai vécu, alors pourquoi ? Je confie cela à Olivier. Je lui dis qu'il m'arrive d'être très à l'aise avec un sujet, et de vouloir partager afin de mettre les mots justes, apporter des informations importantes sur un sujet méconnu et souvent incompris mais que d'autres, souvent, croient que ce n'est pas le même sujet... Il me répond de ne pas confondre.

Il y a ce moment où je veux témoigner de quelque chose que j'ai vécu (en lien avec le sujet) mais qu'il n'a pas besoin d'entendre, lui, puisqu'il vit avec moi, et qu'il le sait très bien, il sait exactement ce que je vais dire.

Et il y a ce moment, ça arrive souvent, où les gens veulent qu'on se taise, ou mieux qu'on n'ait pas commencé à parler, qu'on n'exprime pas ce qu'on a vécu sur un sujet car ils ne voulaient déjà pas en entendre parler pour vrai, au fond. Ils ne voulaient pas savoir, ne veulent pas entendre, voulaient juste recevoir l'approbation sur ce qu'ils vivent ou désirent vivre. Entendre des témoignages, oui, si et seulement si ça les réconforte dans leur position, si ça les réconcilie avec leur idée déjà faite.

Bien sûr, entendre un avis, un témoignage, voir un autre point de vue bâti sur du vrai et du vécu, ça peut indisposer qui ne voulait que voir son reflet dans l'eau de son environnement. Difficile parfois la communication, car l'inconfort rôde quand on touche, parfois sans l'avoir prévu, des blessures passées mais pas encore cicatrisées. Presque toujours, c'est relié au fait qu'on a besoin d'un groupe et qu'on veut y être 'bien vu', en somme accepté et aimé. Et quand un mot, une impression, touche à 'ça', l'émotion du passée revient. Pour être vécue, reconnue, exprimée. Et quand on ne connaît pas ce mécanisme du cerveau, on souffre et on croit que pour faire cesser la souffrance, l'émotion, il faut couper la communication ou l'action en cours... et faire comme si tout allait bien ?
Difficile... je sais, je l'ai vécu aussi, je le vis encore parfois. Les recherches des psychiatres américaine Francine Shapiro, et allemande Alice Miller, m'ont beaucoup éclairé sur ces souffrances.

Il m'arrive, uniquement dans le but de protéger les droits des enfants à être qui ils sont (parce que le déni de notre culture envers eux est si puissant et omniprésent), de témoigner et d'apporter de l'information aux parents qui le demandent. Et parfois, il semble, après coup, que certains préféreraient que je ne l'aie pas fait. En personne, je sens maintenant très bien ce "moment" où l'autre ne veut pas savoir, parce qu'il est envahi d'émotions. Mais à l'écrit, surtout si je lis des faussetés, j'apporte des précisions, des clarifications. Car je pense que celui qui cherche, qui se questionne, n'a pas envie d'être maintenu dans des préjugés et des croyances. S'il en parle, c'est qu'il est en recherche active d'une meilleure compréhension pour vivre mieux et être dans le bien-être, poser les actions qui le conduiront dans la direction choisie, non ? Sinon, pourquoi en parler ?

Moi, quand je veux être certaine qu'on va m'approuver, je sais que je peux me regarder dans un miroir. Quand c'est moi qui fait un pas, quand je vais vers l'autre pour discuter d'un sujet, je veux entendre l'autre. Je ne veux pas qu'on me dise ce que je pense déjà puisque ça, je le sais déjà. Je m'attends à ce que les autres me fassent penser à ce que je n'aurais peut-être pas pensé. Qu'ils m'apportent des données justes, et des arguments solides. De mon côté, je cherche à fond, je collige les informations de plusieurs sources différentes et je les compare, puis, si tout ce que j'ai trouvé sur le sujet me semble insuffisant ou parfois dans le but de m'assurer que mes résultats de recherche et d'observation ne sont pas insuffisants, imparfaits, voire erronés, il arrive que je pose ensuite la question dans mon entourage ou sur différents réseaux de discussion liés au sujet. Parfois, ça amène un peu d'eau au moulin de mon sujet de recherche, parfois sur autre chose et alors, je conserve les données pour d'autres applications. D'autres fois, c'est le désenchantement total de voir que personne ne semble avoir d'information sur le sujet. Le plus difficile est sûrement quand l'autre n'est pas au courant et qu'une fois le sujet de conversation engagé, l'émotion traverse la barrière du passé... comme ça, live !

