dimanche 27 janvier 2013

Votre p'tit chien, madame

Samedi dernier, on est allés glisser dans la montagne, Jérôme, Stéphane, un copain de Jérôme, un copain du copain, et moi. On s'est bien amusés sur la pente recouverte de nouvelle neige. Le temps était doux, des conditions idéales!

Voici une aventure qui m'est arrivée cet après-midi-là et que j'ai envie de partager ici, vous comprendrez pourquoi. 

la petite chienne ressemblait à ce Schnauzer
Nous avons tous fait une première descente. Puis, à ma seconde descente, à vive allure, je vois une famille sur ma gauche: deux adultes, quatre enfants. Et une petite chienne toute blanche qui se rue vers moi en aboyant. Je ne peux m'arrêter à cette allure, je crie «attention», elle passe sur ma droite, me mords au bras, je sens le mordillement sur ma manche mais elle finit par lâcher prise. Tout se passe très vite, j'ai juste le temps de penser «ouf, ses dents n'ont pas traversé l'épaisseur de mon manteau»... que je l'entends aboyer en me suivant dans sa course folle. Je me demande comment elle fait d'ailleurs, ça va vraiment très très vite. Bien décidée, ou plutôt paniquée, elle aboie en courant puis elle saute sur ma gauche, et m'attrape le mollet. Ouch! Enfin, elle a du s'arrêter, je ne l'entends plus, je file toujours, je sens la morsure, mais je n'ai pas le temps de penser, je dois regarder où je vais m'arrêter. 

Passablement surprise par cette mésaventure - les chiens que nous rencontrons par ici sont calmes d'habitude - je me demande s'il est possible qu'elle ait vraiment réussi à me mordre à travers l'épaisseur de mon pantalon d'habit de neige plus celle du pantalon de velours côtelé que je porte dessous. 

notre pente à glisser, dans la montagne
Je remonte la pente, la mère de la famille s'empresse de me dire qu'ils ont remis la chienne en laisse. Elle s'excuse. Une petite fille n'en finit plus de demander si je vais bien et de s'excuser. Elle est toute énervée, la pauvre, on voit qu'elle se sent coupable. Je tente de la rassurer. Je raconte aux adultes que leur chienne m'a mordue deux fois, mais que la première n'a pas traversé ma manche. Je dis qu'elle semble avoir très peur des gens qui descendent, peut-être de la vitesse. J'ajoute dis peut-être il serait une idée de la garder tout près d'eux, dans leurs bras au besoin, pour la rassurer. La dame se lève, me tourne le dos et s'en va marcher un peu plus haut, après avoir pointé sa petite fille en disant que c'est elle qui ne l'a pas attachée. ... Je sens l'émotion, là. Le papa ne dit rien. La maman doit se sentir coupable, elle remet ça à l'enfant. Je suis perplexe. Je connais ce genre de situations, j'en ai déjà vues comme tout le monde. Quand le parent se sent coupable, il ne prend plus ses responsabilités. (Je sais, ça m'est arrivé parfois.) Nous en avons souvent parlé sur notre liste de discussion: quand vient l'émotion, on peut la vivre* plutôt que de la réprimer comme on nous a toujours montré à le faire (ah! l'éducation!). Une fois vécue, l'émotion n'est plus, et alors on peut regarder la réalité en face, les faits, et assumer nos responsabilités, parentales en l’occurrence, ici. Le sentiment de culpabilité n'est plus. 

Retournons à la montagne: je n'ai pas envie que quelqu'un se sente coupable, ni enfant, ni adulte. Je ne veux pas que des adultes fassent peser sur une enfant le poids de la responsabilité de l'acte de la petite chienne. L'enfant me suit sur quelques pas, s'excuse encore et encore. Je lui dis que je sais que ce n'est pas sa faute, que la petite chienne a sûrement eu très peur, que les chiens ne mordent pas pour 'rien'. Je préférerais parler avec les parents mais la mère en a assez pour le moment, à ce que je vois. Le père reste coi. Chacun sa façon de vivre l'émotion. Je sais, je comprends.

