mercredi 22 janvier 2014

Témoignage sur l'allaitement, par Bénédicte

photo : Bénédicte et sa fille - tous droits réservés 

Voici un échange de courriels que j'ai eu avec une amie, l'automne dernier.

Bénédicte est une maman Bretonne que nous avons connue, ainsi que son conjoint et leur petite fille, il y a quelques années.


En cliquant sur le lien, vous aurez accès à la publication originale, sur le blog allaitement de mamaNANA. Ce nom me fait sourire. Il me rappelle que mon petit appelait maana, puis manana, le lait maternel. :-) 

Édith 

P.S. Désolée pour les majuscules, problème avec la mise en page... (Si vous savez comment le régler, dites-moi. Merci ! ) 

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Suite à un appel à témoins lancé il y a quelques mois, j'ai répondu et voici le résultat. Bénédicte

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Béné, j'ai beaucoup aimé te lire.
Je me suis revue jeune maman, avec mon petit, qui avait, lui aussi, une façon toute personnelle et absolument craquante de démontrer son bien-être au sein.
Ce que tu vis, nous le vivons toutes, et comme c'est bon que tu puisses y mettre les mots, en témoigner, le partager. Chose que je ne savais pas bien faire à l'époque.
MERCI !
Dis-moi, est-ce possible que nous partagions ce beau témoignage sur notre blog ?
Édith

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Tout à fait d'accord pour partager mon témoignage. Je serai même ravie qu'un maximum de personnes le lise !
J'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire. Plaisir à trouver les mots justes, à donner un peu d'humour aussi et à parler vraiment de qui je suis sans vouloir plaire. Ça m'a fait beaucoup de bien aussi.
Bénédicte
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23 septembre 2013

Quelle mamaNANA êtes-vous? Le témoignage de Bénédicte

Nous reprenons notre série de témoignages avec Bénédicte, maman maternante d'une petite fille de deux ans.


Votre allaitement - Comment avez-vous vécu (ou vivez-vous) votre allaitement ?  Qu’aimez-vous (ou que n’aimez-vous pas) dans l’allaitement ? A quoi attribuez-vous le succès de votre allaitement (soutien des proches, bons conseils des professionnels de santé, associations, etc.) ?

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sur la grève, à Lorient, chez eux, en Bretagne
Je suis très heureuse de pouvoir allaiter ma fille. Grâce au cocktail allaitement+cododo+portage, le maternage s'est passé de manière très facile pour moi. Je ne me suis pas posé de questions. Ma fille n'est jamais tombée malade. Grâce au portage, la croisée emmaillotée notamment, les crises de poussées dentaires ne duraient pas plus de quelques minutes.
Ma sœur avait accouché six ans avant moi et nous avions déjà beaucoup discuté de l'accouchement, de l'allaitement. Ces discussions et les lectures qui les ont ponctuées m'ont beaucoup aidées à me forger une opinion, à comprendre les vertus de l'allaitement et du maternage plus globalement. Le premier accouchement de ma sœur ne s'étant pas bien passé, j'ai été sensibilisée au sujet et ai eu envie d'un accouchement aussi naturel que possible.
D'un coté, je suis très heureuse de ce que cela procure à ma fille comme bien être, comme réconfort, bien au-delà de l'aspect pratique ou de la nourriture. De l'autre, je me sens parfois seule dans ce maternage, oui, et pour cause, je suis sa seule maman. L'allaitement est un formidable outil pour le maternage. Le revers de la médaille c'est qu'il implique un engagement total et un grand sens de l'écoute à l'égard de son enfant.
Mon compagnon, le papa, me soutient et parfois j'aimerais qu'il la connaisse aussi bien que moi. Qu'il puisse me relayer davantage. Que les hormones de l'allaitement, qui ouvrent à davantage de patience, lui permettent aussi de prendre le temps d'entendre ce que lui "dit" sa fille. Le fait que ma fille soit très dépendante de moi me bouscule parfois, souvent même. En y réfléchissant je trouve cela normal mais lorsque je suis "dans le jus", j'aimerais pouvoir me cloner (rires).
J'aime nos "trucs", l’interaction qui existe entre nous, le fait que je "tilte" rapidement lorsqu'elle a besoin de téter. Désormais, elle parler et dit "veux téter", mais LE geste qui existe depuis le début et qui me fait craquer, c'est qu'elle se touche les cheveux de ses petites mains, qui, au début d'ailleurs, touchaient à peine le haut de son crâne.