Nos fils ont vécu ça à de nombreuses reprises. Ils sont à fond dans quelque chose et trouvent tout plein d'infos puis à un moment, ils ont envie de comparer leurs déductions avec d'autres et, pour ce faire, quoi de mieux que le contact humain. Trouver des gens qui cherchent à fond eux aussi. Mais peu de jeunes en ont le temps, la liberté, la possibilité. Peut-être d'autres personnes, familles, vivent-elles ce phénomène ? Si oui, dites-nous, on partagera. :-) En attendant, vive l'internet pour les réseaux sociaux !

Donc, cette conversation avec mon fils, tantôt, a eu un effet important sur moi qui commençais à craindre que mon cerveau, mes neurones soient si abîmées qu'elles ne traitent plus l'information comme celles des cerveaux des autres humains. ;-) En réalité, je ne craignais pas pour vrai, mais j'étais dans un état (émotionnel) tel que je me questionnais au cas où... Après avoir passé trente années de ma vie à croire que tout le monde avait toujours raison sauf moi, c'est un réflexe qui n'est pas complètement éteint. Triste vérité, peut-être. Mais, j'en témoigne au cas où ça apporte quelque chose à d'autres. De cette certitude imposée que j'avais toujours tort, résignée, soumise, j'ai accepté, à contre-coeur, la mort dans l'âme à un exposant indicible, d'obéir et de faire comme les autres me disaient de faire.

École obligatoire (c'est la loi et puis, faut bien apprendre, hein !), devoirs et leçons (pas le choix, si la maîtresse le dit, c'est important !), manger de la viande (pour les protéines (!) et puis, y'en a qu'y ont rien à manger, hein !), inscription au cégep (même plus de question, ici), en administration (tu vas avoir un bon métier), trouver un stage (sinon pas de diplôme), accepter un emploi salarié (comment même penser autrement ?), accouchement à l'hôpital (moi qui étais si bien dans notre appart', sur le sofa, dans notre salon, mais faut pas "c'est dangereux" !), drogue (vous êtes trop nerveuse, faut vous calmer !), épidurale (vous avez trop de douleurs, ça va vous aider), épisiotomie (les épaules passent pas, faut couper !), donner le biberon (la nouvelle maman doit dormir la nuit, faque l'infirmière donne le biberon en cachette alors que je veux allaiter !), mettre le bébé en garderie (le congé payé de 6 mois achève, et ça coûte cher vivre), reprendre le boulot (sinon tu vas t'ennuyer à la maison, seule avec un bébé, voyons, toi qui a toujours travaillé), le mettre à l'école (c'est la loi...
tiens, on ferme même plus la parenthèse là, ça tourne en rond...
On recommence pas la même chose là ?
C'est quoi cette histoire qui tourne en rond ?
Ce cercle vicieux ?
Bon Dieu, Sainte Mère, Tabarouette (prenez ce qui vous convient le mieux) suis-je seule à le voir ? Et à vouloir en sortir... ?

Ouf ! J'étais partie moi là, hein !

Ouais, j'étais partie... mais où donc ?

J'sais pas mais j'étais pas chez moi en tout cas. J'étais juste plus là. Absente. Comme dans « la personne que vous désirez joindre n'est pas disponible en ce moment, veuillez rappeler un peu plus tard ».

Je n'étais pas dans MA vie, tout ce temps. Non-disponible. Pour cause d'obligatoire !

Ainsi, j'ai un peu dévié du sujet. Quoique pas vraiment, puisque c'est lié. Voilà, c'est lié, je ne suis pas hors sujet. Et puis si je l'étais un peu pour certains, c'est juste qu'ils n'auraient pas suivi (je les comprendrais à moins), ou pas réalisé encore à quel point tout est lié.