Je rejoins les gars en haut de la pente et je raconte. Je prends le temps de vérifier ma jambe, j'ai une bonne morsure, effectivement. On voit bien les traces de toutes les petites dents, en forme de sourire sur ma jambe, une bonne ecchymose aussi. Ça chauffe. Je regarde plus bas sur la pente, la dame a rejoint sa famille. La morsure est plus importante que je ne le croyais, quoique pas bien grave quand même hein. Je sens comme une brûlure, je ne connais pas ces gens, je ne connais pas l'état de santé de leur chienne, alors je retourne les voir, leur montrer la morsure aussi. Par prudence, et parce que je veux voir si l'enfant se sent toujours coupable, et aider à désamorcer la situation si c'est le cas. 

Je cherche une approche en douceur, des mots qui vont d'emblée rassurer sur mes intentions. Je sais bien qu'on se sent mal quand on se sent coupable. C'est l'éducation qui nous a fait ça. Je connais bien. On se fait accuser, on se sent 'coupable' et alors, on s'éteint, on s'écrase, on fuit, ou ... on cherche un autre coupable. Je vois la dame durcir son visage en me voyant approcher. Stéphane est avec moi, il m'accompagne par sympathie et comme témoin, au besoin. 

Je dis à la dame de ne pas avoir peur, que je ne mords pas, moi. L'humour aide, généralement. Je souris. Elle ne sourit pas. Bon. Je répète de ne pas s'inquiéter, je n'accuse personne. Je veux juste parler un moment et prendre leurs coordonnées au cas où. Je montre ma jambe. La dame est surprise, autant que je l'ai été. L'homme qui l'accompagne me regarde tout au long de la conversation. Il ne parle pas, il écoute. Je dis qu'il semble que la chienne ait très peur dans cette situation; elle tremble encore, ses petites oreilles pointues tremblent. La dame dit qu'elle ne comprend pas, qu'elle n'a jamais fait ça, que c'est la première fois. Je la crois sur parole. Je dis qu'elle n'est pas bien, qu'il ne faut pas disputer mais plutôt la rassurer, en prendre grand soin. Et peut-être même, si c'est possible, de penser à la confier à quelqu'un de confiance la prochaine fois qu'ils viennent glisser. La dame se détend un peu, me dit que c'est peut-être parce qu'elle est en chaleur qu'elle agit comme ça. Elle dit que même à la maison, ces jours-ci, elle n'est pas comme d'habitude. Elle est moins enjouée, entre autres. Oui, bien sûr, que je réponds. Si elle est en chaleur, un cocktail d'hormones (je pense à Michel Odent) l'amènent à un comportement d'une mammifère prête à accueillir une vie, je suppose. Elle pourrait avoir agi par instinct de protection. De toute façon, je répète que j'aime les animaux et je pense les connaître suffisamment pour savoir qu'elle ne m'a pas mordu par malice. La chienne me regarde de ses grands yeux, je lui fais une caresse. Je lui souris. La dame me donne ses coordonnées, que je note dans ma tête. Je dis que je crois que tout ira bien. Et si ça peut la rassurer, je téléphonerai dans quelques jours. 
(Je ne l'ai pas fait, finalement, au cas où ça ne fasse que raviver ce souvenir que, peut-être, elle préfère oublier. La sensation de brûlure aura duré 4 jours, le 5è jour, une démangeaison m'indique que la guérison achève.)

Je rejoins les gars. 
Le copain de Jérôme me raconte que la petite chienne a aussi essayé de le mordre lors de sa descente précédente, quelques minutes avant moi. Il dit qu'il a vu la 'grande' fille de la famille passer sur la chienne avec son traîneau en glissant, devant lui. Du coup, probablement plutôt secouée, elle s'est mise à aboyer et a tenté de le mordre, lui, qui était le suivant sur la piste.

Voilà! On comprend de mieux en mieux, là. Pauvre petite. En tout cas, une chose est sûre, je suis plutôt contente que ce soit moi que la chienne ait mordue. Je pense que j'aurais été beaucoup plus mal à l'aise si elle avait mordu un des jeunes...