Votre allaitement au quotidien  - Est-ce que vous allaitez hors de chez vous (parc, salle d’attente, magasin, etc.) facilement et sans trop vous poser de question, ou bien est-ce une préoccupation pour vous ?  Comment vivez-vous le regard des autres ? Est-ce que vous avez changé sur ce sujet au fil du temps ?

photo: Bénédicte et sa fille
Ma fille a deux ans et j'allaite partout : dans le bus, sur les bancs, dans un pub où mon compagnon joue de la musique toutes les semaines, dans les arrêts de bus, j'ai même allaité pendant un concert. L'hiver, c'est un peu difficile dehors, mais grâce aux vêtements adaptés, c'est possible quand même. Dans les magasins, parfois il n'y a pas de chaise, pas de siège alors il m'est arrivée de m'asseoir par terre pour pouvoir allaiter. Une fois ma fille s'est fait mal en glissant sur le sol d'un magasin et plusieurs salariées m'ont proposée leur aide : tabouret pour s'asseoir, pommade et j'ai pu allaiter ma fille pour finir de la soigner. Après cette pause, une des salariées a dit à sa collègue "moi aussi je veux la tétée si je me fais mal". Ça m'a fait rire. J'ai trouvé cela très représentatif des manques de notre société : nous avons tous besoin d'amour, d'attention, de portage... Combien de personnes m'ont dit : "ah mais elle a de la chance" en voyant ma fille portée en écharpe, endormie, la bouche ouverte lol (j'exagère à peine).
Au début, je n'étais pas à l'aise pour allaiter dehors, non par fausse pudeur, mais par confort. J'avais besoin de m'asseoir confortablement, notamment avec des coussins, surtout pour soulager mes bras lors de la mise au sein. Mais c'est ça de débuter.

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La mode et vous - Est-ce que la mode est importante dans votre vie ? Est-ce que vous aimez suivre les tendances (couleurs, coupes) ou est-ce que vous privilégiez surtout ce qui vous va bien? Qu’est-ce qui a changé (ou pas changé) dans la manière dont vous vous habillez depuis que vous êtes enceinte et allaitez ? Comment mettez-vous en valeur votre physionomie ? Quels sont vos trucs et astuces pour bien vivre l’après-grossesse (rituels beauté, conseils pour retrouver la forme ou garder le moral pendant ces mois parfois difficiles, etc.)?


Je suis de plus en plus attentive aux couleurs et vêtements que je porte, à mon rapport avec le féminin en général. Je crois que cette tendance s'est vraiment accentuée depuis que j'allaite et encore plus depuis quelques mois. En ce moment, par exemple, je supporte plus les jeans alors que je n'ai porté quasiment que ça durant les 30 premières années de ma vie (rires). Mon changement de style vestimentaire s'est donc fait petit à petit : envie de porter davantage de jupes et robes en étant enceinte puis une fois maman, j'ai à nouveau porté beaucoup de pantalons mais j'avais plaisir à mettre en valeur mon décolleté. Et depuis quelques mois, j'ai vraiment envie de me sentir féminine tous les jours. Par ailleurs, je suis assez flemmarde et je n'aime pas particulièrement faire les boutiques, ou alors il faut que ce soit efficace, que je trouve rapidement quelque chose et qu'il n'y ait pas trop de monde. Donc je cherche, mais pas en permanence, quelques accessoires, vêtements, qui me vont bien et surtout des couleurs dans lesquelles je me sens bien.

En famille, en visite aux Chutes Montmorency, à Québec
Un petit mot sur vous - Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur vous ? (par exemple : nombre d’enfants, ville où vous habitez, loisirs ou activités préférées, etc.)