Olivier sort de la douche, je lui demande s'il veut que je lui partage ce que je suis en train d'écrire et il me demande si c'est obligé. :-D Je réponds que non, bien sûr. Et nous y voilà ! On revient au sujet. J'ai envie de m'exprimer, de partager ce que je vis, j'écris, il a autre chose en tête et préfère ne pas l'entendre en ce moment pour ne pas interférer dans ses pensées. Parce que j'ai suivi le fil de mes pensées, que j'ai pris le temps de les écrire, et parce que je sais très bien qu'il n'a rien demandé, je ne lui raconte pas. On y reviendra peut-être, s'il le demande. Sinon, pas de problème, il fait sa vie. Je fais la mienne. On se comprend. On s'aime. Peut-on faire comme ça avec chacun ?

PAUSE

Balade avec Jé dans la blancheur de l'hiver québécois, debout pour monter dans le boisé, assis pour en redescendre les pentes enneigés en riant !

RETOUR

J'ai encore des choses à dire, des précisions à apporter sur ce sujet, mais je veux faire autre chose de ma journée. Ce qui me turlupine le plus sur ce sujet, comme sur tous les autres, c'est Nelson Mandela qui m'en fournit les mots, par le biais d'une amie. Là où le bât blesse tout le monde, c'est qu'à refuser de voir la réalité parfois, lors de ces moments où l'émotion passe la barrière du passé et qu'on choisit de les réprimer plutôt que de les reconnaître et les vivre, on s'emmure plutôt que de se libérer.


Édith

P.S. À mes parents que j'aime de tout mon coeur, ce que j'exprime ici n'est en aucune façon un jugement de ce que vous avez vécu comme parents. Je le dis au cas où une émotion viendrait. ;-) Je ne juge pas. Je sais que les parents vivent des temps très durs dans cette culture où la vie humaine n'est pas respectée. Je le sais, je suis un parent. Et nous avons tous vécu des moments très durs étant enfant. Nous sommes tous des enfants, ne l'oublions pas.
Comme me l'écrivait Léandre Bergeron en autographiant son livre en avril 2002 : À Édith, pour la libération de nos enfants et la nôtre de ce fait même.

jeudi 16 février 2012

Ouvrir le monde


Traduction: J'OSE la vie !
Version originale: Open the world up

sentier de neige- fév. 2012 (J'OSE la vie!)
« Le unschooling est un mode de vie complet, pas une méthode. Cela peut sembler être une dispute, mais ça se situe au cœur des raisons pour lesquelles le unschooling est différent d'autres méthodes d'école maison.

L'école maison a une destination particulière que les parents veulent que les enfants atteignent. La destination dépend de la méthode et des parents. (Une destination typique est la préparation pour le collège.)



Le unschooling est d'aider les enfants à être qui ils sont et à devenir qui ils deviendront. La destination est partout où les enfants arrivent. Elle n'est pas prédéterminée par les parents. Notre travail consiste à soutenir qui ils sont et de leur ouvrir le monde afin qu'ils aient les possibilités d'élargir leurs intérêts. » ~Joyce Fetteroll

Extrait de la page No right or wrong way to unschool, sur le site Joyfully Rejoycing.

dimanche 12 février 2012

La Troisième Guerre Mondiale

Je prend l'entière responsabilité pour la publication de tout ce qui suit. J'en appelle au courage de vous tous qui pouvez agir pour mettre fin à cette persécution qui, comme pour les Juifs lors de la seconde guerre mondiale, cause à tous les jours des souffrances immondes à des peuples dits "inférieurs".


"Amen", un film qui inspire à dénoncer l'horrible vérité

J'en appelle au courage d'oser regarder ce qui suit, et ce jusqu'au bout :

                  

J'aimerais pouvoir dire que ce n'est pas si pire que ça. J'aimerais pouvoir dire que c'est faux. Mais je ne suis pas un négationniste. Et il faut que le monde soit au courant des crimes perpétuels auxquels ils participent sans le savoir.