Et ça nous a donné un sujet de conversation pour une bonne partie de l'après-midi. Les garçons en parlaient, donnaient leur avis, cherchant comment les gens de cette famille pourraient agir avec leur chienne, respecter ses besoins. Ils étaient tous surpris qu'un adulte tente de se démettre de sa responsabilité sur une enfant. Une petite fille ne peut pas adopter un animal toute seule. Elle ne peut pas prendre les décisions ni les assumer toute seule.

Plus tard, on a repris la conversation avec Jérôme qui ressentait encore un certain malaise. Il n'aime pas du tout savoir qu'un chien puisse mordre ainsi. C'est vrai que ce n'est pas rassurant à prime abord. Alors, on a revu les événements, les faits, tenté d'expliquer ce comportement. Un chien ne réfléchit pas, il agit par instinct et son instinct ne le trompe pas. S'il mord, c'est que ça ne va pas.  S'il se protège ou protège quelqu'un d'autre, c'est qu'il flaire un danger. C'est naturel. C'est dans sa nature. Et alors, aux gens - aux adultes - qui adoptent un animal d'en prendre grand soin et de ne pas le mettre dans une situation difficile. Comme avec un enfant. On y voit une analogie avec l'attachment parenting. Sur le chemin du retour, le petit Charles, lui, a fait une autre analogie (peut-être parce que ses parents sont divorcés?): «adopter un animal, c'est un peu comme se marier, c'est un engagement à vie», a-t-il déclaré.
  
En fin de soirée, la brûlure est moins intense, l'enflure a diminuée, reste les traces des petites dents - de la mâchoire du bas je pense -  et l'ecchymose, le sang qui est resté sous la peau. 

Quand Stéphane est rentré de souper avec un copain, il a pris des nouvelles. Et tout à coup, j'ai entendu une chanson dans ma tête. Avant qu'il ne s'endorme, je lui ai fait entendre les premières paroles. Que voici:

Edith 

vendredi 25 janvier 2013

Ma vie en tant que végétarien - par Paul McCartney

Aujourd'hui, en dînant au soleil dans la cuisine, nous avons lu un article de Paul McCartney sur le site web du Huffington Post.

My Life as a Vegetarian - Supporting Linda's Legacy

Ma vie en tant que végétarien - Supporter le legs de Linda  

en voici un bref extrait, traduction libre:

« Ayant grandi à Liverpool, j'aurais pensé d'un végétarien qu'il était une mauviette. Nous pouvions être bourrés de préjugés parfois, mais je ne suis pas sûr que les gens pensent automatiquement comme ça de nos jours. Je suis végétarien depuis longtemps maintenant et au fil des années, j'ai vu comme les attitudes ont changé partout dans le monde, alors je ne suis pas surpris quand je vois que de nouvelles recherches indiquent que de plus en plus de gens adoptent une 'alimentation sans viande'. Il y a 20 ans, il pouvait être parfois difficile de trouver des options végétariennes dans de bons restaurants. Maintenant, c'est bon de voir de plus en plus de choix avec quelques plats créatifs et brillants dans les restaurants, cafés et supermarchés. Aujourd'hui, il y a définitivement une plus grande acceptation face au fait d'être végétarien. »
Linda et Paul
http://perfect-music-taste.tumblr.com/

Voilà une autre raison pour laquelle j'aime tant Paul McCartney! ♥

Sa musique, la meilleure à mes oreilles; ses mots, les paroles de ses chansons, viennent du cœur, de l'âme et, du coup, touchent le cœur et l'âme.
L'amour n'est pas seulement pour les humains.
Merci Paul, merci Linda! Chaque fois que je vous vois, vous lis, vous entends, je me sens moins seule, et je peux mieux accompagner nos fils à poser les actions qui leur tiennent à cœur pour aider à changer le monde... pour la VIE!©  

Si vous lisez l'anglais, cliquez sur le titre original de l'article, ci-dessus. 

(Nous espérons pouvoir le traduire en français sous peu.)

Voici la vidéo de lancement de la publicité qui sera télédiffusée en février et mars prochain. 