Je ne "travaille" pas au sens économique du terme mais je fais partie des personnes, souvent des femmes, qui s'occupent de leurs enfants à la maison, appelées assez maladroitement, femmes au foyer. Je trouve que ça fait très "femme de ménage" donc je n'aime pas ce terme. Et puis, il y a des personnes qui sont payées pour garder des enfants, et pour elles, c'est un métier. La seule différence c'est qu'elles ne gardent pas leurs propres enfants. Donc je suis heureuse de passer du temps avec ma fille car je trouve ce temps très précieux. Je ris beaucoup avec elle, grâce à elle et je découvre la vie à travers ses yeux. Un vrai bonheur.
Je suis donc en parenthèse professionnelle mais en projet. J'aime beaucoup la musique, le cinéma, l'humour. La radio est presque toujours allumée à la maison et nous passons beaucoup de temps à chanter et danser. Je suis très heureuse de nous offrir ce temps. Mon compagnon en bénéficie également, même de manière plus indirecte.
J'habite dans le sud de la Bretagne, dans une ville de taille moyenne et la culture bretonne a une grande importance dans notre vie. J'ai d'ailleurs rencontré mon compagnon dans un cercle celtique, une association, et elles sont nombreuses en Bretagne, où les jeunes démontrent concrètement que la culture bretonne est toujours en effervescence.
Le fait d'être maman a changé mon regard sur l'apprentissage en général, l'apprentissage informel, aussi appelé unschooling. Je trouve que la vie est source de mille et un apprentissages. Elle nous invite à aller chercher au plus profond de nous-même ce que nous voudrions trouver à l'extérieur. J'aime faire mes propres expériences : lorsque je m'ouvre, que je mets davantage de joie dans ma vie, j'en suis récompensée et toute ma famille en perçoit les bénéfices.

vendredi 17 janvier 2014

Analyse du droit français en matière d'instruction en famille

Analyse du droit en matière d’« obligation scolaire ».
Extraits de quelques textes :
« Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation »
(Art. 28 de la CIDE-Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France le 7 août 1990 et entrée en vigueur, en France, le 6 septembre 1990).
« Le droit de l’enfant à l’instruction… »
(Art. L. 131-1-1 du Code de l’éducation, révision 2013)
« L'instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents… »
(Art. L. 131-2 du Code de l’éducation, révision 2013)
« Le socle commun des savoirs indispensables s'organise en sept compétences »
(Art. D. 122-Annexe du Code de l’éducation, révision 2013)
Commentaires
1. Avec l’Article 131-1, la France établit un droit à l’« instruction », au lieu du droit à l’« éducation » de la CIDE. L’éducation n’est pas l’instruction : je peux être instruit et pas éduqué ou être éduqué et pas instruit. L’obligation d’instruction ne figure pas dans le texte international. Or celui-ci, dûment ratifié, prévaut sur toute disposition contraire du droit national.
Le « droit de l’enfant à l’instruction » est donc illégal. C’est le droit à l’éducation qui serait légal – lequel n’impose alors nullement une « instruction ».
2. Ce « droit » à l’instruction, déjà illégal donc, est subrepticement transformé en « obligation », dans l’Art. L. 131-2. Or un droit n’est nullement une obligation. Dans un cas, il s’agit de sanctionner  quiconque empêcherait un enfant d’apprendre. Dans l’autre, la loi sanctionne quiconque ne donnerait pas une instruction.
Aucune loi française n’a expressément institué une « obligation d’instruction », si ce n’est à l’occasion de ce glissement sémantique douteux, dans le passage d’un alinéa 1 à un alinéa 2.
Cet article 131-2 est en contradiction avec l’article princeps 131-1 qui le précéde – et en contradiction avec le texte international ratifié..
L’obligation d’instruction est donc illégale.
3. La définition d’un socle commun des savoirs à acquérir, dans l’annexe de l’Art. D. 122 n’a donc pas davantage de fondement légal – puisqu’un « droit à l’éducation » n’est pas une « obligation d’instruction ».
En outre, ce « socle » est défini par un décret (texte de valeur « inférieure » à celle de la loi).
Un quelconque contrôle de l’acquisition de ces savoirs, par qui que ce soit, est a fortiori sans fondement légal.
Une éventuelle « obligation de résultat », pour les familles comme pour l’école, est illégale.
4. En revanche, la Constitution européenne garantit aux parents le libre choix du mode d'instruction de leurs enfants en vertu de l'article II-74-3 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union, renforcée par la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948.
5. La seule restriction éventuelle à ce droit pourrait trouver son fondement dans l’Article (illégal) L. 131-1-1 du Code de l’éducation, ainsi rédigé :
Le droit de l'enfant à l'instruction a pour objet de lui garantir, d'une part, l'acquisition des instruments fondamentaux du savoir, des connaissances de base, des éléments de la culture générale et, selon les choix, de la formation professionnelle et technique et, d'autre part, l'éducation lui permettant de développer sa personnalité, son sens moral et son esprit critique d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, de partager les valeurs de la République et d'exercer sa citoyenneté.
Cet article entend, en effet, protéger les enfants de toute maltraitance, physique ou psychologique, ainsi que des dérives sectaires (« les valeurs de la République »).
5.1. Cette appréciation, même à partir d’une loi illégale, ne peut être de la compétence que de la juridiction pénale. Et, effectivement, la non-dénonciation de maltraitance sur mineur peut être considérée comme une infraction.
La juridiction civile est incompétente en cette matière.