Olivier

vendredi 10 février 2012

Je vis donc j’apprends – Une vie unschooling

Traduction : Claire Rakotonimaro pour Apprendre en liberté


photo: http://sandradodd.com/pamsorooshian
« Le unschooling est à la fois facile et difficile à décrire. Le moyen facile est de dire que unschooling signifie “pas d’école”, mais il est beaucoup plus difficile d’expliquer ce que nous faisons en lieu et place de l’école.

Unschooling signifie ne pas dépendre des méthodes scolaires. C’est à dire pas de plans de leçon, pas de programme, pas de devoirs, pas de quiz ou tests, pas besoin de mémoriser, et pas de notes. Le parent ne devient pas l’enseignant de l’enfant. On ne recrée pas une école miniature à la maison.

Au lieu de cela, les unschoolers mettent l’accent sur une vie riche et stimulante, une vie ensemble. C’est tout. Vraiment.  Nous ne faisons pas «l’école», au contraire, nous nous concentrons sur une vie remplie d’opportunités, de possibilités et d’expériences. Les enfants humains sont nés apprenants. Littéralement. L’objectif du unschooling est de préserver cet amour de l’apprentissage et cette intense curiosité pendant que les enfants grandissent.
Comment faisons-nous cela? Dans la pratique, c’est très différent d’une famille unschooling à une autre. “Nous suivons nos intérêts”, est l’hymne de l’unschooler. Et, les intérêts de chaque famille permettent tous les types d’apprentissage: histoire, mathématiques, écriture, musique, lecture, sciences, et toutes les choses de la vie réelle qui sont utiles et intéressantes. Mais nous ne les considérons pas comme des « matières ». Nous les considérerons simplement comme des choses intéressantes, amusantes, fascinantes… quelque chose que nous avons envie de découvrir plus avant… ou pas. Une chose en entraîne une autre et la vie suit son cours et les enfants apprennent et les parents apprennent et la vie est pleine de possibilités partout où nous regardons.
Il est naturel pour les gens d’apprendre, chacun à sa manière. Il est naturel pour les enfants de vouloir comprendre le monde autour d’eux. Ils souhaitent rejoindre le monde des adultes et devenir eux-mêmes des adultes compétents et capables. Ils se démènent pour cela, de la façon qui leur est propre et naturelle. Les parents unschooling travaillent à créer un environnement familial qui soutien le désir naturel de l’enfant d’apprendre et de grandir.
Chaque enfant est unique. Il fait l’expérience du monde d’une manière qui lui est propre et s’exprime d’une manière différente de toute autre personne. Il n’existe aucun programme dans le monde qui soit conçu spécifiquement et dynamiquement pour un enfant en particulier, mais pourtant le mode de vie unschooling peut fournir une expérience d’apprentissage 100% individualisée. Les unschoolers n’apprendront peut être pas exactement ce que les professionnels de l’éducation et les éditeurs de manuels pensent qu’ils devraient faire - en ce sens, ils ont des lacunes dans leur apprentissage. Mais ils vont aussi apprendre des tas de choses qui ne sont pas incluses dans la listes des “apprentissages standards.” Ce qu’il est important pour une personne d’apprendre n’est pas nécessairement important pour une autre et nous n’avons pas vraiment de moyen de prédire ce qu’il sera important de savoir dans l’avenir. Par contre, nous savons que l’apprentissage forcé ou contraint n’est pas durable et que ce qu’on “enseigne” aux enfants ne sera “appris”  de manière durable que si c’est une chose qui les intéresse.
Les unschoolers gardent également à l’esprit que le calendrier des apprentissages s’étale en réalité sur toute la vie. Nous ne nous inquiétons pas de savoir si un enfant est “au niveau” parce que nous savons que les enfants apprennent tout le temps et qu’ils finiront par apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir pour les raisons qui sont les leurs. Nous ne nous inquiétons pas de savoir s’ils vont manquer quelque chose d’important, parce que, si c'est important, ils vont s’en rendre compte d’eux même et trouver une façon de l’apprendre.