  
Puisque le sujet est le même, l'amour, la vie, je vous rappelle que si vous désirez poser un geste symbolique pour aider à mettre fin à cette cruauté ignoble faite aux animaux d'élevage industriel, nous vous invitons à signer cette pétition: 

Ensemble, « changeons le monde,... pour la vie! » ©

Edith

samedi 19 janvier 2013

Jeux vidéo, vous avez dit jeux vidéo ?



Jérôme collectionne toutes sortes d'objets et figurines Nintendo. Il adore en faire des installations-musée. 

Quand j'ai vu cette vidéo, j'ai fait : Waaaa! 
Il a accouru et s'est exclamé: ça fait envie, hein !!!


Je dis ça comme ça, juste au cas, si par hasard quelqu'un voulait lui faire un cadeau un de ces jours... ;-)

Edith

Vie et apprentissage sont intextricablement liés

Traduction de Learning and Living : J'OSE la vie !
« Les unschoolers vivent le paradigme de l'apprentissage tout au long de la vie. Au lieu d'envisager l'enfance pour apprendre et l'âge adulte pour vivre, ils voient que vie et apprentissage sont inextricablement et magnifiquement liés. » ~ Pam Laricchia
journaljose.blogspot.com
Journal J'OSE, No. 21, page 37- avril 2008

vendredi 18 janvier 2013

La nouvelle du jour !

C'est Pam Sorooshian qui l'annonce sur sa page facebook. 
Et quelle bonne nouvelle!

"Roya is now available as a therapist. Homeschoolers - this is a therapist who will NOT blame homeschooling." ~ Pam Sorooshian


Traduction libre :
« Roya est maintenant disponible comme thérapeute. Familles nonsco - voici une thérapeute qui NE blâmera pas l'école maison » ~ Pam Sorooshian

 
Pour la connaître un peu mieux, l'inviter à une conférence-atelier, prendre rendez-vous, visitez son site web:
Roya Dedeaux, cr.photo: royadedeaux.com

Je sais, c'est en anglais, et un peu loin pour les Québécois, mais bon, c'est une si bonne nouvelle, et si inspirant !


Et puis, tiens, j'en profite pour vous annoncer aussi que sa maman, la très connue dans le milieu du unschooling aux États-Unis, Pam Sorooshian, modératrice de la célèbre liste Always Learning (propriété de Sandra Dodd) sera parmi les conférenciers invités à la Northeast Unschooling Conference en août prochain. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, j'en ai parlé ici.



Je pense bien que je vais y aller à nouveau cette année, moi. 



Et vous ?



Edith


lundi 14 janvier 2013

Plus gentille et plus douce

Kinder and gentler
Traduction : J'OSE la vie !
 

« Il n'est jamais trop tard pour être plus gentille, plus douce et plus respectueuse. Il n'est jamais trop tard pour être une meilleure maman.  Mais le plus tôt est TOUJOURS le mieux.» ~Kelly Lovejoy

 




vendredi 11 janvier 2013

Comptez jusqu'à un - ne pas tester, mesurer, comparer

Count to on, par Sandra Dodd
Traduction : J'OSE la vie !


« Parce que le résultat d'un test n'est jamais ignoré, que les tests affectent la relation entre le parent et l'enfant, les unschoolers sont nombreux à vouloir préserver le cheminement de leur enfant jusqu'à l'âge adulte, entier, sans mesure, ni comparaison. 

Cela peut sembler étrange vu de l'extérieur, mais les désavantages des tests sont bien réels. » ~Sandra Dodd