5.2. Le placement de l’enfant à l’école ou dans un établissement, s’il devait être ordonné, ne pourrait l’être que sur un fondement de maltraitance ou de dérive sectaire (empêchement « de partager les valeurs de la République ») – et en aucun cas pour des « résultats scolaires ».
Signé : jpl + education-authentique.org

« marguerites », par Édith - juin 2013

mercredi 15 janvier 2014

Doit-on travailler à se déscolariser ?

Sur une liste unschooling, quelqu'un demandait si on avait laissé le processus faire son chemin ou si on travaillait activement à se déscolariser.
Voici ma réponse:  

« Depuis longtemps, mes enfants m'ont montré que je n'avançais pas, mais que je retournais à moi. Cette démarche est un retour à soi, c'est reprendre le fil qu'on n'a pas pu poursuivre, à un moment ou un autre.
Pour ce chemin du retour, personnellement, je ne crois pas au 'travail' sur soi, pas plus à 'travailler' à se déscolariser, donc.
Ça a peut-être l'air de jouer sur les mots mais en fait, ça ne l'est pas. Pour faire bref, disons que lorsque j'ai eu/trouvé/entendu/reçu en cadeau les mots exacts, j'ai pu les utiliser, 'connaître' ce que je ressentais, et voir qu'il ne s'agissait pas de travail. Du coup, ça a été beaucoup plus simple et plus rapide.

Ce qui ne veut pas dire que je ne comprends pas ton questionnement, au contraire, alors je partage ceci: c'est en vivant le moment présent, en étant vraiment attentive à mon enfant, en choisissant la relation avant toute autre chose, que je suis consciente des options possibles, que je peux faire le meilleur choix.

La déscolarisation (désociétarisation, disait Olivier) est beaucoup dans ces deux mots, pour moi: choix, attitude.
La façon d'exprimer le choix (que j'ai vue dans les écrits de Sandra Dodd), et l'attitude que je choisis d'avoir face à mon enfant (mots d' André Stern) ont décollé les restes d'éducation et de scolarisation que j'ai reçues. (S'il y en a encore parfois, ils décollent par mes choix.)

Comme je le partage souvent avec les gens, l'attitude que j'ai choisie de prendre avec mes enfants m'a conduite naturellement, logiquement, à avoir cette même attitude envers moi-même, puis de là, avec chacun. » ~ Édith Chabot-L.

références :
http://sandradodd.com/french/choix
http://journaljose.blogspot.ca/2013/12/le-unschooling-une-attitude.html
http://sandradodd.com/french/

citation (tirée de la pochette de l'album NEW): 

« Hard work ? No. Not at all. We don't work music, We play it! » ~ Paul McCartney

Je vis la même chose avec le mot 'vie' que Sir Paul avec le mot 'musique'. :-)

Edith
projet en cours... Édith

jeudi 2 janvier 2014

Célébrations !

De la part de toute l'équipe de J'OSE La Vie !,

Tous nos souhaits pour une année à la hauteur de vos rêves !

Amour
           Joie
                 Paix
                        … et enthousiasme ! 



Soyez heureux !

Éliminer les « il faut »

Original : If you eliminate "have to"
Traduction: Les Éditions J'OSLa Vie !

« Éliminer les '' il faut '' de vos pensées, c'est comme conduire une bonne transmission manuelle plutôt que d'être passager à l'arrière d'un bus bondé. 
Si vous voyez chaque chose comme un choix conscient, tout-à-coup, vous êtes exactement où vous avez choisi d'être (ou vous avez la voie libre pour vous diriger où vous préféreriez être). » ~ Sandra Dodd
photo : J'OSE la vie ! 
'Notre' rivière - déc. 2013
Mon coup de coeur 2013: le kombucha...
vert, évidemment !
(menthe et chlorophylle)
Coucher de soleil sur la pente à glisser dans la montagne
27 décembre 2013