Un slogan unschooling dit que “vivre c’est apprendre, apprendre c’est vivre”. Les unschoolers ne pensent pas que il y a des moments pour apprendre et des moments où l’on n'apprend pas. Ils ne divisent pas la vie en temps scolaire ou  heures de cours par opposition à du temps de jeu ou temps de loisir. Il n’y a pas de temps extra-scolaire pour un unschooler, chaque minute de chaque jour est un temps d’apprentissage et il n’y a pas de temps distinct consacré à l’éducation.
Est-ce que le unschooling est fait pour tout le monde? Ma réponse est : « Cela dépend ». 
Je pense que TOUS les enfants peuvent apprendre, grandir et s’épanouir en tant que unschoolers. Mais, je pense aussi qu’il faut une envie intense et beaucoup d’enthousiasme pour la vie de la part du parent unschooling. Etre un parent unschooling est un travail acharné. Par exemple, ils doivent développer un niveau très élevé de sensibilité à leurs enfants pour savoir quoi offrir, quand soutenir, quand s’effacer, comment l’enfant souhaite s’occuper, quel besoin de solitude il a, quand il a besoin d’un coup de pouce ou d’un peu d'encouragements, quand s’impliquer davantage, et ainsi de suite… ET les parents doivent être en mesure d’avoir toujours en tête les centres d’intérêt de leurs enfants, en pensant toujours à ce qui les intéresse, ce qui peut créer une rencontre entre le monde et cet enfant-là de manière à ce que ça “clique”. Et il faut beaucoup de confiance que l’enfant va apprendre sans pression extérieure.
Nous pourrions suivre un curriculum – je pourrais organiser quelques heures par jour de “travail scolaire”, en insistant pour que mes enfants s’y soumettent. Mais j’ai lu tout ce que je pouvais trouver sur l’apprentissage et j’ai 30 ans d’expérience en enseignement et je sais, tout au fond de moi, que toute contrainte dans l’apprentissage crée soit une résistance, soit la passivité ou l’apathie, et je ne souhaite aucune de ces choses là pour mes enfants. Apprendre est une chose agréable – ça peut être difficile – mais c’est également agréable. La contrainte est désagréable et apprendre sous la contrainte c’est désagréable, quelque soit nos efforts pour rendre cela intéressant. Les enfants qui n’ont connu que le plaisir d’apprendre sans contrainte font montre d’une incroyable créativité, de confiance, d’intensité, de concentration, de persévérance, de connaissance de soi, et d’un fort sentiment d’être responsable d’eux mêmes.
Liquid-heART (J'OSE la vie !)
Tous les parents ne souhaitent pas que leurs enfants grandissent avec de la volonté et un esprit véritablement indépendant. Et, il est pertinent de se souvenir de “faire attention à ce que vous souhaitez”. Si ce que nous voulons, c’est surtout que nos enfants nous respectent et qu’ils adoptent nos croyances et nos objectifs, le unschooling n’est peut-être pas pour nous. Beaucoup de parents ont une définition générale de «succès» dans leur propre tête, et ce qu’ils veulent pour leurs enfants c’est qu’ils atteignent leur version du succès. Beaucoup veulent que leurs enfants soient une preuve vivante qu’ils ont été de bons parents, ils peuvent même être particulièrement intéressés par les résultats qui impressionneront leurs amis, parents et connaissances. Encore une fois, le unschooling n’est probablement pas le meilleur choix dans ces circonstances là.

Les unschoolers ont aussi des objectifs, qui guident nos interactions avec nos enfants au quotidien. Nous voulons que nos enfants découvrent leurs propres passions et qu’ils y sautent à pieds joints, en ayant confiance en la vie et en eux-mêmes. Nous voulons que nos enfants sachent, au plus profond d'eux-mêmes, qu’ils sont forts et capables et peuvent faire leurs propres choix individuels. Nous voulons qu’ils soient des libres penseurs autonomes, quitte à s’opposer à la culture dominante ET également à la contre-culture. Nous voulons qu'ils soient capables de penser par eux-mêmes et de faire ce qu’ils estiment être juste et bon et digne de mérite.

Mais par dessus tout, nous voulons des enfants heureux d’être en vie, aujourd’hui et demain. »

Pour la traduction originale, c'est ici. Gros merci à Claire de nous permettre de partager ce texte de Pam Sorooshian. Edith