jeudi 3 janvier 2013

La dignité des faibles

« Rappelez-vous toujours de ça : les grands chefs n'ont qu'un point commun, ils ne se battent que pour la dignité des faibles. »  Le Roi Arthur (Alexandre Astier) à Lancelot, Kaamelott, Livre VI, dernier épisode.
La semaine dernière, nous avons terminé le visionnement de la série Kaamelott. Je partage ici ces mots du Roi Arthur car ils se reflètent dans plusieurs de nos choix de vie. (Et non pas parce que nous aurions eu l'idée de nous prendre pour des chefs, petits ou grands. ;-))
Lorsque nos enfants étaient petits, nous les avons respectés de plus en plus à mesure que nous sommes devenus plus attentifs à eux qu'à qui ou quoi que ce soit d'autre. Respect pour leur rythme, leurs besoins, leurs enthousiasmes, leurs choix. 
Nous avons réalisé qu'ils avaient cet élan naturel pour respecter les autres: les autres enfants, les gens, les animaux aussi, les fleurs, les plantes, les arbres, bref, leur environnement. Ils sont tout naturellement emplis de respect pour la vie. En étant attentifs et connectés à eux, et à notre relation, nous avons retrouvé en nous ce respect. Celui qui nous fait nous émouvoir devant une fleur qui s'épanouit ou se ferme, un bourdon qui butine ou qu'on retrouve mort, une vache qui allaite son petit ou celle à qui on l'enlève. J'avais de moins en moins cette réaction de peur qui m'avait déjà portée à vouloir écraser une araignée ou cet agacement qui m'avait déjà conduit à tuer une mouche.
Nous voyons quelques pierres fondatrices à ce retour au respect et à l'élan inné que nous avons tous de protéger la dignité des faibles.
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Une habitude bien connue des voisins
Notre fils aîné, à deux ans, demandait souvent un minou. Je ne voulais pas trop adopter, j'étais allergique, et j'avais peur des chats. Mais, nous étions sensibles à son désir, et cherchions activement comment le combler. Un jour d'été, une jeune chatte est venue nous visiter. Dans notre petite cour arrière, ma sœur et moi avions rempli la pataugeoire pour nos enfants. Oli et sa cousine ont partagé leur crème glacée... Chouchoune s'est installée. Quelques jours avant de mettre ses 4 petits au monde, sur notre lit, alors que j'étais endormie. Quelle confiance elle m'accordait. Et quelle joie de la découvrir ainsi nettoyant amoureusement ses petits. C'est Stéphane qui m'a réveillée doucement, me chuchotant de ne pas bouger car les chatons naissants étaient sur mes pieds. Elle n'a laissé qu'une toute petite tache rosée sur le couvre-lit. Impeccable !

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Lamzou (N. Chabot)
En 2003, la marraine de Jé lui offrait d'adopter leur perruche car elle avait pris un emploi qui ne lui permettrait plus d'être disponible pour elle. Il était encore très jeune, l'idée lui souriait, nous avons accepté. Elle s'appelait Lamzou. 
Nos enfants ne leur ont jamais fait de mal. Jé est né dans un foyer où une chatte vivait déjà. Il a bien tenté de lui toucher les vibrisses à un moment, mais par curiosité, tout simplement. Ils ont été attentifs à leurs besoins. Ils posaient des questions sur leur alimentation, leur mode de vie, comparaient avec les animaux sauvages, observaient. Ils vivaient en harmonie avec elles. Lorsque, parfois, j'ai montré un peu d'impatience de me faire réveiller par des miaulements tôt le matin, il arrivait que l'un d'eux me rappelle qu'elle ne pouvait pas ouvrir la porte elle-même, et que c'était bien notre responsabilité de le faire puisque nous l'avions apprivoisée et que, du coup, elle ne vivait pas en totale liberté sa vie de chat dans la nature. C'était un fait.
Nos fils ont créé des liens avec elles de la même façon qu'ils en ont créé entre eux, avec nous, avec tous. Chouchoune et Lamzou étaient des membres de notre famille.
Quand il a été plus grand, Jé était si triste quand il a réalisé que notre amie oiseau passerait toute sa vie en cage. Il aurait aimé la libérer si elle avait pu survivre dans les bois québécois sans se faire aussitôt attraper par un prédateur, ou mourir de froid. Assumer une telle responsabilité n'était pas le rôle d'un enfant. C'était donc le nôtre. 
Choisir entre une vie en cage, avec le plus d'amour et les meilleurs soins possibles - nourriture, eau de source, moments de jeux et de partage ensemble - ou la mort prématurée quasi-assurée d'un animal né captif  hors de son environnement climatique naturel a été un choix difficile... un non-choix en fait. Comment un enfant aurait-il pu choisir? 
Nous sommes allés avec les meilleurs soins possibles. Nous ressentions parfois un malaise intérieur. Nous avions conscience de continuer une action initiée par des inconnus qui avaient fait ce choix de capturer des animaux et de les 'faire se reproduire' en captivité. Nous avons choisi ce qui, selon nous, rapprochait le plus la douce perruche du bien-être. Mais, il nous est apparu clairement que nous ne voudrions plus adopter un animal en cage. Nous ne voulions plus prendre la responsabilité des suites des actions de ceux qui font le choix de les y mettre. 
À un moment, nos fils ont cherché dans quels pays une perruche pourrait vivre librement. Puis, ils ont demandé si nous pouvions faire un voyage en Amérique du Sud pour la ramener dans son habitat naturel. Nous sommes désolés que ça n'ait pas été possible. La cage de Lamzou était près de Benjamin, le Ficus Benjamina que nous avons adopté il y a fort longtemps. Certaines de ses branches lui étaient accessibles si elle le voulait. Nos enfants ont pensé à offrir des périodes de vols libres en sécurité, hors de portée du félin. Oli a ajouté des douches tièdes pour simuler l'humidité de la forêt tropicale. Ils ont toujours fait tout ce qu'ils pouvaient pour offrir à leurs sœurs la vie la plus agréable qui soit. Et comme c'était bon à vivre pour nous tous!
Toutes les deux nous ont quittés, à quelques semaines d'intervalle, à l'été 2010. Lamzou a essayé de pondre un œuf, le 3è de sa vie, elle n'y est pas arrivée... Nous nous en doutions un peu la veille car elle émettait ce son caractéristique de l'oiseau qui pond mais sans cesser cette fois... Un copain avait récemment observé semblable comportement chez la perruche qu'il avait adoptée. 
Quelques semaines plus tard, Chouchoune a été heurtée par une voiture. Ses derniers jours, souffrants pour elle, ont été intenses en émotions. Les circonstances nous auront permis de lui offrir quelques soins, beaucoup d'amour, une attention de tous les instants, jour et nuit. Des voisins et des amis ont vécu certains de ces moments difficiles avec nous. Une voisine et amie, 'grande sœur' de nos enfants, a voulu assisté aux funérailles.
Nous nous rappellerons toujours toutes ces années aux côtés de Chouchoune et Lamzou. Elles ont été remplies de tant d'apprentissages, de bons moments, de découvertes, de joie, de musique. Oui, une chatte qui miaule et un petite perruche qui chante gaiement au quotidien, c'est une musique qui nourrit la vie!
Pendant ces années, et toujours depuis, nous honorons ce désir de communion avec les êtres vivants. Ce sont tous les animaux rencontrés dans notre vie avec qui nous nous sentons amis. Un écureuil dans un arbre crie sa peur de notre présence ? Nous lui répondons et nous éloignons doucement de son territoire. Un chien jappe en nous voyant passer devant chez lui ? Nous le saluons, essayant de communiquer que nous comprenons son désir de venir faire connaissance, et sa difficulté d'être enchaîné. Dans la forêt, c'est plus facile, nous pouvons souvent donner libre cours aux câlins qui permettent tellement plus simplement de se connaître, et de s'aimer. Un canard qui s'approche ? Nous essayons de communiquer de cœur à cœur, en étant juste là, aimants. Une taupe dans notre mur un soir de novembre ? Stéphane ouvre doucement le mur, et, calmement, pour ne pas l'affoler plus qu'elle ne l'est déjà, lui parle, attend, patiente, la prend, et nous la ramenons rapidement dans le boisé.
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Tête à tête 
(J'OSE la vie !)
Notre cœur est resté le même. Aimer un être vivant est facile, naturel.  C'est pour moi une évidence que cet attachement que nous éprouvons les uns pour les autres, la pratique de l'attachment parenting et du unschooling, nous ont conduits à ces réflexions, à nos choix de vie. Le végétarisme, puis le végétalisme, et le véganisme sont venus comme ça. 
Je crois que ça peut aussi être cela, se battre pour la dignité des faibles. D'abord refuser de porter atteinte à leur dignité, à leur vie. 
Je ne pensais pas écrire tout ça quand j'ai commencé ce billet, dans les derniers jours de 2012. Maintenant, j'aimerais partager une récente action initiée par notre fils, une action qui me touche personnellement. Comme d'autres actions qu'il a entreprises auparavant, il semble avoir lancé celle-ci sans savoir quand, comment ni combien elle portera de fruits. Comme le fait l'arbre, la plante, le semeur. Il s'agit d'une pétition en ligne adressée à Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations Unies (ONU). En voici le lien. Le texte original, en anglais, de même que la traduction que je fais librement en français, sont ci-dessous.
Nous vous invitons à signer cette pétition, et à la faire suivre aux gens que vous connaissez. Il n'est nul besoin de choisir une alimentation végétale pour signer.
Quand on vit de tels moments de vie et de joie aux côtés de nos enfants, il arrive qu'on éprouve une grande envie de partager nos observations, nos découvertes, un témoignage. Nous l'avons fait, et le faisons encore, ici et ailleurs.
En grandissant, nos fils, comme tous les enfants, ont cherché à toujours mieux connaître et comprendre leur environnement, le monde dans lequel ils sont nés. Ils ont aussi voulu connaître les faits entourant la vie des animaux qu'on appelle 'de ferme'. Ils ont demandé, cherché. Et trouvé.
Si on pouvait demander aux gens de ne pas fermer les yeux sur les maltraitances que subissent les animaux dans les élevages industriels, on le ferait. Car il s'agit de faits, de la réalité.
Si vous le désirez, si vous le sentez, prenez une minute pour agir, aujourd'hui, en signant cette pétition. Ou posez une autre action, de votre choix, si vous connaissez d'autres moyens de faire cesser cette violence. Chacun de nous peut agir, et personne ne peut le faire pour nous.
L'humain, naturellement, aime les animaux et n'a aucune envie de les maltraiter. 
Soyons tous de grands chefs, en étant simplement humains. Assurons la protection de la dignité des faibles. 
Ensemble! 
Édith et Stéphane, de tout avec nos enfants
Pétition ici :
« Nous demandons à l'ONU de faire pression sur les gouvernements des États membres afin qu'ils cessent de subventionner l'élevage industriel. Ces méthodes sont non seulement cruelles envers les animaux, mais elles exposent les travailleurs (bien souvent des gens qui vivent déjà dans la misère) à des conditions de travail elles aussi inhumaines. En outre, l'élevage intensif requiert une énorme utilisation de ressources alimentaires limitées, ainsi que des terres arables qui ne servent qu'à nourrir des milliards d'animaux qui souffrent dans des conditions de surpeuplement. Comment pouvons-nous permettre que cela continue alors que tant de personnes dans le monde meurent de faim? Enfin, c'est l'industrie qui émet le plus de gaz à effets de serre. »

mardi 1 janvier 2013

Résolutions

Resolutions, par Sandra Dodd
Traduction: J'OSE la vie !

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sentier de neige
« Je ne prends pas de résolutions, et je pense que c'est une une mauvaise idée de le faire.  

Décider aujourd'hui de ce que je veux tenir comme étant important toute une année à l'avance me place en position d'échec.
Décider que je veux vivre plusieurs bons moments demain, ça, je peux le faire avec confiance et espoir de succès.  

Je ne peux pas vivre une année à la fois.  
Je ne peux pas vivre une semaine, ni même une journée entière à la fois.  

Je ne peux que faire un choix en ce moment (ou ne pas réussir à le faire). » ~Sandra Dodd

***

Bonne année ! :-)
Édith

Moments

Nous vous souhaitons, à chacune et à chacun, de profiter de chaque moment dans chacune des 365 journées de 2013, en étant bien consciente, conscient, que des moments, il y en a des dizaines, des centaines, chaque jour.

De notre côté, nous choisissons la relation avec nos enfants en premier lieu, et nous voyons que toutes les relations avec les gens autour de nous s'en trouvent teintées, de cet amour puissant, et du caractère authentique et empreint de respect qui s'en dégage.

Soyez heureux!
Edith et Stéphane

Quelques images de notre dernière balade et glissades à la montagne, le 30 décembre.
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